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POLITIQUE Des élus vent debout contre le projet de redécoupage des cantons. Fournier à la manoeuvre

"Pas de pertinence territoriale", "un déménagement du territoire", "un fait communautaire battu en brèche", "une sous-représentation des cantons ruraux", "un déni de réalité", "une hérésie", "un charcutage à la demande"...  Réunis hier après-midi au pied levé à l'hôtel Atria à Nîmes par le sénateur Jean-Paul Fournier, "élu des élus", quelque quatre-vingt maires et conseillers généraux du département, de droite et de gauche, n'ont pas eu de mots assez durs pour commenter le projet de redécoupage des cantons (23 à la place de 46 ) du département du Gard, élaboré par le conseil général. Cette modification du panorama électoral cantonal résulte de la loi Valls, imposant, dès les élections départementales et régionales de mars 2015, une réduction du nombre des cantons (50 % pour le Gard qui passera ainsi de 46 à 23) établie sur des critères démographiques, ainsi que l'adoption du fameux binôme homme/femme pour les représenter. Un duo décrié par bon nombre d'élus. Pour le département du Gard, les cantons nouvelle génération compteront entre 24 685 habitants et 37 028 habitants, avec de terribles disparités si l'on considère, par exemple, que pour atteindre 24 812 habitants, le canton le plus à l'ouest du département englobera de Lanuejols à Pompignan pas loin de 50 communes, alors que 4 seront suffisantes pour constituer un canton d'Alès. Pour parcourir le premier, deux heures de voiture. Pour visiter le second, un quart d'heure.

"Ce redécoupage a été établi sans la moindre concertation et à la tête du client", pour utiliser l'expression même du sénateur Fournier, excédé d'une part que ses propositions - transmises au préfet à deux reprises le 13 février et le 14  mai - aient été passées à la trappe sans autre forme de discussion, d'autre part que la carte cantonale revue et corrigée, basée que sur de seuls données démographiques, ignore la cohésion des territoires promue par les Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI). "Sans vouloir faire de polémique politicienne (NDLR : Fournier a plusieurs fois répété qu'il organisait la fronde au titre de seul sénateur, et non pas de maire de Nîmes, président de Nîmes-Métropole ou moins encore de patron de l'UMP départementale), je ne comprends pas que le sénateur du Gard n'ait pas même été consulté et soit mis, aujourd'hui, devant le fait accompli. Il faut entièrement revoir ce redécoupage cantonal. Il n'est ni simple, ni clair, ni efficace et encore moins cohérent", a-t-il souligné, avant d'illustrer son propos de quelques exemples : la communauté de communes du Pont du Gard "écartelée" entre 5 cantons (soit 10 conseillers départementaux), la communauté d'agglomération d'Alès "atomisée" en 7 cantons urbains et péri-urbains.  Celle de Nîmes en 9 cantons.  Derrière cette nouvelle géographie, les élus se sont également interrogés sur le futur statut des cantons fusionnés : quid des chefs-lieux et de leurs dotations spécifiques ? Quid de la localisation des services publics ?

Le sénateur Fournier a convoqué cette réunion.

Poser la question c'est y répondre pour les maires et délégués communautaires invités à faire délibérer leurs conseils municipaux et Epics et à profiter de la visite du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 12 juillet prochain à Nîmes, pour lui manifester leur rogne et leur grogne. "Il faut une réaction forte et interpeller le président Damien Alary, afin que le vote solennel de ce redécoupage - fin juin ou début septembre - intervienne à bulletins secrets. Il dit avoir tenu le ciseau, il pourrait se couper les doigts", a commenté Patrick Cavaris, conseiller général UMP de Villeneuve-lez-Avignon. Par ailleurs, les douze conseillers généraux d'opposition, vent debout contre les nouveaux périmètres, vont solliciter un rendez-vous avec Hugues Bousiges, préfet du Gard, afin de lui faire part  de leur profond désaccord. Affaire à suivre.

Etiquette

8 réactions sur “POLITIQUE Des élus vent debout contre le projet de redécoupage des cantons. Fournier à la manoeuvre”

  1. il est évident que vous les élus vous ne serez jamais d’accord de supprimer des postes d’élus. Il y a trop d’élu en France on paye trop ces gens là, si on compare avec les états unis peuchère vous seriez la moitié à partir au chômage. Regardez les élus en général ils occupent combien de poste? vous trouvez sa normal alors que des jeunes aimeraient bien se lancer en politique, vivement que la loi des cumuls des mandats sois mise en place, ou alors ayez l’honnêteté de prendre qu’une paye. Monsieur le Président Holande faite passer cette loi vite fait on compte sur vous

    1. Justement le sénateur jp Fournier avait voté en décembre 2010 dans le cadre de la loi de réforme des collectivités territoriale la création du Conseiller territorial( cet élu était a la fois conseiller général e t régional) ce qui permettait notamment d’abaisser de 38% le nombre global des conseillers généraux et régionaux. La gauche vient de le supprimer pour ajouter plus de 100 élus supplémentaires au nombre de conseillers généraux actuels en France!

  2. @Auguste,
    Ce texte ne réduit pas le nombre d’élus. Il y a 46 conseillers généraux dans le Gard et demain il y en aura 46. Ce texte divise par 2 le nombre de cantons en le faisant passer de 46 à 23. Et sur chaque canton il ne sera plus élu 1 mais 2 conseillers départementaux (le terme général et remplacé par départemental).
    Ce texte a donc pour effet de fusionner plusieurs cantons. Par exemple, sur le canton le plus à l’Ouest du département, il faudra 2 heures de routes pour traverser ce canton de 50 communes. Alors que dans certains cantons, il n’y aura que 4 communes. Comment avoir un élu proche des français, si il a autant de communes à visiter ou de temps de trajet à parcourir ?

    Et puis, le découpage des cantons ne tient pas compte des autres collectivités locales. Est-il normal, que Nîmes métropole (27 communes) devra s’adresser à 18 conseillers départementaux ? Qu’Alès Agglomération devra s’adresser à 14 conseillers départementaux ?

    Ce découpage ne tient pas compte des bassins de vie. Hors, pour qu’une politique menée soit efficace, il faut tenir compte de la réalité du terrain, ce qui n’est pas le cas.

  3. merci Franck pour les explications sa m’étonné aussi, pour nous imposable sa change rien, décidément tous les mêmes droite et gauche tous dans le même sac, pour garder leurs avantages d’élus la ils sont d’accord comment voulez vous encourager les Français a aller voter.

    1. Comme vous l’a si bien expliqué @Baumelou, Nicolas Sarkozy avait fait voté en 2010 une loi permettant la suppression de 2300 élus en faisant siéger les conseillers généraux également au conseil régional. C’était la création du conseiller territorial. Jean-Paul Fournier, Sénateur-Maire UMP de Nîmes avait voté la loi.

      Mais, la gauche s’est empressée de supprimer cette loi en arrivant au pouvoir. La gauche a promulgué la nouvelle loi le 17 mai dernier qui va créer encore plus de 100 élus.

      Il ne faut donc pas mettre la droite et la gauche dans le même panier.

  4. évidement mon cher Franck, Sarkozy a fait voter des lois en la faveur de l’UMP et c’est normal, puisque la grande majorité des élus des cantons et des régions sont de gauche. Combien a de région la droite? en fait il a été normal que la gauche supprime sa de plus en faisant cette loi on éloigné encore les électeurs des élus.

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