Responsable d’équipe de l’usine d’eau potable de Comps, Julien Fuentes évoque le système de production et de distribution de l’eau pour le territoire de Nîmes Métropole.
Pouvez-vous nous présenter le service production d'eau potable d’Eau de Nîmes Métropole ?
Julien Fuentes : Ce service s'appuie sur une équipe de six techniciens disposant de compétences polyvalentes en électromécanique, en automatisme et en traitement des eaux, ce qui leur permet d'intervenir sur l'ensemble des ouvrages d’eau potable du service. Concrètement, nous gérons l'intégralité de la chaîne de production : du captage de la ressource en eau brute jusqu'à la mise en distribution de l'eau traitée vers les réservoirs et les réseaux. Nous exploitons pour cela plusieurs ouvrages stratégiques répartis sur le territoire : des stations de traitement d’eau potable, des stations de surpression, ainsi que des réservoirs de stockage.
Comment s’organise le pilotage de la production d'eau potable ?
L'ensemble de ces installations est supervisé en temps réel grâce à notre système de télégestion, qui nous permet de détecter toute anomalie et d'intervenir rapidement, à toute heure du jour ou de la nuit. Car la production d'eau potable, c'est un service qui ne s'arrête jamais : nous travaillons 365 jours par an, week-ends et jours fériés compris. C'est une responsabilité que nous prenons très au sérieux, puisqu'il nous faut garantir en permanence une alimentation en eau conforme, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, aux 268 000 habitants desservis par Eau de Nîmes Métropole.
Justement, d'où vient l'eau que boivent les habitants du territoire de Nîmes Métropole ?
Le territoire d'Eau de Nîmes Métropole et ses 35 communes, dispose de plusieurs ressources en eau, dont la majorité est d'origine souterraine. La ressource principale est la nappe alluviale Rhône-Gardon, captée par 15 puits implantés au sein de notre usine de Comps avec une capacité de pompage pouvant aller jusqu'à 2 500 m³ par heure. Elle représente à elle seule environ 60 % de l'eau distribuée sur le périmètre. Une fois captée à 15 mètres de profondeur, cette eau est acheminée jusqu'à Nîmes via deux conduites de grand diamètre — 80 centimètres et 1 mètre — sur une distance de 24 kilomètres, alimentant au passage les communes de Redessan, Manduel et Rodilhan, avant d'atteindre les 15 réservoirs de stockage de la ville de Nîmes. Une partie de cette eau est également vendue à d'autres services des eaux voisins, comme ceux de Comps et de Montfrin.
Comment cela fonctionne-t-il pour les autres communes ?
En complément, pratiquement chaque commune de Nîmes Métropole dispose de son propre forage, soit un total de 26 forages sur le territoire et d’un système d’alimentation en secours. Ce maillage nous offre une grande souplesse : ainsi, l'eau produite à Comps peut, si nécessaire, secourir des communes aussi éloignées que La Calmette ou Sainte-Anastasie, parcourant alors une trentaine de kilomètres depuis son point de captage. En cas de besoin complémentaire, nous pouvons compter sur l'eau de surface, captée et traitée, via le canal du Bas-Rhône Languedoc, et gérée par BRL. Cela représente environ 12 % de la consommation totale du territoire. L'eau, une fois captée, fait l'objet d'une désinfection au chlore gazeux, garantissant l'élimination des bactéries, et en complément les sites présentant une sensibilité particulière sont équipés de systèmes de traitement complémentaires.
« Nous produisons 18 millions de mètres cubes d'eau potable chaque année »
Que représente la consommation d’eau chaque année sur le territoire de Nîmes Métropole ?
En moyenne, nous produisons près de 18 millions de mètres cubes d'eau potable chaque année sur l'ensemble du territoire de Nîmes Métropole. Pour assurer cette distribution, nous nous appuyons sur un parc de 80 ouvrages de stockage et de surpression répartis sur le réseau, représentant une capacité totale de stockage de près de 112 000 m³ d'eau. Ce volume de réserve est essentiel pour faire face aux variations de consommation et garantir la continuité du service à tout moment.
Quels sont les enjeux auxquels vous allez être confrontés dans les années à venir ?
Le changement climatique est clairement notre préoccupation numéro un. Ses effets se font déjà sentir concrètement sur notre activité : la baisse du niveau des nappes souterraines peut contraindre certains forages à l'arrêt durant la période estivale, précisément au moment où les besoins sont les plus importants. Car paradoxalement, les épisodes de sécheresse entraînent une forte hausse des consommations chez les abonnés, notamment pour l'arrosage des jardins et le remplissage des piscines. Face à ces défis, nous travaillons sur plusieurs axes prioritaires : la sécurisation des ressources en eau grâce au renforcement des interconnexions entre réseaux, la réduction des pertes d'eau sur les canalisations — c'est ce que l'on appelle l'amélioration du rendement du réseau. Notre objectif reste le même : garantir à chaque habitant de Nîmes Métropole une eau de qualité, disponible en quantité suffisante, aujourd'hui comme demain.
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