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FAIT DU JOUR Sautadet : des cascades aussi belles que dangereuses

(Photo : droits réservés)

À La Roque-Sur-Cède, ce site exceptionnel cache une dangerosité sans pareil. Par ignorance ou insouciance, des baigneurs perdent la vie chaque année en période estivale. 

Quoi de mieux, en ce bouillant été, qu'une petite une tête dans la Cèze ? À une heure de Nîmes, les cascades du Sautadet offrent une escapade idéale pour se rafraîchir. Un écrin de calcaire érodé au fil des années par la puissance de la Cèze. « Tout le site est classé par un arrêté ministériel de 1958 », indique Christophe Perrin, chef du service de défense et protection civile de la préfecture. 

Les cascades du Sautadet (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Après avoir glissé sous le pont Charles Martel, la rivière s’engouffre dans un dédale de crevasses qui se transforment plus tard, en chaudrons. « Ce sont des trous dans laquelle la Cèze tourbillonne avant de former, quelques mètres plus loin, une plage », poursuit M.Perrin. Pas de doute, « c’est l’un des plus beaux sites touristiques du Gard », ajoute le député de la 3ème circonscription, Anthony Cellier.

Phénomène de « subsidence »

Hélas, le site n'est pas sans danger. Gare aux insouciants et imprudents... Ils pourraient y laisser la vie. Au Sautadet, la baignade est uniquement autorisée sur la plage. Chaque année, des inconscients bravent les interdits, causant parfois de tragiques accidents. Depuis 1983, le site compte plus d’une vingtaine de morts, ce qui lui vaut le triste surnom de « chaudrons de l’enfer. »

La légende dit même que la fille d'Hanibal aurait succombé dans cette rivière... Quel est donc ce danger ? « C'est le phénomène hydrologique de subsidence. La pression de l’eau colle le corps au fond de la rivière sans capacité de remontée. Le courant vous entraîne et vous fait traverser les cascades comme si vous étiez dans une machine à laver… L’espoir de s’en sortir vivant est faible », explique le fonctionnaire d’état.

Lors de l'intervention des secours aux cascades du Sautadet, à la Roque-sur-Cèze (Photo : Gendarmerie)

Ce danger n'est malheureusement pas perceptible à l’œil nu. « Il faut connaître le site. D’ailleurs, c’est l’hiver qu’il y a le moins d’accident même la puissance de l’eau est plus élevée. Le débit de 3 000 mètres cubes effraie... Les gens ne s'y aventurent pas. Or en été, la Cèze oscille entre 10 et 40 mètres cubes. On pense alors être en sécurité. »

Quelles réponses ?

L'an dernier, après la mort d’une fillette de 8 ans, une commission a été réactivée. Elle réunit le maire de la Roque-sur-Cèze, le député Anthony Cellier ainsi que les services de l’État (gendarmes et pompiers). Plusieurs solutions ont été décidées pour que l’été 2019 ne soit marqué par de nouvelles tragédies. Des solutions qui tiennent compte du classement du site ainsi que des moyens financiers limités de la commune. 

Désormais, les visiteurs se garent sur un parking récemment aménagé, de façon à canaliser les automobilistes. Ainsi, ils peuvent recevoir de la documentation pour les informer des dangers du site. Sur la cascade, une ligne de vie a été installée pour permettre aux contrevenants de s’y accrocher et ne pas tomber dans les cascades.

Le député Cellier (Photo : Norman Jardin)

Une patrouille équestre a également été mise en place. Elle suscite la curiosité du public, plus enclin à écouter les consignes. D’autres projets sont à l’étude, comme la création d’une maison de site ou le creusement d’un petit canal pour diminuer le débit de la Cèze. « On est en train d'y réfléchir mais cette solution n’est pas sans répercussion : les gens pourraient se baigner dans le canal », pointe le député Cellier.

En attendant, et quoi qu'il en soit, le Sautadet continue à faire des victimes. Dernier épisode en date, le 8 août dernier, les pompiers spécialisés du Grimp (groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux) était appelés, vers 12h30, pour porter secours à un homme de 39 ans victime du chute. La victime présentait une fracture au niveau des membres inférieurs et avait dû être prise en charge par une équipe spécialisée en milieu périlleux. Elle avait été transportée au centre hospitalier de Bagnols. Alors, quitte à souligner des évidences, la meilleure des réponses reste donc la prudence et surtout, le respect de la loi.

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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