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GARD Jean Castex et trois ministres viennent « voir comment les décisions prises depuis Paris se mettent en place »

Le Premier ministre Jean Castex (au centre) et les ministres déléguées Marlène Schiappa, Emmanuelle Wargon et Nadia Hai, ce matin à Pissevin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le Premier ministre Jean Castex (au centre) et les ministres déléguées Marlène Schiappa, Emmanuelle Wargon et Nadia Hai, ce matin à Pissevin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Alès et Nîmes ont accueilli ce samedi le Premier ministre Jean Castex et les ministres déléguées au Logement Emmanuelle Wargon, à la Citoyenneté Marlène Schiappa et à la Ville Nadia Hai. Au programme : rénovation urbaine, citoyenneté et délinquance. 

Le Gouvernement est matinal : ce samedi dès potron-minet les ministres ont posé le pied à Alès, pour une journée cadencée au pas de course. Premier arrêt : la médiathèque Alphonse-Daudet, dans la capitale cévenole, où ils ont assisté à une présentation du président d’Alès Agglomération Christophe Rivenq autour de la rénovation urbaine.

Le Premier ministre Jean Castex en discussion avec le maire d'Alès Max Roustan (à G.) et le président d'Alès Agglomération Christophe Rivenq, ce samedi matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Un programme financé largement par l’État, dont a fait partie la rénovation de la médiathèque alésienne. Un programme aussi que le Premier ministre a décidé de renforcer, en annonçant fin janvier un train de mesures de 3,3 milliards d’euros. « La Politique de la ville est un intérêt majeur, le rôle de l’État est de se porter en direction des territoires », martèlera le Premier ministre. Les territoires donc, où il se rend car « décider c’est bien, voir si ces décisions sont appliquées c’est mieux. » Ce sera le leitmotiv de cette visite, du reste. 

L’idée est donc de voir comment ces moyens supplémentaires seront employés sur le terrain. À Alès, Christophe Rivenq lui présentera notamment un projet dans le cadre de la rénovation urbaine de « rue jardin, un climatiseur de ville, pour lequel nous avons besoin d’une petite rallonge. » Petite peut-être, mais dans ces dossiers les rallonges se chiffrent vite en millions d’euros. En parlant de « petites » sommes, le président de l’Agglo profitera de la venue des ministres pour les entretenir sur la finalisation de la 2x2 voies Nîmes-Alès sur laquelle il faut mettre « entre 180 et 200 millions d’euros. » Le Premier ministre lui répondra que le Gouvernement « met le paquet comme jamais sur le ferroviaire, mais il ne faut pas oublier les aspects routiers. »

Les ministres et les élus locaux à l'issue de la visite interministérielle à Alès ce samedi matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Être citoyen de la République française, c’est super »

Après avoir honoré sa « promesse » de venir à Alès, où Christophe Rivenq rappellera qu’il est « le premier Premier ministre de la cinquième République » à être venu, direction Nîmes, et plus précisément le quartier Pissevin. Là aussi, il s’agit de « venir voir la mise en oeuvre de l’action de l’État », lance le Premier ministre à la foule massée pour l’accueillir à la Cité éducative. « Je suis là pour dire qu’on ne va pas vous laisser tomber », dira-t-il également. Sur place, les habitants lui parleront notamment de sécurité. « C’est la base, nous avons déjà renforcé les effectifs, et nous allons continuer », répondra Jean Castex.

Les ministres ont eu droit à un bain de foule à Pissevin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Après le bain de foule, quelque peu anachronique en temps de covid, les ministres se sont isolés dans la villa Morise avec les protagonistes de la Cité éducative. « Il s’agit d’une des 80 premières Cités éducatives à avoir obtenu le label en 2019 », rappellera la rectrice de l’Académie de Montpellier Sophie Béjean. Plus de 2 500 élèves sont concernés sur Pissevin/Valdegour par ce dispositif partenarial entre l’État, l’Éducation nationale, les collectivités et le tissu associatif. 

Un travail est notamment mené autour des valeurs de la République, avec « un parcours citoyen pour faire entrer de jeunes ambassadeurs au coeur de la République », expliquera Soumia Zidi-El Rhess, fondatrice de l’association AMAOS, qui fait dans l’accompagnement scolaire dans les quartiers, et qui participe au dispositif. « L’ambition est de faire de ces vingt jeunes de Sixième et Cinquième des vrais ambassadeurs de la citoyenneté et des valeurs de la République », nous précisera plus tard le référent de la Cité éducative pour l’association AMAOS Jean-François Pascal. 

