« Le changement est d'abord un état d'esprit » disait feu Jacques Chirac. Certes, mais pour changer il faut aussi modifier le réel et c’est ce que vise le chantier du parc urbain qui portera le nom de l’ancien Président de la République.
« Avec le parc Jacques-Chirac, la Ville engage une transformation majeure de ce secteur stratégique du sud de Nîmes. Ce projet qui me tient particulièrement à cœur incarne notre volonté d'offrir aux habitants un grand parc urbain, accessible, apaisant et respectueux de l'environnement, tout en préservant l'histoire et l'identité de ce site remarquable » explique Jean-Paul Fournier maire de Nîmes.
Situé sur les anciennes emprises de la pépinière Pichon, ce projet de parc doit servir à « fertiliser » la ville, dans le sens cultural et culturel. La première intention ? C’est de relier la ville à son territoire et d’en donner l’accès par une voie douce urbaine et paysagère reliant la ville au paysage du Gard jusqu’à la mer, une sorte de via Nemausa.
Ce parcours sera ainsi jalonné d’ombrières offrant des lieux de repos et de convivialité, animé par ses échoppes qui devraient marquer les accès au parc. Vous l’avez compris, le parc est situé entre la gare et le rond-point Tour de l'Évêque, entre les quartiers des Marronniers, Route d'Arles/Beausoleil, et la Cité des Espagnols, bordé par la rue des Quatrefages et la rue de Varsovie.
Le parc se découvrira à travers une voie centrale ponctuée de séquences paysagères variées : Jardins des Halles installés dans deux anciennes serres restaurées, jardins de pluie et de brume, jardins d'Asie et d'Amérique du Nord, clairières, prairies ouvertes et zones boisées. Au total, trois kilomètres de cheminements doux assureront une circulation fluide et sécurisée des piétons et des cyclistes à l'intérieur du parc.
Le parc d’une dizaine d’hectares s’étend sur un terrain d’un peu moins de 14 hectares et se compose de deux parties distinctes, une au nord, l’autre au sud. La partie nord proposera une immersion dans les paysages du Gard en reprenant le tracé singulier des anciennes pépinières dans lequel on retrouve des espaces de convivialité et une grande aire de jeu symbolisée par le crocodile.
La zone sud, taille dans la masse le boisement existant mais abritera une certaine biodiversité tout en mettant en scène le Vistre et ses écosystèmes. Dans les sous-bois, de multiples cheminements feront découvrir aux visiteurs des activités multiples de sport et des loisirs ludiques et pédagogiques. « Le parc Jacques-Chirac offrira un nouveau poumon vert au cœur de la ville, un lieu de promenade, de détente et de loisirs pour tous les Nîmois. Il permettra également de rendre hommage à ce grand président de la République que fut Jacques Chirac » explique Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes.
Le visiteur y verra donc des prairies ouvertes, des zones boisées, des aires de détente et de jeux et des sentiers piétons et cyclables.
Dans un secteur urbanisé, cette diagonale verte est vue d’un bon œil. « J’ai compris qu’ils font une sorte de promenade le long du Vistre. Au début, il est sous nos pieds, mais une fois le périph passé, on pourra le longer. Au début la balade sera très ordonnée et laissera la place, peu à peu, à une nature plus dense et sauvage » laisse échapper un client d’un bistro du coin.
Contre 19 millions d’euros, la Ville proposera bientôt une belle balade de plus aux visiteurs mais aussi aux riverains. Marie est heureuse de ces travaux qui embelliront son quartier mais elle en redoute l’effet de mode. « J’habite ici depuis 30 ans, et je n’en pouvais plus de voir ce magnifique endroit tomber en décrépitude. J’ai entendu de belles histoires sur les pépinières Pichon, sur le Vistre… Je vois que ça avance et je suis contente même si j’ai peur de la fréquentation ! Avant, on avait des squatteurs et de dealers, mais c’était malgré tout calme et nous n’avions pas de problèmes. Bientôt, avec les familles, les jeunes, et les touristes, on ne sait pas ce que va devenir cet endroit paisible pour l’instant même si la ville est à dix minutes et que le périph traverse le site ! »
Le projet est dans les cartons depuis des lustres mais sur la table depuis dix ans. L’enquête publique et la concertation publique ont montré un fort intérêt des Nîmois pour ce projet. Bien que le scénario initial ait été largement accepté, des désaccords ont émergé, notamment concernant le programme de constructions prévu en bordure de la rue Quatrefages.
