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FÊTES VOTIVES Au pré avec les pitchounets

Les jeunes arrivent (Photo Anthony Maurin).

La fête à Gallician bat son plein. Mercredi avait lieu la traditionnelle journée des enfants. Retour sur la passation de témoin.

À Gallician, vous êtes vite mis au courant (Photo Anthony Maurin).

Durant l'été, nous vous proposons de découvrir et de partager l'ambiance de huit fêtes votives du Gard. Après Aimargues, Générac et Remoulins suite des festivités avec Gallician et son déjeuner au pré offert aux enfants. Une belle occasion de refiler le virus de la passion et des traditions afin d'assurer une certaine stabilité culturelle.

Les traditions ont parfois du mal à se perpétuer. Certaines fléchissent et se renient peu à peu jusqu'à tomber en désuétude mais d'autres deviennent le carrefour d'enjeux plus globaux. En Camargue, les traditions révèlent l'importance de l'homme dans son environnement.

La douceur des arènes refaites il y a peu de temps (Photo Anthony Maurin).

Façonné par ses mains, humanisé par ses soins, le terroir local ne serait pas le même sans la présence séculaire et continue des Camarguais. Jusqu'à la fin du siècle dernier, les traditions portaient haut les valeurs ancestrales, mais depuis, la relève a du mal à se faire une place.

Sur la route qui mène des arènes au pré, on voit les Lucky Luke des temps modernes (Photo Anthony Maurin).

Le monde change mais de nombreuses personnes demeurent attachées à ce folklore et font tout pour passer le témoin. C'est le cas à Gallician où la fête votive offre une journée entière dédiée à l'enfance et à la pédagogie. Pendant les vacances le mercredi reste la journée des enfants et c'est parti pour le pré et le déjeuner qui va avec. En Camargue, le petit déjeuner est salé, surtout en été en période de fête. Celui du jour est offert par la Ville (Vauvert car Gallician est rattaché à la commune) aux enfants qui participent à l'événement.

Chez Martini, évidemment (Photo Anthony Maurin).

Arrivé au village, ici on comprend bien que le bourg ne semble vivre que pour ça et on vous le fait vite comprendre. " C'est la fête. J'ai pris mes congés comme chaque année et on se la régale, juste entre nous ! J'espère que les jeunes ne feront pas trop de conneries et qu'ils prendront la relève ! ", lance un villageois qui s'en va au pré.

Préparation des sandwichs (Photo Anthony Maurin).

Dédé, planté comme un piquet devant les arènes attend l'arrivée des chevaux et des taureaux, à l'ombre et surtout pas très loin du bar qui ouvre doucement ses portes. Nous vous avions déjà parlé des abrivados qui partent des prés mais les déjeuners qui les précèdent sont une véritable institution. C'est la raison pour laquelle cette journée des enfants débute par le déjeuner au pré. Aller au pré veut dire observer et découvrir taureaux et chevaux dans leur milieu naturel.

Qui dit pré dit balade sur une remorque au milieu des taureaux (Photo Anthony Maurin).

On annonce 38° à l'ombre dans l'après-midi et Nîmes sera la ville la plus chaude de France, encore. Les enfants sont conviés à apprendre de manière ludique une partie de la culture traditionnelle dans laquelle ils baignent depuis leur plus jeune âge. " Mon petit est avec moi. On fait toujours ça ensemble pour qu'il comprenne comment ça marche. Il aimera ou pas. Je m'en fiche, mais au moins il saura. Il saura où se placer, comment s'y placer et combien de temps rester à cet endroit. On décrypte le passage et l'emplacement des chevaux et des taureaux, ça a l'air de le passionner " affirme Luc, le papa d'un petit Théo.

Les jeunes arrivent (Photo Anthony Maurin).

Quoi de mieux qu'un apprentissage formé autour de la table et du repas ? Les philosophes grecs n'ont rien trouvé de mieux hormis peut-être la marche. Chez Martini, la manade qui accueille tout ce beau monde, les infrastructures laissent la place à l'imagination mais l'herbe est fraîchement tondue, les tables disponibles et l'ombre déjà salvatrice à 8h30.

Certains préfèrent les zones ombragées (Photo Anthony Maurin).

" Je suis le grilladin ! Eh ben, il cogne lui." Le bonhomme désigne le soleil. " Quelqu'un aurait une bombe pour les guêpes parce que sans ça je vais me faire bouffer ! On attend combien d'enfants " Et une employée municipale de répondre : " oh, ça on ne sait jamais ! Pour la bombe, on appelle en ville et quelqu'un va en amener une, pour les enfants... ".

Les parents (Photo Anthony Maurin).

Tout à coup, du bruit, des moteurs, des cris. Un quad, un 4x4, des voitures de fêtes mais aussi des familiales... Ça y est, les hostilités sont lancées. Les jeunes les plus âgés arrivent en force, en groupe, en bande, voire en horde. Maillots distinctifs sur les épaules. Blanc, bleu, jaune, fluo, rouge, vert : c'est l'arc-en-ciel de la jeunesse camarguaise. On en voit même en tenue de camouflage avec le panneau d'entrée de ville de Gallician repris en photo. Il n'y a pas de rivalité mais des histoires de jeunes. Tous se saluent, s'embrassent. Quelques vidéos de la veille tournent déjà sur les réseaux sociaux. " T'as vu sa gueule ? Elle m'a fait mourir de rire ! Et lui alors, il a été énorme. "

Les voitures de fête (Photo Anthony Maurin).

Arrive une maman en compagnie de sa fille collée à son smartphone. Petits yeux et soupir au bout des lèvres... " Tu es déjà au bout de ta vie le premier jour toi ? ", chambre une autre maman à sa comparse qui a visiblement moins bien encaissé le choc du premier soir de fête. Les plus jeunes enfants arrivent à l'instant. Ils sont fiers d'être de la partie, d'avoir droit à leur moment de fête. " C'est super ! J'aime les taureaux et en plus on va manger de la saucisse ! ", avoue un bout de chou. Mais avant la saucisse, il faudra voir les taureaux au pré, le travail des gardians...

À la fraîche (Photo Anthony Maurin).

Sur les tables, des sandwichs à préparer avec les grillades, des sauces, des biscuits, du chocolat mais aussi de l'eau et des jus de fruit. Les parents ont tout prévu de leur côté. Là aussi des grillades mais encore du pâté, du vin, du saucisson... Que de belles et bonnes choses. Les visiteurs se multiplient et avec eux les glacières et chaises pliables. Quand les parents manquent à l'appel mais que les enfants veulent en être, les grands-parents jouent leur rôle à merveille.

Les grillades seront bientôt sur le grill (Photo Anthony Maurin).

Retour aux jeunes. Dans les groupes on discute. " Tu connais le trajet. Il faudra se mettre à droite si on veut courir normalement ", lance un chefaillon. " Mais non, si on se met à droite les chevaux vont nous bloquer dès qu'on sera sur la route. On commence à gauche et après on file à droite. Deux passent devant et trois derrière. Aux arènes on se retrouve à droite de l'entrée, au fond, compris ? ", conclut une jeune fille.

La croix de Camargue (Photo Anthony Maurin).

Car ces moments sont aussi ceux des filles qui sont ici chez elles. Elles sont aussi nombreuses que les mectons et semblent plus impliquées encore. Les premières bombes à eau explosent. Le coup d'envoi de cette journée spéciale est lancé. Les pitchounets piaffent d'impatience, le soleil frappe et les traditions se réveillent. Les gardians arrivent, les remorques pour balader dans les prés sont prêtes et les grillades cuisent... Le reste, c'est de la littérature !

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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