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NON ÉLUCIDÉ Décapitée et dépecée : qui a tué Catherine Fournier ?

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Maître Philippe Expert, a fait annuler les aveux de son client... Des aveux obtenus après une séance d'hypnose. 17 ans après les faits le meurtrier de Catherine Fournier court toujours.

C’est l’une des affaires les plus horribles que le Gard ait connu ces 20 dernières années. C’est aussi une affaire non résolue… Et pourtant, un homme a avoué le crime sordide. Il a tout expliqué aux gendarmes. Il a raconté qu’il avait découpé sa femme en morceaux. Mais les aveux obtenus après une séance d’hypnose ont été intégralement annulés par la justice. Depuis 17 ans, l’affaire Catherine Fournier reste une incroyable énigme criminelle qui hante la commune de Laudun-L’ardoise.

Catherine Fournier a 31 ans, lorsqu’elle disparaît, apparemment le 16 février 1999, en allant faire son footing. Un militaire à la retraite et un viticulteur disent l’avoir croisée.

Le mari a un alibi

C’est son mari Laurent, qui alerte la police de la région parisienne où il a trouvé un emploi. Il s’inquiète de ne pas pouvoir joindre au téléphone son épouse. L’ancien légionnaire qui a un alibi en béton puisqu’il est en région Ile de France au moment présumé de la disparition de sa femme, contacte d’abord une amie du couple pour aller voir dans la villa si elle aperçoit Catherine. Au domicile de Laudun-L’ardoise, rien n’a bougé, pas de traces de lutte, ou de cambriolage qui aurait mal tourné. Pendant 44 jours, le mystère de la disparition de Catherine Fournier hante la région bagnolaise. Près de 2 000 personnes seront entendues dans cet épais dossier.

Un corps mutilé, dépecé

L’enquête prend une autre dimension le 1er avril lorsqu’un promeneur découvre dans un bois de Saint Michel d’Euzet à une quinzaine de Kms de la villa des Fournier, une partie d’un corps sans tête. La victime sera identifiée après analyse ADN. C’est bien l’épouse de Laurent. Seul un tronc frappé d’une cinquantaine de coups de couteau est découvert. Les autres membres ont été découpés et ne seront jamais retrouvés.

Une enquête hors norme

Tous les légionnaires sont interrogés, les personnes propriétaires et locataires de parcelles longeant le parcours de course à pied de la victime sont sollicitées par les gendarmes. Laurent, le mari de Catherine, a rapidement été dans le viseur de la gendarmerie. Mais rien n’avance jusqu’à une séance d’hypnose à laquelle il accepte de se soumettre. Le juge d’instruction valide cette démarche.

Le mari avoue après une séance d’hypnose qui sera annulée par la plus haute juridiction française

Il a tout raconté aux enquêteurs avec une multitude de détails qui donnent le frisson. Il a déclaré qu’il avait tué et découpé sa femme avec une scie et une hache, aux Cascades du Sautadet, près de Bagnols-sur-Cèze. Ce retraité de la Légion Etrangère qui passe les aveux en 1999 devant les gendarmes de la Section de Recherche de Nîmes, n’aurait pas supporté que son épouse soit enceinte. C’est en tout cas la thèse par laquelle le juge d’instruction de l’époque expliquait l’inexplicable mort de la jeune femme.

« Laurent Fournier, n’avoue rien pendant la séance, mais après lorsqu’il est interrogé dans un état second, il déclare n’importe quoi. Il a avoué dans un contexte de suggestion morale, d’emprise psychologique, avec un interrogatoire totalement illégal », affirme Me Philippe Expert qui deviendra son avocat quelques jours après les aveux tronqués. Après un marathon judiciaire, « les aveux seront totalement annulés, et les procès verbaux liés aux aveux également. Laurent Fournier est innocent pour la justice et je peux vous affirmer que je crois totalement à son innocence », poursuit l’avocat nîmois toujours en contact avec le mari. « Il a quitté le sud de la France et il prend des nouvelles du dossier. Il aimerait tant qu’il y ait des avancées dans cette affaire qui a détruit sa vie », complète Me Expert.

Depuis l’annulation d’une grande partie des procès verbaux d’instruction, les conditions de la survenue de la mort de Catherine Fournier restent énigmatiques. Le parquet de Nîmes a demandé l’an dernier le classement sans suite du meurtre faute d’éléments nouveaux. La juge d’instruction devrait rendre une décision dans les prochaines semaines pour savoir si l’enquête qui piétine depuis des années va se poursuivre ou si la mort de Catherine Fournier restera à jamais non élucidée.

Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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