Suite à ces retours, le maire et les élus ont décidé d’abandonner ce programme en décembre 2018. Malgré les remarques reçues, la Ville maintient son projet d'installer un petit équipement hôtelier et un restaurant/salon de thé dans la partie nord du futur parc, en rénovant l’ancienne maison de Maurice Pichon. Cette initiative vise à accroître l’attractivité du parc et à répondre aux attentes des usagers.
Aujourd’hui, c’est sur plus de 1,5 kilomètre de long, le parc Jacques-Chirac s'imposera comme un véritable maillon structurant de la diagonale verte, prolongeant la continuité paysagère et écologique entre le Bois des Espeisses, les Jardins de la Fontaine et les allées Feuchères, complété au nord par les Terres de Rouvières.
Marronniers, platanes centenaires, cèdres, pins parasols, orangers des Osages ou encore bambous géants composent un paysage singulier, parfois comparable à un arboretum en cœur de ville.
Le projet fait le choix d'une intervention respectueuse de l'existant : les 178 arbres morts, dangereux ou trop densément implantés sont retirés, tandis que 1 651 arbres seront plantés, accompagnés de près de 14 000 arbustes et végétaux, de 17 000 m2 de prairies semées et de 860 jeunes arbres. Un plan de gestion assurera la préservation durable de ce refuge de biodiversité, qui accueille déjà 24 espèces d'oiseaux, un chiffre exceptionnel pour un parc urbain.
Le projet met également en valeur les arbres issus des invendus de la pépinière et opère une sélection attentive des sujets de la canopée afin qu'ils retrouvent une silhouette équilibrée et deviennent des arbres de première grandeur. Un soin particulier est apporté aux arbres existants (rééquilibrage, soins, suivi sanitaire) dans le cadre d'un suivi écologique strict.
Les bâtiments historiques des anciennes pépinières sont eux aussi conservés et valorisés. L'ancienne station de pompage est entièrement réhabilitée pour devenir la « Vigie » du parc, élément structurant et point haut offrant une vue d'ensemble. Elle accueillera des locaux techniques, des sanitaires ainsi qu'une terrasse supportant une aire de jeux en hauteur, reliée au sol par de grands toboggans.
Deux autres bâtisses seront également conservées. Le mas des ouvriers, à proximité de la future entrée rue des Quatrefages et le mas Pichon, bâtiment en « L » situé au nord, auquel s'adossera le parvis d'entrée du boulevard Natoire.
Pour préserver la continuité verte du parc, le boulevard Allende sera quant à lui rehaussé d'environ 80 cm à l'endroit de son croisement avec le cheminement central. La traversée piétonne et cyclable s'effectuera via un passage lumineux sécurisé, habillé d'une pergola végétale. La voirie sera reprise sur 400 mètres afin d'assurer une pente douce et imperceptible pour les véhicules, avec une neutralisation temporaire d'une voie pendant la durée du chantier. Les travaux devraient débuter en mai.
Par sa conception et sa réalisation, le projet mobilise des compétences pluridisciplinaires : paysage, architecture, conception lumière, botanique, hydraulique, jeux et équipements sportifs, génie civil et sécurité.
Alors, la dernière question sur le sujet sera de savoir si le nom prévu pour ce nouvel équipement portera toujours celui de l’ancien Président… Une fois les élections municipales passées et actées !