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VAUVERT : LES SECRETS DU PALÉOLITHIQUE LIVRÉS AU PUBLIC…

Photo © objectifgard.com / MA

Les habitants de Vauvert et alentours ont pu découvrir ce samedi un site riche d’une histoire passée, et dont le résultat des fouilles en cours depuis le mois de mars leur a été présenté par une partie de l’équipe de quinze archéologues mobilisés par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

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Il s’agissait d’un évènement exceptionnel, sur un site exceptionnel de 5 hectares, prochainement dévolu à l’aménagement du lotissement « Les Jardins de l’Espérion », du côté de la ZAC de la Contamine de Vauvert.

Avant que cette fouille préventive, prescrite par l’Etat (Drac Languedoc-Roussillon), ne s’achève (programmée entre le 12 mars et la fin mai 2012), le public, venu en nombre (350 personnes comptabilisées en fin de journée) a pu découvrir, au cours d’animations, la taille du silex et le tir au propulseur, histoire de se replonger dans des moments de chasses, il y a des milliers d’années, sur un site occupé successivement  au Paléolithique supérieur (16.000 ans avant notre ère), au Néolithique final (3.000 ans avant notre ère) et à l’âge de fer (500 ans avant notre ère).

Ces trois périodes ont déjà livré leurs richesses aux spécialistes mobilisés, qui ont pu montrer une partie de ces trésors au public ce samedi. Pour le Paléolithique supérieur, déjà plus de 3.000 silex taillés, de nombreux nucléus à lamelle et à éclats, ou de lamelles à dos permettent de relier la production au Magdalénien ancien (époque qui a vu la réalisation des peintures de Lascaux). La spécialiste archéologue, Marie Bouchet, présente une partie de ces pièces au public, émerveillé de tant de trésors venus tout droit du passé, jeunes comme adultes. Marie nous explique par ailleurs que des lamelles comme celles trouvées ici « servaient à la chasse. Elle étaient fichées dans des sagaie en bois de rennes ou en bois dur ». Il s’agit de lances confectionnées par nos ancêtres, qui étaient projetées à l’aide d’un « lanceur », comme ceux avec lesquels on pouvait s’exercer sur place hier. Un exercice qui ne s’avère pas évident, mais au bout de trois jets, les débutants réussissent généralement à toucher la cible. Au Paléolithique, on découvre les mobiliers de chasseur cueilleurs, nomades. Notre spécialiste montre les « foyers » disposés encore sur place. Des sortes de « pierrades », puisque ces Hommes n’étaient pas encore sédentaires. L’archéologue spécialiste du Paléolithique souligne que « cette semaine on a retrouvé des restes d’animaux (rennes et cheval semble-t-il) ». Elle témoigne de la frustration de ne pouvoir rester plus longtemps, « mais on est habitués. Cela fait partie de notre travail. Et c’est aussi grâce à l’aménageur [le promoteur]. C’est lui qui paie pour les fouilles »(avec les coûts liés à la mobilisation des archéologues notamment).

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Plus loin, sur un espace dédié au Néolithique final, on peut découvrir une quinzaine de structures creusées qui s’avèrent correspondre à des fossés et des silos en vue du stockage céréales notamment. Vincent Mourre, responsable scientifique du site (pour l’Inrap), nous apprend que le site de Vauvert témoigne de cette période où les groupes humains « maîtrisaient les techniques de l’agriculture et de l’élevage », mais n’était « toujours pas sédentaires ». Tout est encore à découvrir puisqu’il semblerait que ces fossés de 1m50 environ de profondeur contenaient tantôt du grain, tantôt faisaient office de sépultures.

Sur la troisième partie du site de fouilles, correspondant au premier âge du Fer, une importante fosse liée à une occupation dite « protohistorique » a été découverte (une époque qui correspond au dernier quart du VIe siècle avant notre ère). On y retrouve Pierre Sejalon (également de l’INRAP, spécialiste de la protohistoire). Il nous rappelle que « c’est assez exceptionnel d’organiser une visite pour le public ». Mais ce site semblait « propice à cela, avec peu de trous », toujours dangereux. A propos des richesses du site, il explique que « le contenu de la fosse permet d’apprendre sur notre propre consommation à cette époque ». On y a découvert « de nombreux vases, du mobilier en métal, des épingles, des urnes qui servaient à la cuisson des aliments… De beaux objets », d’après Pierre, notre spécialiste, qui cherche « à raconter une histoire valide ». à son public. Et ce site cache encore des secrets apparemment. On se demande encore quel était la nature des lieux à l’âge du Fer. Peut-être un dépotoir lié à la production potière… Qui sait ?

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Les recherches ne seront pas achevées lorsque les terrains seront libérés par l'équipe de l'Inrap, et ces zones d’ombres pourront être éclaircies à travers de longs travaux d’analyse de l’ensemble du mobilier archéologique recueilli sur le site de Vauvert : ces vestiges de silex taillés, fragments de céramiques, restes osseux d’animaux et humains… Tous seront analysés et seront parfois soumis à des datations au carbone 14.

Un voyage vers un lointain passé qui a passionné le public qui s’est rendu sur place, à commencer par trois locaux, Rachelle, Charles et Alexia (la mère, le grand-père et la petite fille). Une visite qui a plu aux représentants des trois générations. La première témoigne : « c’était sensationnel. Il fallait voir cela. C’était très instructif, et gratuit en plus, ce qui est rare ». La plus jeune reste brève, mais sincère : « c’était bien ». Et le grand-père, apparemment connaisseur passionné, évoque un médecin local, le Dr Émile Guigou, qui aurait écrit « deux, trois livres sur Vauvert et ses vestiges archéologiques ». Charles nous rappelle d’ailleurs que la commune s’est appelée Val Vert (pour Vallée verte), avant de devenir Vauvert. Le visiteur savait qu'il existait un premier site « il y a 15 ans », des vestiges « qui remontaient jusqu’au Néolithique », mais ne se doutaient pas qu’il puisse exister un site qui permette de remonter plus loin dans le passé (Paléolithique).

Infos Plus :

Dans le même secteur que les fouilles actuelles sur le site de Vauvert à l’endroit du futur site du lotissement « Les Jardins de l’Espérion », de nombreuses autres opérations archéologiques ont déjà été réalisées. La fouille programmée (1993-2003) dirigée par Frédéric Bazile (CNRS – Montpellier) sur une surface de 75 m² avait permis de remonter au Magdalénien ancien. Et au mois de mars 2011, c’est dans le cadre du projet d’aménagement de la ZAC de la Condamine qu’un diagnostic archéologique réalisé par l’Inrap a pu révéler un ensemble d’indices qui ont conduit à la prescription par l’Etat de l’actuelle opération.

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