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Publié il y a 7 mois - Mise à jour le 11.04.2022 - francois-desmeures - 3 min  - vu 845 fois

ALÈS Rochebelle : la cantine solidaire finalise son projet pour la Fondation de France

La cantine solidaire de Rochebelle est ouverte du lundi au vendredi midi (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Le comité qui réfléchit aux projets que pourrait financer la Fondation de France en était au chiffrage, mardi dernier (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Depuis le mois de septembre, la Fondation de France a proposé à la cantine solidaire de Rochebelle de "réfléchir à ses rêves". Emballée par le maintien de cette idée saugrenue - se nourrir convenablement et payer selon ses moyens - la Fondation s'est proposée de financer des projets sur deux ans.

Ainsi, depuis près de huit mois, un groupe de travail d'une dizaine de personnes se réunit chaque mardi soir pour penser un projet. Première modification par rapport au cadre initial, les responsables de la Cantine ont étalé sur trois ans leurs différents souhaits. "Nous en sommes à la 25e ou 26e réunion, constate Étienne Kretzschmar, l'âme de ce lieu unique. Le projet est rédigé, on le finalise." Finaliser, c'est par exemple attribuer un budget à chaque idée et se frotter au concret, sans savoir exactement de combien sera le montant final de l'aide.

"Un projet qui remet les choses à l'endroit, comme elles devraient être"

Dans ce qui est déjà l'une des dernières réunions, les rangs se sont clairsemés. Autour d'Étienne Kretzschmar siège Régine, qui vient à la cantine depuis ses débuts et représente désormais les usagers au conseil d'administration de l'association ; Gilles, éducateur spécialisé de la Miséricorde à la retraite ; Sabir, un "ancien de Rochebelle", trésorier de l'association et artisan-technicien quand il faut un coup de main ; et Halim Laïdi, coordinateur du projet. "C'est un projet qui fait sens, définit Sabir, qui remet les choses à l'endroit, comme elles devraient être."

"On essaie de répartir les chiffrages dans les cases convenables, sourit Étienne Kretzschmar face à la froideur d'un tableau Excel. On s'est mis d'accord sur un titre : Nourrir, loger, et donner envie d'agir." Avec un point de départ conjoncturel à la réflexion: "Avec la crise du covid et la paupérisation du quartier, on en est à croiser des personnes qui passent dans les trous de la raquette" des dispositifs sociaux, constate Étienne Kretzschmar. Il faut fournir des moyens d'activité à ces gens en panne de projets."

"Le filet de sécurité a des trous"

Le comité de réflexion s'est donc attaché à consolider les acquis et à développer des activités nouvelles. "On a compris que la structure avait quelques fragilités à solidifier", résume Sabir. "Les jours qui s'annoncent seront de plus en plus compliqués, renchérit Étienne Kretzschmar. Il va falloir anticiper parce que le filet de sécurité a des trous."

"On vit les conséquences de la crise sanitaire, résume Halim Laïdi. On se retrouve avec plus de personnes qui ne paient pas que ceux qui sont à l'équilibre. Aujourd'hui, par exemple, on a offert seize repas et fait payer huit." Le télétravail a éloigné une clientèle solidaire qui passait régulièrement et s'acquittait d'un montant plus élevé que les 7€ qui représentent le prix de revient du repas. "Le covid a fracassé la mixité sociale", regrette le coordinateur de la cantine.

Sous le titre choisi ont émergé huit actions principales. "En juillet-août, on pense à d'importants travaux pour moderniser la partie restauration : dans les salles, pour l'accès handicap, mettre la cuisine aux normes. On sait déjà que l'appel d'offres de la Caf sera bouclé avant la fin mai. La Caf pourrait prendre 80% du montant, les 20% restants pour la Fondation de France", entame Étienne Kretzschmar. La cantine aimerait ensuite recruter deux mi-temps, un assistante administrative et financière ainsi qu'un encadrant de groupe pour des temps en famille ou parents/enfants.

"Notre médiatrice a de plus en plus de boulot"

"On demande aussi à la "Politique de la ville" de financer un fonds de secours et d'urgence pour venir en aide à des gens absolument dans le besoin", poursuit Halim Laïdi. La moitié serait financée par la Fondation de France. "L'argent peut servir à dépanner, le temps qu'une structure prenne le relais. Mais ce qui est sûr, c'est que notre médiatrice a de plus en plus de boulot."

En second rideau, la cantine aimerait aussi accompagner l'association de Joël Baptiste et ses Voyages culturels, "en inventant un échange culturel sur la base de livres avec un certain nombre de lieux en Algérie", appuie Étienne Kretzschmar. L'association discute aussi avec la Drac pour accueillir une résidence d'artistes courant 2023 et pour développer un programme de sorties à l'intention des familles afin de leur faire découvrir l'arrière-pays cévenol ou les richesses culturelles proches, comme  Maison rouge, le Pont du Gard ou le Mucem de Marseille.

"Enfin, à la rentrée de septembre, on espère mettre en place la fête annuelle de la cantine", s'enthousiasme Étienne Kretzschmar. L'occasion de faire connaître tous ces beaux projets qui, d'ici là, connaîtront leur destinée : le dossier de la cantine solidaire doit être mis en ligne avant 13 mai. Le comité de pilotage de la Fondation de France se réunira mi-juin et statuera sur les projets à financer. Sans forcément le savoir, une partie de la population du quartier pourrait voir sa vie partiellement améliorée par cette décision...

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

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