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Publié il y a 2 ans - Mise à jour le 09.01.2020 - marie-meunier - 3 min  - vu 287 fois

ALÈS/BAGNOLS-SUR-CÈZE Les manifestants maintiennent la pression

Ce mouvement social a débuté le 5 décembre 2019.
Le cortège de manifestants a relié le monuments aux morts à La Poste, à Bagnols-sur-Cèze, ce jeudi matin. (photo Marie Meunier / Objectif Gard)

"La retraite à points, on n'en veut pas ! Refiler le bébé à nos enfants, on n'en veut pas !" Les slogans contre la réforme des retraites étaient à nouveau scandés par les manifestants ce jeudi 9 janvier. Deux mobilisations ont eu lieu à Bagnols-sur-Cèze et à Alès dans la matinée.

"S'ils veulent (le Gouvernement) négocier, nous sommes prêts [...] mais on ne lâchera rien", martèle au micro, Patrick Lescure, secrétaire général de l'union locale de la CGT du Gard rhodanien. Ce jeudi 9 janvier, la CGT, FO, FSU, SNES, CFE-CGC, Sud Solidaires, etc. étaient présents pour une nouvelle mobilisation à Bagnols-sur-Cèze. Selon les syndicats, 565 personnes composaient le cortège. La police chiffre entre 300 et 400.

Tous les manifestants veulent une chose : le retrait pur et simple de la réforme des retraites. "On ne nous a pas dit ce qui était mauvais dans l'ancien système", reproche Patrick Lescure, qui poursuit : "On relève des manquements dans le nouveau système notamment pour les femmes. Dans le privé, seules les 25 meilleures années étaient prises en compte pour établir le montant de la retraite, là ce sera calculé sur l'ensemble de la carrière. Des carrières souvent hachées par des temps partiels, des grossesses... Elles pourraient toucher 25 % de moins." Désireux d'installer un dialogue, qui n'est pour l'instant qu'à sens unique, Patrick Lescure a promis "une action forte" la semaine prochaine.

"Moi, je vais perdre 100 000 € avec la réforme"

Plusieurs enseignants syndiqués au SNES étaient présents ce jeudi matin. (photo Marie Meunier / Objectif Gard)

Guilhem, professeur de philosophie au lycée Einstein, depuis dix ans, syndiqué au SNES, était aussi gréviste ce jeudi matin. A 7 h 30, il était déjà devant le portail de son établissement pour parler de la question des retraites. "Moi, je vais perdre 100 000 € avec la réforme. Moins 500 € tous les mois, si je vis 15 ans encore, le calcul est vite fait."

Louise Moulas, secrétaire de l'union locale FO, infirmière à la retraite, s'inquiète de la suite si cette réforme passe. "Si on lâche sur cet acquis-là, lesquels de nos droits seront attaqués ensuite ?" Pas dit qu'il faille attendre l'âge pivot pour savoir.

À Alès, les manifestants sont partis de la sous-préfecture pour défiler en ville. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

À Alès, comme à chaque manifestation, les citoyens sont venus en nombre, ce jeudi matin, protester contre la réforme des retraites voulue par le Gouvernement. Dès 10 heures, la foule s’est amassée devant la sous-préfecture autour du camion de la CGT dont les enceintes ont craché, quelques minutes plus tard, les discours des différents syndicats.

C’est la jeunesse qui s’est exprimée la première à travers la voix d’une étudiante prénommée Clara. Elle donne immédiatement le ton : « On ne risque pas d’abandonner. On sera là jusqu’au bout pour combattre ce système qui nous prive d’un avenir ! »

Les cheminots toujours présents. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Et ce n’est pas Alain Perrod, pour la FSU, qui la contredit quelques instants plus tard : « Il vaut mieux quelques semaines de galère qu’une vie de misère », lance-t-il. « Cette réforme n’est pas bonne, poursuit-il, le recul de l’âge de la retraite contribue à accroître le chômage. Les ouvriers et les travailleurs précaires ne pourront pas profiter de cette période de liberté. Dire qu’il faut travailler plus parce qu’on vit plus longtemps est une entourloupe ! […] La retraite est le ciment de notre société, il faut donc gagner le retrait du projet et maintenir la pression ! »

Même message de Martine Sagit (CGT) qui scande que « Macron et ses ministres nous manipulent » et qu’ils « dévalorisent sans cesse nos compétences. » Devant ce projet « destructeur de tous les acquis sociaux », elle réclame haut et fort le rejet pur et simple de la réforme. Le cortège, aujourd’hui rejoint par les avocats, s’est ensuite élancé bruyamment dans les rues du centre-ville. Ils étaient plusieurs milliers de personnes, près de 4 000 selon les policiers. Un chiffre qui est monté à 10 000 selon certains manifestants.

Marie Meunier (à Bagnols) et Élodie Boschet (à Alès)

Marie Meunier

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