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ALÈS : Un policier poursuit un combat devenu Kafkaïen…

Photo © objectifgard.com / MA

Christophe Bonnet, décoré de la médaille d’Honneur de la Police Nationale, après 20 ans de service, vit toujours des instants difficiles vis-à-vis de l’institution de la Police. En effet, celui qui avait été reclassé en 2007, (perte de son statut de brigadier-chef), après 19 ans de service  au Vésinet et à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), puis muté en 2010 au commissariat d’Alès, avait fait une grève de la faim durant 19 jours (en mars 2011), avant d’obtenir une réponse favorable à l’étude de son dossier de la part du ministre de l’Intérieur de l’époque.

Soutenu par le syndicat Alliance Police nationale, le policier à la carrière « irréprochable » (comme l’indique ses notes de service), se bat depuis qu’un commissaire aurait pris la décision de l'inscrire sur une liste d'inaptitude à la fonction de policier après un accident du travail datant de 1992 et entrainant la perte de l’usage d’un œil, à la suite de quoi il a intégré le service de l'identité judiciaire en 2000, avant de basculer en 2007 de la filière de « policier actif » vers celle « d'agent technique », ce qui a pour conséquence des pertes en termes de rémunérations et d’avancements.

L’agent de police a pourtant pour lui, un jugement du tribunal administratif qui lui a donné raison en 2008, annulant la décision d’inaptitude prononcé par le commissaire implanté en région parisienne.

Dans un deuxième temps, le juge administratif devra examiner le dossier sur le fonds, quant à la décision de reclassement de la part de l’administration, susceptible d’être annulée également.

La dernière grève de la faim n’ayant donné les suites favorables attendues, Christophe Bonnet avait envoyé une lettre ouverte à Claude Guéant, ex-ministre de l’intérieur, le 18 novembre 2011, sans obtenir de réponse. C’est pourquoi, le fonctionnaire de police observant que le ministère de l'Intérieur opposait « toujours le silence absolu », a décidé d’envoyer un courrier recommandé à son successeur, Manuel Valls, cette semaine.

On apprend que le Bureau National du syndicat ALLIANCE a fait par ailleurs une intervention auprès du Ministère.

Christophe Bonnet indique également :

« - j'ai intégré l'association SOS fonctionnaire victime, association récemment créée sous l'impulsion de Sihem SOUID, auteure du livre OMERTA DANS LA POLICE

- j'ai récemment été décoré de la médaille d'honneur de la Police (20 ans de service) ma hiérarchie m'a fait part de sa crainte que j'utilise la cérémonie de remise de médaille devant 150 policiers pour effectuer un geste de manifestation.

Pour s'assurer de ma bonne conduite il m'a été proposé de m'entretenir avec le DDSP 30 (Directeur Départemental de la Sécurité Publique) et avec le Directeur de Cabinet du Préfet du GARD.

- j'ai été entendu par la Gendarmerie d'UZES concernant mes plaintes pour les irrégularités commises depuis 2007, l'instruction est en cours.

- la DDSP 78 me refuse toujours l'accès à certaines pièces, malgré l'avis de la CADA qui a confirmé le bienfondé de ma demande.

- je reste en arrêt de travail depuis janvier, la seule solution qui me paraît aujourd'hui exister pour me préserver du harcèlement moral ».

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Texte de la lettre adressée à Manuel Valls, nouveau ministre de l’Intérieur (datée du 18 mai 2012) :

« Monsieur Manuel VALLS, Ministre de l’Intérieur,

Le 18 novembre 2011, j'ai sollicité de votre prédécesseur, Monsieur Claude GUEANT, ma réintégration dans le corps des personnels actifs en qualité de Brigadier-Chef (copie jointe). Cette demande n’a fait l’objet d’aucune réponse. J’ai ensuite diffusé une lettre ouverte et saisi Mesdames et Messieurs les Parlementaires (copies jointes).

Votre récente nomination me conduit, Monsieur le Ministre, à vous soumettre personnellement ma demande du 18 novembre 2011. En effet, depuis cinq ans, je vis extrêmement mal les faits dénoncés avec, particulièrement depuis Janvier 2012, une incidence néfaste sur ma santé.

Le caractère particulièrement inhabituel de ce dossier nécessite, à mon sens, un examen attentif de nature à mettre un terme rapidement à ce lourd contentieux, de façon négociée si vous donnez des instructions en ce sens.

Monsieur le Président de la République ayant récemment exprimé son souhait de toujours agir avec l’esprit de justice, cette ligne de conduite me paraît donc s’imposer aux membres du gouvernement. Au travers de votre arbitrage, vous pourrez alors, Monsieur le Ministre, rétablir mes droits, ma dignité mais aussi un équilibre personnel mis à mal par une gestion fautive de ma carrière.

Enfin, aucune enquête interne n’ayant été diligentée, du moins à ma connaissance, les acteurs et les processus qui ont permis les agissements constitutifs du délit de harcèlement moral n’ont pas été déterminés, je le regrette personnellement mais aussi pour les fonctionnaires de

Police qui pourraient être confrontés, à l’avenir, à ce type de dérive. Le plus haut représentant de l’institution Policière ne peut se satisfaire d’une telle situation, j’en suis convaincu.

Je vous suis donc extrêmement reconnaissant de l’examen bienveillant de la présente requête que vous opèrerez.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Christophe BONNET »

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4 réactions sur “ALÈS : Un policier poursuit un combat devenu Kafkaïen…”

  1. Bonjour je voudrais savoir s’il est possible d’obtenir une adresse mail ou un numéro de portable pour vous joindre car mon époux , qui vient de perdre son oeil droit, se voit notifié sa reversion comme agent administratif…..

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