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SANTÉ Déjà marginalisé, l’accouchement à domicile est aujourd’hui menacé

Sages Femmes 4
Sans assurances, l'accouchement à domicile est condamné à disparaître. Ph DR

L’accouchement à domicile (AAD) bien que  légal et très marginal en France  (0,5 %  des naissances), est aujourd'hui menacé. les sages-femmes qui le pratiquent sont dans l'impossibilité d'assumer le cout prohibitif de l'assurance rendue obligatoire, le mouvement de défense manifeste ce samedi dans toute la France.

Les sages femmes libérales qui pratiquent les accouchements à domicile exercent leur profession dans des conditions difficiles, parfois sous la pression des autorités médicales hostiles à cette pratique. "Alors qu’il est absolument légal d’accoucher à domicile en France, que des études sérieuses prouvent que ce n’est pas plus dangereux qu’à l’hôpital, explique le mouvement défense de l'accouchement à domicile, "il est aujourd’hui impossible pour elles de s’assurer et très difficile de vivre de cette activité". Les tarifs des assurances professionnelles, obligatoires pour tous les praticiens de santé, sont rédhibitoires, entre de 15 a 20000 euros par an, alors que le tarif de leurs consultations reste ridiculement bas (15,30 euros) et qu'elle ne gagnent pas plus de 25.000 euros à l'année. Dans les faits moins de 5% d'entre-elles sont assurées. Or il existe en France il existe une obligation de paiement d'une assurance pour les sages-femmes libérales.

L'étau se resserre

L'impossibilité matérielle de s'assurer faisait déjà peser sur ces professionnelles (qui ont choisi de pratiquer l'accouchement à domicile pour répondre au désir des femmes souhaitant le vivre) une incroyable pression, qu'elles ont assumée jusqu'alors. Mais aujourd'hui l'Etat et l'ordre des sages femmes leur signifient qu'en exerçant ainsi et sans attestation d'assurance à présenter au 1er octobre, elles seront passibles de sanctions lourdes, telles que la radiation de l'ordre et ainsi l'interdiction d'exercer, avec la possibilité de sanctions pénales. Un mouvement de défense spontané de l'accouchement à domicile est donc né. Il organise des manifestations dans toute la France ce samedi 26 octobre et constitue une pétition au Président de la République dans laquelle le mouvement  évoque le risque de voir tout simplement l'accouchement à domicile "plonger dans la clandestinité"  : "A l'instar de l'avortement qui a été une pratique illégale durant des années et qui a conduit les femmes à vivre cet acte dans des conditions désastreuses, nous irons vers des accouchements sans l'assistance d'un professionnel, à un refus des futures mères de bénéficier d'un suivi de grossesse, ce qui est proposé dans nos maternités ne correspondant plus à nos attentes et à court terme, nous nous dirigeons vers une plongée dans la clandestinité...Comment peut-on, dans un pays démocratique comme le nôtre, priver les français de la liberté de choisir le lieu et le mode d'accueil de leurs enfants ?"

Des arguments contestés

Outre le fait qu'elles contestent l'aspect de la "dangerosité" de l'accouchement à domicile sur les études menées à l'étranger, les associations mettent en avant son faible coût pour la collectivité : le forfait de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie pour un accouchement à domicile est de 312 euros, alors qu'un accouchement en structure coûte à la collectivité au minimum 3000 euros pour une sortie à J+3, souvent plus proche de 5 à 6000 euros. Pour les familles  qui militent, "l'annonce de la création en France de pôles physiologiques inclus dans les structures hospitalières : les "Maisons de Naissance", ne répond pas au demandes des familles mais constituera  un argument de plus pour éradiquer complètement à terme l'accouchement à domicile." Compte tenu du très petits nombre de personnes concernées aujourd'hui en France (moins d'une centaine de sages femmes !), c'est au nom d'une défense d'une liberté de plus que les familles vont manifester ce samedi dans plusieurs villes (liste et horaires).

Raphaël MOTTE

raphael.motte@objectifgard.com

 

 

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