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NÎMES L’Académie fête le centenaire de l’acquisition de son hôtel

Après une session de travaux de rafraîchissement, la société savante nîmoise a inauguré les lieux.

L'Hôtel particulier de l'Académie de Nîmes, une merveille (Photo Anthony Maurin).

" Ne quid Nimis ", " Rien de trop ", est la devise qui invite à la sagesse et non à la paresse. Cette mention est aussi celle choisie par l'Académie pour définir son action et c'est elle qui apparaît sur le vieux fronton de l'entrée de l'hôtel particulier de l'Académie.

L’hôtel de l’Académie a fait l’objet de nombreuses visites prestigieuses au fil du temps mais pas seulement grâce à la Compagnie de Nîmes. Dès sa création en 1682 (après l’Académie française créée en 1635, l’Académie d’Arles en 1668), l’Académie se réunit chez l’un de ses fondateurs, Jules César de Fayn, marquis de Péraud.

À peine lisible... Ne quid Nimis (Photo Anthony Maurin).

Hélas, trois années plus tard, la révocation de l’Édit de Nantes perturba les premiers pas de la belle compagnie qui comptait parmi les plus anciennes du pays. En effet, nombre de ses membres étaient de confession réformée mais l'Académie renaquit en 1752, en pleine éclosion des Lumières. À partir de 1760, ce fut presque toujours chez Jean-François Séguier qu'elle tint ses séances.

Au début du XIXe siècle, l'Académie occupe un nouveau lieu de réunion, en la mairie même, dans une partie du troisième étage donnant sur la rue Dorée et cela pendant près d’un siècle ou presque, jusqu'au 8 juillet 1912. À l’initiative du chanoine Bonnefoi, ancien président de l’Académie, une souscription est lancée dans le but d’acquérir la maison située au 16 rue Dorée sur proposition de l’architecte Max Raphel.

La salle de réunion (Photo Anthony Maurin).

La propriétaire, fille d'Albin Michel l'auteur bien connu de " Nîmes et ses rues ", fit une proposition de vente pour la somme de 30 000 francs. " L'avantage du projet, dit Max Raphel, est que l'Académie sera enfin chez elle, la question de l'ancien évêché sera définitivement résolue. L'antique demeure de Gailhard Guiran (antiquaire de la Renaissance, NDLR ), avec son parfum suranné et vieillot de Renaissance française conviendrait parfaitement à notre compagnie ". L'acte de vente de l'actuel immeuble a été signé le 29 novembre 1919.

" L'Académie de Nîmes était jusqu'alors plus itinérante que fixe mais en juin 1920 la première réunion au 16 de la rue Dorée mettait fin à l'existence itinérante de l'Académie depuis sa création. C'est le lot commun des Académies qui possèdent rarement en propre de tels lieux ! ", entame Simone Mazauric, présidente de l'Académie.

Simone Mazauric entourée d'Yvan Lachaud, du préfet Didier Lauga, de l'ancien préfet Hugues Bousiges, d'Alain Aventurier (secrétaire perpétuel) et de Jean-Paul Fournier (Photo Anthony Maurin).

Cette maison bourgeoise fut édifiée probablement durant le XVe siècle (voire au XIVe). Si nous ne savons presque rien de ses occupants au XVIe siècle, nous connaissons par contre les grandes familles qui en furent successivement et pendant longtemps les propriétaires. Hôtel Guiran donc, au XVIIIe l'hôtel de la Tour, au XIXe l'hôtel Nègre-Albin Michel pour enfin devenir au XXe siècle l'hôtel de l'Académie. De la rue Daurade à la rue Dorée, depuis le XVIIe ce secteur de la cité est celui des plus beaux hôtels particuliers, cachés derrière d'austères façades.

Après l'affaiblissement de l'intelligentsia nîmoise protestante, une nouvelle ère débutait. Depuis son acquisition, l'hôtel a subi quelques nécessaires travaux avec d'importantes transformations réalisées grâce aux mécènes. L'ameublement est quant à lui à mettre au crédit de la ville de Nîmes.

Une cour intérieure des plus ornées (Photo Anthony Maurin).

Les travaux concernant la façade aux fenêtres italiennes, la toiture et les modifications faites à l'intérieur des murs, notamment au premier étage, ont été réalisé dans les règles de l'art. " Nous sommes en mesure de léguer à nos neveux, c'est ainsi qu'on disait, ce magnifique patrimoine ", assure Simone Mazauric. Plus de 650 m² d'une histoire qui n'est pas prête de s'estomper !

À l'intérieur, une salle de réception (Photo Anthony Maurin).

Pour Antoine Bruguerolle, architecte qui a opéré ce lifting bien fait, " Il y a de très belles choses ici, la porte notamment. Nous sommes intervenus sur la façade en refaisant l'enduit à la chaux. Nous n'avons pas fait grand chose à la cour intérieure. En 2016-2017, nous avions ouvert une porte entre l'escalier et la salle de réception. L'an dernier nous avons réaménagé deux premières salles et restitué les croisés des fenêtres. "

Le bureau 2019 de l'Académie :

Président d’honneur : M. Didier Lauga, préfet du Gard.

Présidente :  Simone Mazauric.
Vice-président : Michel Belin.

Secrétaire perpétuel : Alain Aventurier.
Secrétaire adjoint : Bernard Simon.

Trésorier : Charles Puech.
Trésorier-adjoint : Alain Penchinat.

Bibliothécaire : Didier Travier.

Académie de Nîmes - 16 rue Dorée, 30 000 Nîmes - E-mail - Tél. / Fax : 04.66.21.55.93.

L'ancien fauteuil du maire de Nîmes dans lequel l'actuel, Jean-Paul Fournier, n'a pas hésité à s’asseoir ! Yvan Lachaud a-t-il été tenté par le siège ? (Photo Anthony Maurin)

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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