Grillages arrachés et plants retournés, les locaux n’en peuvent plus. Depuis maintenant plusieurs mois, les jardins ouvriers de Nîmes subissent une invasion massive de sangliers. « Les gens ont peur », lance Ramzi Mohamed, président de l’Association des jardins ouvriers de Nîmes, une structure vieille de 140 ans. C’est un réel appel au secours que lancent les usagers des jardins, mais également les promeneurs, régulièrement confrontés à des passages de sangliers, voire des attaques de ces animaux devenu de plus en plus nuisibles à proximité des centres-villes. D’autant qu’ils sont présents « même en pleine journée », explique-t-il.
Parfois, ça va plus loin que quelques légumes arrachés. Moon, une chienne appartenant à Mireille, l’une des locataires du Mas, en a d’ailleurs subi les conséquences. Lors d’une balade matinale, elle a été chargée par l’une des bêtes ayant élu résidence dans le secteur. La chienne, aujourd’hui décédée d’une autre cause, a été attaquée au niveau du torse et de la gueule. « Elle est rentrée couverte de sang, j’ai eu peur », explique sa propriétaire. Moon s’en est pourtant sortie, avec dix points de suture et une canine en moins. Coût des opérations chez le vétérinaire : 400 €. Une agression qui a modifié le comportement de Mireille au quotidien : « Maintenant, je sors plus tard. J’attends que le levé du jour soit bien entamé », explique la responsable d’une pension canine.
« Ça devrait être rapide »
Mireille, toujours affectée par cette scène, ne passe pas une semaine sans voir des troupeaux de sangliers, entassés au bord de sa clôture. « Sur le terrain, aucune réponse concrète », explique le représentant de l’association dans un communiqué. « Je veux tout faire pour que ça change, pour que ça soit mieux », ajoute le président de l’association, ulcéré par ce qu’il considère comme une inaction des pouvoirs publics. Sans réponse face à ses multiples sollicitations, il a envoyé une lettre recommandée directement au maire, Vincent Bouget.
Contacté, Julien Roussel, conseiller municipal délégué à la chasse à la ville de Nîmes, répond : « Je vais me rendre sur place, voir au niveau de la sécurité si ça ne risque rien », explique l’élu. Compte tenu de la situation géographique des jardins, organiser une battue semble compromis. Selon le conseiller municipal, qui souhaite rencontrer le président des jardins ouvriers au plus vite, l’opération devra se faire en concertation avec la fédération de chasse, voire avec la préfecture. Une fois cela fait « ça devrait être rapide », conclut le conseiller municipal.