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OBJECTIF GARD A MARCHÉ SUR LE VIADUC DE COURBESSAC !

Photo © objectifgard.com / MA

Les élus et les résidents du quartier de Jean Bouin étaient invités, ainsi que la presse, à une visite du chantier du viaduc de Courbessac, qui permettra dès la fin 2012, début 2013 de rallier Nîmes à Alès en 30 minutes par la voie ferrée.

Objectif Gard y était… Et se fait l’écho de cet évènement en images, mais à partir du sentiment des uns des autres, pas toujours à 100% derrière le projet au départ, mais qui semble aujourd'hui avoir été accepté par l’ensemble des protagonistes, notamment au niveau esthétique.

Cependant, un grand absent de ce rendez-vous d’après les acteurs présents : la municipalité de Nîmes, qui verra pourtant passer en 2013, plus de 50.000 voyageurs supplémentaires dans les trains reliant Nîmes et Alès, soit une croissance nette de 9 % en termes de volume d’usagers.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faisait froid pour l’évènement, et il fallait vouloir y être… Nous y étions, pour une température prévue aux alentours de -6° le matin, sans compter l’intervention du vent ! Heureusement, et tout le monde n’a pas cette chance, pour l’occasion RFF (Réseaux Ferré de France) avait prévu une tente chauffée pour accueillir les 150 résidents invités pour l’occasion de cette visite officielle de chantier. Côté élus, venus représenter les collectivités, co-financeurs du projet : Jean Denat, vice-président du Conseil général, Françoise Dumas, Vice-présidente de la Région se sont rendus sur le site, de même que le préfet du Gard Hugues Bousiges représentant l’État, qui a été accueilli sur place par le directeur régional de RFF, Christian Petit.

Photo © objectifgard.com / MA

Après une petite heure de « marche officielle » sur le tablier du viaduc long de 180 mètres, encore vierge avant la pose des rails (dont les traverses seront noyées dans le béton), les officiels ont rejoint la tente sous laquelle le pupitre installé pour l’occasion a permis d’entendre tour à tour, Christian Petit, Jean Denat, Françoise Dumas et Hugues Bousiges, qui ont pris la parole face aux résidents et membres d’associations de quartiers. Les élus et le préfet, les joues rougies par le froid glacial n’ont pas manqué de saluer le courage des personnels qui ont travaillé jours et nuits depuis le début des travaux. Françoise Dumas, qui habite « à quelques centaines de mètres de là » et qui a suivi les avancées de ce chantier quotidiennement, a souligné l’investissement de la région à hauteur de 38-40 % pour la construction du viaduc, et a regretté en tant que nîmoise « l’absence d’une représentation de la municipalité », pour marquer l’avancée de ce projet « de très grande ambition pour Nîmois, Gardois et habitants du Languedoc-Roussillon ».

Un projet qui a provoqué des oppositions...

Le préfet Hugues Bousiges a évoqué le volet qui « fâche » dans le dossier du viaduc. « Il y a eu toute une série de demandes qui font suite aux inquiétudes des riverains […], j’ai tout de même signé l’arrêté de déclaration d’utilité publique [qui a permis l’engagement des travaux] et je ne le regrette pas. Au vue des matériaux engagés… », d’après le préfet, « il semble que l’ensemble s’intègre parfaitement à l’environnement ».

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Esthétiquement, après avoir pensé à un ensemble à haubans (sur le modèle du viaduc de Millau), l’ouvrage devenu plus sobre convient même aux habitants du quartier de Jean Bouin, qui n’étaient pourtant pas très heureux de voir débarquer cette masse de béton dans un quartier plutôt « bucolique » aux portes du centre-ville. Désormais, ils « attendent de voir pour le bruit ». Ceux qui étaient présents ce matin avaient « un a priori favorable pour l’aspect esthétique ». En ce qui concerne « l’intérêt public » du projet disent-il, et non pas leur intérêt particulier, faire passer le tracé du Nîmes-Alès par l’ouest, et les communes de Caveirac et Langlade, aurait été plus judicieux. « Là c’est vide, il n'y a personne sur cette ligne, alors que pour relier Langlade à Nîmes en voiture, c’est une vraie galère », d’où le potentiel d’un tracé par l’ouest prétendent-il. Pourtant, l’Union des comités de quartiers de Nîmes Métropole, représenté par son président André Carrière, comme l’association de défense des usagers SNCF du Gard représentée par Anne-Marie Skopa (et Jean-Louis Marc, membre du Bureau), précisent chacun leur tour qu’ils ont « toujours été pour le projet du viaduc de Courbessac ». Les uns voient dans ce projet de renforcement de l’étoile ferroviaire nîmoise l’idée d’un futur « RER » qui s’arrêterait à Saint-Cézaire et à Courbessac, avec une station au niveau du Mas de Ponge et près du Viaduc. Les autres expliquent le gain pour les usagers de la future ligne Nîmes-Alès, pour lesquels il fallait « attendre plus de vingt minutes, rien que pour le changement de machine », mais surtout par le retournement que doivent réaliser les trains à l’entrée du triage de Courbessac, qui entraine souvent un stationnement des trains provenant d’Alès, le temps que l’axe principal remontant vers Paris (prioritaire) soit dégagé. Désormais, outre le temps de trajet entre Nîmes et Alès ramené à 30 minutes, le futur « cadencement » proposé par la SNCF devrait permettre plus de fréquence pour les dessertes placées entre Nîmes et Alès. « Au lieu d’un ou deux trains, on en aurait davantage dans la journée », pour les trains non directs.

