Des arènes jusqu’à la Maison Carrée, les rues continuent de dégueuler du monde comme les vomitoires des arènes après la corrida. Dans les rues du centre-ville, Fresque ou de l’Étoile, les bodegas balancent des classiques que tout le monde connaît par cœur.
Troisième acte
Sous une chaleur lourde et estivale, la feria de Pentecôte, lancée jeudi par la Pégoulade, continue de bercer Nîmes. Hier soir, après deux premières soirées déjà bien intenses, le centre-ville replongeait dans son tourbillon de musique, de taureaux et de bodegas blindées, avalant des dizaines de milliers de personnes jusque tard dans la nuit.
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Dès la matinée de samedi, les allées de l’Esplanade baignent dans les odeurs de cuir, de gardianne et de poussière encore chaude. Au Carré d’Art, les études de Rudy Ricciotti tournent autour de l’affiche des ferias 2026. De l’autre côté des arènes, avenue Feuchères, les grandes poêles du concours national de paëlla crépitent dans des odeurs de safran, de riz, de coquillages et de crustacés.
Puis les rues commencent à s’éveiller. Sur le « Jean-Jo », les premières palmas couvrent peu à peu le bruit de la circulation. Robes andalouses, éventails, verres de sangria et concerts accompagnent la montée de la soirée jusqu'en haut de l’avenue où les peñas et les DJ sets attirent les plus jeunes.
À 13 heures puis à 20 heures, les abrivados des manades Conti puis du Gardon traversent l’avenue Jean-Jaurès, noire du monde attiré par le village sévillan. Public collé aux barrières, attrapaïres, cris et mouvements de foule à chaque traversée. Ça se passe comme ça par chez nous !
À quelques pas de là, dans les Jardins de la Fontaine, un peu plus à l’ombre, les traditions camarguaises prennent le relais, becerradas, chevaux andalous et démonstrations de doma vaquera. En début de soirée, une cinquantaine de militants anticorrida se rassemblent devant les arènes afin de dénoncer « une torture animale » et critiquer la présence de mineurs dans les gradins des corridas.
À La Placette, Tino Flamenco fait reprendre les classiques gipsy à une foule qui a investi le terre-plein central... et les comptoirs. Les nappes rouges des grandes tablées improvisées accueillent des paellas commandées par les gourmands. Sur l’avenue Jean-Jaurès, Niña del Fuego enchaîne les reprises andalouses à la tombée du jour. place Jules-Guesde, l’orchestre Cocktail de Nuit garde le rythme jusqu’au bout de la nuit.
Des arènes jusqu’à la Maison Carrée, les rues continuent de dégueuler du monde comme les vomitoires des arènes après la corrida. Dans les rues du centre-ville, Fresque ou de l’Étoile, les bodegas balancent des classiques que tout le monde connaît par cœur. Sous la chaleur et les odeurs de grillades, l’Écusson déborde de jeunes fêtards qui remontent les rues bondées en vacillant, pendant que d’autres réussissent à se frayer un passage en faisant la chenille. À Nîmes, ce troisième acte de la feria se pose en apothéose.
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