Certains de ces jeunes ambassadeurs étaient présents pour témoigner, avant que la maman de l’un d’entre eux affirme que son enfant « a voulu apprendre la laïcité, le respect des autres et les valeurs de la République. » Après que le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier ne rappelle l’engagement de la Ville sur le dossier, le Premier ministre lancera à l’assistance qu’« être citoyen de la République française, c’est super. C’est une chance, il ne faut jamais l’oublier. » On vous épargnera le reste de la leçon de citoyenneté du chef du Gouvernement pour en revenir à la substance de sa visite : « voir comment ici les décisions qu’on prend depuis Paris se mettent en place. »

Et à l’écouter, à Nîmes, c’est plutôt bien. Au-delà, « tout est prioritaire, mais il y a deux priorités essentielles qui sont l’éducation et la sécurité. » Oui, mais encore ? Le Premier ministre rappellera le dédoublement des classes, la Cité éducative donc, mais aussi une augmentation du subventionnement des crèches. « Donnez nous des moyens et nous vous le rendrons, main dans la main dessinons les contours de la cohésion nationale », lui dira Amina Segueg-Benkhelouf, fondatrice et directrice de la Maison d’accompagnement scolaire de Valdegour.

Sur la sécurité, on retiendra qu’il fallait « donner aux enfants un avenir et aux gens un cadre de vie normal » mais aussi que la République devait être « intransigeante. » En somme, le Premier ministre était plus venu dire aux intervenants à quel point il était « fier » d’eux que faire des annonces fracassantes. Pour l’annonce, il faudra attendre la prise de parole de la ministre déléguée chargée de la Ville Nadia Hai sur le fait que le nombre de Cités éducatives allait passer de 80 « à 126 dans quelques semaines. »

Les ministres ont échangé avec les acteurs de la Cité éducative de Pissevin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Nous vous donnerons les moyens de vos ambitions »

Direction ensuite la Direction départementale des territoires et de la mer pour une présentation de la rénovation urbaine à Nîmes depuis le toit de l’établissement, où la vue sur les immeubles concernés est imprenable. L’occasion pour le premier-adjoint nîmois Julien Plantier de faire passer des messages, notamment concernant les tours du Crous, à côté du Soleil-Levant, propriétés de l’État. Et aussi d’évoquer la mise en place d’une procédure d’intérêt national dans le quartier pour les propriétés dégradées en complément du projet de rénovation urbaine. « Nous avons besoin d’un soutien appuyé », lancera Julien Plantier à Jean Castex. 

Le Premier ministre s’engagera : « si vous nous présentez un bon projet, nous prendrons le décret et déplafonnerons la ressource. Dans le cadre de la Politique de la ville nous vous donnerons les moyens de vos ambitions, je le dis publiquement devant vous. » Et devant la presse donc, avant de préciser que les choses devraient bouger « d’ici l’été. » Dont acte. Puis les ministres s’isoleront de nouveau, mais cette fois sans la presse, pour un Comité interministériel à la Ville délocalisé, suivi d’un rendez-vous avec le maire de Nîmes en mairie. 

« On vient aussi voir ce qui ne va pas bien »

Enfin, dernière séquence de ce déplacement sportif, l’hôtel de police de Nîmes, pour un échange avec les policiers sur la délinquance et le lien avec la population de Pissevin, quartier dit de « reconquête républicaine ». On y apprendra notamment que certains points de deal de stupéfiants pouvaient rapporter « jusqu’à 5 000 euros de gain par jour. » Face à la délinquance, la police est « tous les jours sur le terrain », affirmeront les intéressés aux ministres. Là aussi, le Premier ministre s’enquerra de savoir si les mesures prises pour accentuer la lutte contre les stupéfiants portaient leurs fruits. A priori c’est oui, même si la route est encore longue.

La visite interministérielle s'est achevée à l'hôtel de police de Nîmes (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Plus tard, les ministres rappelleront que le Gouvernement était en train de « renforcer la protection des policiers », dixit Jean Castex, allusion à la fameuse loi dite « sécurité globale », avant de parler de moyens. Un officier présent lui dira alors qu’il y avait quelques manques au niveau des GENL, les sémillantes grenades à éclats non létaux, sur les radios ou encore le nombre de voitures. « Mais on ne veut pas se plaindre », ajoutera-t-il ensuite, presque pour s’excuser. « On vient aussi voir ce qui ne va pas bien », le rassurera Jean Castex. 

Marlène Schiappa lui reprendra alors son vocabulaire des séquences précédentes : « nous avons fait un gros effort sur les voitures, le ministre de l’Intérieur m’a demandé de vérifier où on en était. » A priori, il en manque encore quelques unes, car « nous avons de plus en plus de personnel dehors », expliquera le directeur départemental de la sécurité publique Jean-Pierre Sola. Histoire, là aussi, de faire plus de terrain, et pas seulement pour voir. 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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