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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 27.08.2021 - thierry-allard - 3 min  - vu 2793 fois

FAIT DU SOIR La famille Di Mascio, 80 ans et quatre générations dans la construction

La famille Di Mascio devant le siège de l'entreprise familiale, à l'Ardoise (DR)

La famille Di Mascio en 1959 (DR)

Chez les Di Mascio, la construction, c’est de famille : fondée en 1941 à l’Ardoise par Fidèle Di Mascio, l’entreprise y est toujours 80 ans après, et en est à sa quatrième génération. 

La saga familiale trouve ses racines dans les tumultes du XXe siècle. Au sortir de la Première guerre mondiale, l’Italie, exsangue, voit une bonne partie de ses jeunes tenter leur chance à l’étranger pour prétendre à une vie meilleure. Fidèle Di Mascio est de ceux-là. « Il est venu dans les années 1920 à Paris pour trouver du boulot, et il est devenu conducteur de travaux dans une grande entreprise de construction », raconte son fils Michel, qui a géré l’entreprise durant des années et joue aujourd’hui un rôle de conseil, jamais loin de l’entreprise familiale. 

Fidèle Di Mascio fait son trou à Paris, mais comme tous ceux de sa génération, il est rattrapé par une nouvelle guerre mondiale. Nous sommes en 1940, et c’est la débâcle : les nazis envahissent Paris, et nombreux seront ceux qui, fort logiquement, choisiront de quitter la ville lumière. Pour Fidèle, le salut viendra du travail : « son entreprise avait un chantier sur l’actuel terrain de la Légion étrangère à l’Ardoise, alors il est venu ici », poursuit Michel Di Mascio. 

Il n’en est jamais vraiment reparti : le chantier fini, Fidèle monte son affaire à l’Ardoise. « Il a commencé comme petit artisan, après mes frères sont rentrés dans l’entreprise et elle a commencé à prendre de plus en plus d’importance », rejoue Michel, benjamin de la fratrie, rentré pour sa part dans l’entreprise familiale en 1972. Les frères se partagent le boulot : Michel a une formation d’architecte, Armand d’expert comptable tandis que ses autres frères conduisent les chantiers. L’entreprise ne fait que du gros-oeuvre, et l’époque est à la croissance.

Fidele Di Mascio, fondateur de l'entreprise familiale (DR)

« Nous avons fait beaucoup d’immeubles et de villas avec l’arrivée de Marcoule, et quarante villas à l’Ardoise en 1975 pour loger les salariés d’Ugine acier, c’étaient les trente glorieuses », note Michel, qui a fait toute sa carrière dans l’entreprise familiale qu’il a repris avec ses frères à la mort du patriarche. Les gros chantiers se succèdent, dans le Gard rhodanien mais pas que : Marseille, Vitrolles, la Côte d’Azur… Depuis l’Ardoise, les Di Mascio exportent leur savoir-faire et montent jusqu’à 70 salariés. 

Du gros-oeuvre au clé en main

Vient l’heure de la troisième génération, avec Stéphane, Pascal et Philippe, qui sont toujours aux manettes aujourd’hui. « Et petit à petit, l’entreprise s’est dirigée vers le clé en main », note Julien, 36 ans, qui fait partie de la quatrième génération avec son frère Laurent, 30 ans. Une activité plus dans l’air du temps, avec plus de sous-traitance, de coordination de travaux et de surveillance de chantiers. Les gros programmes des années 1970 laissent la place aux maisons individuelles. L’entreprise obtient il y a quelques années le contrat de construction de maison individuelle, « avec les garanties dommages, ouvrages et financières, ce qui nous permet de faire tous les corps d’état du plan à la livraison », précise Stéphane Di Mascio. L’entreprise a par ailleurs également conservé une activité gros-oeuvre. 

Aujourd’hui, l’entreprise familiale est concepteur-constructeur et garde un ancrage local fort en faisant notamment appel « à des partenaires et des fournisseurs locaux », revendique Julien Di Mascio. Toujours en famille : d’ailleurs, l’entreprise fait régulièrement appel à la fille de Michel, Laëtitia, architecte-urbaniste à Laudun, pour ses projets. La famille, ciment d’une entreprise où personne ne se voit travailler autrement. « L’avantage de travailler en famille, c’est que tout le monde est concerné », lance Stéphane Di Mascio dans une sourire.

Un exemple de maison bâtie par l'entreprise Di Mascio (DR)

Alors passer le cap des 80 ans, « c’est une fierté, quatre générations dans la même profession en gardant le même niveau de qualité », souligne Julien Di Mascio. Huit décennies pas avares en tempêtes diverses et variées, comme en 2003 lorsque l’entreprise a, comme tout le hameau de l’Ardoise, été noyée sous plus d’un 1,50 mètre d’eau. Mais, rappelle Michel Di Mascio, « le bateau n’a pas chaviré. » 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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