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Publié il y a 9 mois - Mise à jour le 29.01.2022 - philippe-gavillet-de-peney - 4 min  - vu 1216 fois

LA RÉCAP' Pas épatant, l'Ehpad / Et la politesse, bordel ! / La parenthèse enchantée

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Tous les samedis à 19h, Objectif Gard vous propose un rendez-vous sous la forme d'un flash-back sur les événements, petits ou grands, qui ont ponctué la semaine. C'est parti pour la Récap' !

Pas épatant, l'Ehpad. Cette semaine, dans la foulée d'une campagne médiatique très bien orchestrée  - tous les journaux de France et de Navarre dignes de ce nom avait reçu un dossier de presse invitant à promouvoir la sortie de l'ouvrage au titre passablement racoleur (Les Fossoyeurs) -, grâce au livre du journaliste d'investigation Victor Castanet, les Français ont découvert que les fragiles têtes chenues accueillies dans certains Ehpad et établissements gériatriques spécialisés du secteur privé - et sûrement aussi dans certains établissements publics ou non-lucratifs - faisaient l'objet de mauvais traitements. Quoi, on les prive de nourriture ? Comment, les couches sont rationnées ? Ah bon, il arrive qu'on les maltraite physiquement et qu'on les laisse mariner dans leurs excréments !

En réalité ces indignés cris d'orfraies accompagnent une bien tardive prise de conscience tant il est patent depuis de nombreuses années que la gestion de la situation des hôtes payants de ces établissements pose problème et que cela ne date pas d'hier. Disons-le tout net : pas question ici de mettre tout le monde dans le même panier... de crabes et de jeter le bébé avec l'eau du bain mais quand même, il faut en parler ! Sûrement pas complice mais toutefois peu regardant ni curieux, l'État est un des premiers responsables de cette gabegie pour avoir ouvert en grand la porte à des investisseurs peu scrupuleux, attirés comme des vautours charognards par la Silver économy et les comptes épargne de ces personnes âgées dépendantes en fin de vie.

En offrant un blanc-seing à ces affairistes guidés par le profit et à leurs actionnaires avides de juteux dividendes, l'État a perdu la main sur ce qui, en raison du vieillissement de la population et de l'augmentation de la durée de vie, est pourtant l'un des sujets les plus brûlants de la politique de santé publique des années à venir. Confirmés par le syndicat gardois SUD Santé-Sociaux, les "manque de personnels, défauts de soin, rationnement du matériel, mauvais traitements liés à une course aux profits, organisée par les dirigeants du groupe, au détriment des personnels et surtout des résidents" constatés dans les établissements gérés par le groupe Orpea (1 156 établissements et 116 514 lits dans 23 pays, NDLR) ne sont sûrement que l'arbre qui cache la forêt.

En attendant que l'État ne remette de l'ordre dans ce Pandémonium, on ne saurait que distiller ce conseil de prudence aux seniors : soyez gentils avec vos enfants et vos familles, ce sont eux qui choisiront votre maison de retraite.

Et la politesse, bordel ! Sortir du moule pour avoir l'air moins tarte... Lundi 24 janvier, la ville de Nîmes a lancé une campagne de communication dont l'originalité mérite d'être saluée. D'ordinaire plutôt feutrée et répondant à des codes normalisés qui veillent en premier lieu à ne pas heurter et à tendre vers le consensus, la communication institutionnelle s'émancipe rarement de ces principes. En dévoilant les visuels percutants et humoristiques de sa campagne de sensibilisation aux respects des agents municipaux en contact avec le public sur le thème "En restant poli, ça marche aussi !", au risque de se faire traiter de "fille de pub", la municipalité nîmoise a parfaitement réussi son coup.

Reste maintenant à en mesurer l'impact sur les usagers tant les insultes, menaces, intimidations, coups et blessures sont devenus monnaie courante dans une société de moins en moins éduquée aux vertus de la patience et du respect, et où l'on supporte de moins en moins la frustration. Par ricochet, cette campagne devrait aussi profiter aux commerçants, aux caissières, aux vendeuses et autres hôtesses d'accueil, victimes toute désignées d'un aussi détestable que lâche phénomène sociétal dont on constate - et on s'en félicite - qu'il épargne pour l'instant les déménageurs de piano, les profs de karaté ou de krav-maga, les boxeurs professionnels poids lourd, les combattants de MMA et Teddy Riner (ouf ! ). Pour mémoire, à Nîmes, en 2021, 260 agressions ont été recensées rien que pour les 92 agents de la direction "population et citoyenneté". En 2020, on en totalisait cinq fois moins. Édifiant.

Patrick Candela et Jean-Philippe Troux (au premier plan), entourés d'amis spéléologues, quelques minutes après leur sortie de la grotte de Trabuc. (Photo Corentin Migoule)

La parenthèse enchantée. L'éloge de l'inutile exploit. Certains traversent l'Atlantique à la rame, d'aucuns s'infligent l'ascension des plus hauts sommet du globe durant que d'autres enchaînent les marathons sans autre but que le plaisir de se retrouver avec eux-mêmes et de repousser leurs limites physiques et psychologiques. Patrick Candela et Jean-Philippe Troux, deux amis spéléologues, avaient pour leur part choisi de se confiner durant deux mois au fond de la grotte de Trabuc, à 150 mètres sous terre. Il en sont sortis sourire aux lèvres et en bonne forme ce jeudi 27 janvier, peu après 13 heures (Relire ici).

Sans leur faire injure ni minimiser la performance de ces émules du pionnier Michel Siffre, qui l'avait réalisé le premier solo en 1962, leur aventure ne devrait pas bouleverser outre mesure la science même si quelques données scientifiques seront analysées et viendront abonder le tronc commun des connaissances sur le domaine. Reste qu'on les envie un peu. Pas forcément pour l'exploit mais d'avoir pu durant un temps mettre le quotidien entre parenthèse.

Imaginez ! Les duettistes ont échappé au énième protocole covid, au début d'une pathétique campagne électorale qui ne s'est pas arrangée depuis, au réveillon en famille, à la dinde de Noël, aux blagues salaces du tonton bourré, à papy qui s'endort dans son assiette, aux mégots qui nagent dans les coupes de glace fondue et à la corvée des vœux de Nouvel An. Rien que pour ça, on en connaît qui franchiraient bien le pas d'aller marcher dans la grotte. À condition de le faire du pied gauche : il paraît que ça porte bonheur !

Philippe GAVILLET de PENEY

Philippe Gavillet de Peney

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