...Mais qui, tant bien que mal, a fini par contenter tout le monde

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En tout cas, s’il y a une farouche militante contre le projet du Viaduc, c’est bien Viviane Bergonnier, secrétaire du comité de quartier Jean Bouin. Sa maison, où elle a élu domicile en 1984, avec son mari, cheminot, est située à 40 mètres du viaduc. « Je me suis même fait une blouse, contre le viaduc ». Elle précise également que « dix maisons ont été expropriées », et qu’elle est allée elle-même au tribunal de grande instance de Nîmes pour plaider la cause des riverains, ainsi qu’au tribunal administratif. Mais aujourd’hui, comme le chef de projet RFF, François Morel nous l’a confirmé, « tous les recours ont été épuisés », y compris le dernier en date il y a 15 jours au Conseil d’État, « le cinquième » souffle-t-il. Mais, « cela va mieux aujourd’hui avec les riverains », dixit François Morel. Il faut dire que RFF a mis les moyens, à partir de multiples réunions publiques pour tenir compte des sensibilités des habitants, les informer des avancées du chantier, par le biais d’un blog, et lors de visites organisées à leur destination.

Photo © objectifgard.com / MA

Et finalement, même Mme Bergonnier s’est laissée séduire par le projet, ou s’est fait une raison. « Le viaduc, il s’intègre. On s’y fait. Et maintenant qu’il a été déclaré d’utilité publique, on ne peut plus faire grand-chose ». Concernant les relations avec le maître d’œuvre, Viviane souligne que « RFF est toujours à l’écoute et donne suite à nos demandes. Un mur anti-bruit sera construit le long de la voie ferrée, près de nos habitations ». Ce qui inquiète encore la résidente : « le manque de sécurité » dans ce nouvel environnement urbain, alors qu’auparavant, on était « entre ville et garrigue ». Désormais, « il y a beaucoup plus de voitures qui passent, trop vite, à proximité de l’école », notamment à cause des travaux du centre-ville qui a provoqué une augmentation du trafic. Et la création d’un grand parking ne rassurerait pas la présidente du comité de quartier, alors que des travaux sont encore en cours pour la construction d’un ensemble de 140 appartements qui fait face au viaduc.

Du coup, à défaut de garrigue, les résidents se sont chargés de peindre la palissade métallique qui jouxte le chantier, à l’effigie de la végétation qui aurait disparue.

Un calendrier qui s’étend jusqu’à la fin 2012

D’après François Morel de RFF, dès lundi 13 février, les rails seront installés sur le tablier métallique. Une opération qui s’achèvera fin juin 2012. Ensuite on placera la signalisation ferroviaire entre juin et octobre 2012 (avec l’installation d’un nouveau poste d’aiguillage informatique unique à la place des multiples postes électromécaniques). À la fin de l’année, on testera la résistance de l’édifice, avant une mise en service générale début 2013, comme nous l’a confirmé Christian Petit, directeur de RFF Languedoc-Roussillon.

Un chantier peut en cacher bien d’autres…

En parallèle de la construction de ce viaduc de Courbessac, d’autres chantiers ont été associés à celui-ci pour un projet plus vaste d’envergure régionale, et qui permettra une meilleure desserte du réseau ferroviaire dans le Gard, ce qui passe par le « renouveau de l’étoile ferroviaire de Nîmes » dit-on en chœur chez RFF. C’est aussi ce que souhaite la région et le département semble-t-il.

Ces trois autres chantiers liés entre eux sont :

- l’automatisation de l’étoile ferroviaire et de la ligne Nîmes-Alès, en modernisant les postes d’aiguillages de Nîmes et la mise en place d’un contrôle automatique des trains (BAPR). Cette dernière opération financée par l’Etat, la région et RFF (46 millions d’euros) a été réalisée fin 2011, d’après François Morel, chef de projet du Viaduc à RFF.

- l’aménagement du point de croisement ferroviaire de Saint-Cézaire, qui doit améliorer l’offre TER entre Nîmes et Montpellier, pour un montant de 15,2 millions d’euros, financé par les trois même acteurs dans le cadre du contrat de projet État-Région.

- l’élargissement du pont de l’observance qui vise à développer les transports de l’agglo de Nîmes, financé par celle-ci et RFF, à hauteur de 3,4 millions d’euros.

Rappel chiffré

Le viaduc, c’est :

- 37,3 millions d’euros de coût global, financé par l’État (54,3 %), la région (38,3%), le département (2,7 %) et RFF (4,7 %) ;

- Nîmes-Alès en moins de 30 minutes par trains directs, 50.000 voyageurs de plus à partir de 2013 (+ 9 % de fréquentation), pour près de 600.000 voyageurs annuels ;

- 1.100 mètres de longueur totale, dont 620 mètres de pont, et une tranchée de 180 mètres.

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