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VIANDE L’abattoir d’Alès impliqué dans un trafic de chevaux ?

Photo d'illustration
abatttoirs d'Alès
Lors de contrôles à l'abattoir d'Alès Ph DR/SMa

L'affaire a été soulevée durant le mois de juillet par les journalistes du Républicain Lorrain qui ont révélé l’existence d’un trafic de chevaux non destinés à la consommation dans les Ardennes qui auraient été abattus en Languedoc-Roussillon. Plusieurs plaintes pour abus de confiance, vol par ruse, faux et usage de faux, auraient  été adressées au parquet de Charleville-Mézières avec des témoignages précis . Ainsi des chevaux de selle provenant de particuliers ou de clubs hippiques et non destinés à la consommation auraient été finalement confiés à des abattoirs du Sud, dont celui d'Alès. Des revendeurs font transiter les chevaux par la Belgique où les règlements sanitaires sont plus souples qu’en France, puis les revendent à des grossistes qui les remettent dans le circuit avec des documents falsifiés. Or les chevaux de selle sont bien souvent impropres à la consommation compte tenu des traitements médicamenteux qu'ils subissent, ce qui pourrait présenter un risque supplémentaire pour la santé. Si les papiers sont bien contrôlés à l'entrée des bêtes à l'abattoir, ce qui est confirmé à Alès, et que des contrôles sanitaires sont effectués régulièrement (notre photo), il n'est pas exclu que des chevaux non destinés à la consommation aient pu "passer entre les mailles" des contrôles. Une enquête a été ouverte.

Vives réactions en mairie

A la mairie d'Alès on ne décolère pas. "On pourra pas empêcher le gens de faire de nous des coupables, là où nous sommes des victimes" expliquait Christophe Rivenq le directeur de cabinet. "Les contrôles sont effectués par l'Etat, nous ne faisons que tuer les bêtes après autorisation". A Alès, l'abattoir est municipal, il fait travailler 200 personnes et la mairie a opéré plusieurs vagues d'investissement (2,5 M€ l'an dernier et encore 500.000 € cette année !) pour maintenir cette activité déficitaire. Pour Max Roustan, cette affaire aura des conséquences économiques immédiates, le cheval représentant 20% du chiffre d'affaires de l'abattoir. Le maire devait également la semaine prochaine inaugurer une nouvelle filière porcine "Baron des Cévennes", portée par la chambre de commerce. Au delà de la question des responsabilités, c'est bien évidemment  la question  sanitaire qui préoccupe la mairie. "Pour l'instant il semble que l'on ait  identifié une bête, un cheval nommé Icare, et peut être deux autres" explique Christophe Rivenq. "Dans la procédure normale, considérant que la viande à été consommée, les documents administratifs ne sont conservés que pendant une durée de trois mois, ce qui rend les recherches difficiles en amont poursuit-il. En revanche, en aval, la viande qui sort de l'abattoir est vendue chez des bouchers que nous pouvons identifier, ce qui nous permettrait de vérifier s'il y a eu un problème à la consommation, ce qui reste très peu probable. Pour le maire, comme pour le directeur de cabinet, la colère provient surtout du traitement de l'information qui "a désigné Alès dans les médias alors qu'il existe sans doute en France une quarantaine d'abattoirs qui peuvent avoir été victimes de ce trafic". Un coup dont l'abattoir municipal pourrait ne pas se relever indemne !

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