A la uneActualité générale.ActualitésPolitiqueSociété

SOLIDARITE Des solutions transitoires pour fermer le sinistre campement de Roms de Caissargues

P1080424« Ce dossier sera traité avec un maximum d’humanité ». Recueilli il y a une dizaine de jours sur les lèvres du préfet du Gard, Hugues Bousiges, ce propos a trouvé un écho particulier ce lundi après-midi en préfecture du Gard, où s’est tenue à huis-clos, une réunion au sommet toute consacrée au campement illégal de Roms, située sur la commune de Nîmes, à la sortie de Caissargues, sur la route conduisant à Saint-Gilles. Autour de la table des discussions qui ont duré près de trois heures : le représentant de l’Etat et ses plus proches collaborateurs; Françoise Dumas et Christophe Cavard, tous deux parlementaires PS; Jean-Paul Boré représentant le conseil régional Languedoc-Roussillon; Jean-Michel Suau, représentant le conseil général du Gard; Jacques Becamel, maire de Caissargues; le directeur du CCAS (Centre communal d’actions sociales) de Nîmes, ainsi qu’une vingtaine de militants du Collectif de solidarité envers ces migrants vivant « dans des conditions épouvantables » sur un délaissé de RFF (RéseauFerré de France), entre une ligne de chemin de fer et une route départementale très fréquentée.

Si les participants qui se reverront dans trois semaines, n’ont pu dégager de solutions immédiates et définitives, des avancées notables ont toutefois été enregistrées. A commencer par le nettoyage du camp qui sera effectué dès ce mardi, en même temps qu’une visite sanitaire destinée – sous l’autorité des services sociaux et médicaux du conseil général du Gard – à établir un inventaire précis des risques encourus par les quarante personnes établies sur ce camp de fortune. Et notamment les enfants en bas âge (trois ont moins de trois ans) et jeunes adolescents. « Le nettoyage du camp ne signifie absolument pas que cette installation va devenir durable, mais c’est une mesure urgente à prendre à l’approche des grosses chaleurs. Il faut écarter tout risque sanitaire », a commenté Hugues Bousiges. Après l’examen de la situation précise de chacune des quinze familles (des équipes seront mobilisées sur chacune des problématiques), le transfert passera vraisemblablement par un hébergement transitoire. Situé face à l’école de police de Courbessac, un terrain militaire pourrait convenir à condition qu’il puisse être alimenté en eau potable et électricité – ce dont sont dépourvus les Roms de Caissargues – et surtout qu’il ne soit pas pollué par les exercices et manoeuvres militaires qui s’y déroulaient jadis. « Si ce terrain fait l’affaire, nous nous mettrons en quête d’une quinzaine de mobiles-home pour héberger ces familles », a ajouté Hugues Bousiges, tout en maintenant son appel pressant à la solidarité des collectivités locales (il n’y croit guère) ou propriétaires privés, proches de Nîmes, qui disposeraient d’un terrain de transit. Au cas où…

Une fois ce problème de sas réglé, le comité de suivi qui disposera des informations relatives à toutes et chacune des familles de Roms (maîtrise de la langue française, employabilité des membres, capacités de travail, état sanitaire, scolarisation des plus jeunes…) se mettra en quête de solutions pérennes, tant en matière d’emploi que de logement. « Il est dans ce camp des jeunes qui désirent travailler tout de suite. J’ai sollicité la Mission locale d’insertion et Pôle emploi afin qu’ils les reçoivent sans délais et leur proposent tant que faire se peut  une activité, sachant qu’ils peuvent être éligibles aux emplois d’avenir.  Afin d’augmenter les chances de régler leur situation durablement et de faciliter leur accès aux dispositifs de droit commun, nous considérerons ces migrants comme citoyens d’Europe à part entière, sans attendre le 1er janvier 2014, date à laquelle les Roumains pourront aller et venir sans contraintes et ne seront plus astreints au renouvellement de leur visa chaque trois mois ». Dans le conscience du préfet Bousiges qui fait du mieux-vivre ensemble une préoccupation de tous les instants, la fraternité ne se décrète pas, elle s’exerce.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité