On se retrouve donc en 2025, les voisins et leurs proches ont le même âge qu’ils avaient en 1958, mais ils ont bien changé. Cette confrontation entre valeurs anciennes et réalités modernes sert de moteur narratif et humoristique. Vinciane Millereau pose ici l’évolution moderne que notre pays a connu en 67 ans. Les mutations technologiques, l’évolution des mentalités, et surtout la place des femmes.
Le pitch
Dans une petite bourgade française, Hélène (Elsa Zylberstein), Michel (Didier Bourdon) et leurs deux enfants coulent des jours heureux dans les années 50. Soudainement propulsés en 2025, le couple découvre un monde radicalement différent. Pour Hélène, longtemps restée dans l’ombre de son mari, c’est une libération. Pour Michel, habitué aux privilèges masculins, c’est un bouleversement. Entre vent nouveau et parfum d’antan, leur voyage dans le temps promet d’être mouvementé.
Le couple en question
C’était mieux demain, un saut dans le temps à la manière de retour vers le futur, interroge sur la place du couple et des femmes dans la société. Dès l’écriture, l’idée était claire. « Je voulais écrire un film sur les rapports hommes-femmes, léger, mais explorant des sujets de fond » explique Vinciane Millereau. Ainsi le voyage dans le temps s’est imposé comme un prétexte idéal, inspiré par les films qui ont marqué son enfance. Son compagnon et coscénariste a alors suggéré un voyage dans le temps afin de montrer l’évolution des mœurs.
Au centre de cette histoire, une machine à laver. « Ma grand-mère m’avait dit que c’était ce qui avait changé sa vie » raconte la réalisatrice. L’électroménager devient ainsi un symbole des bouleversements sociaux et technologiques qui transforment la vie des femmes dans la seconde moitié du XXe siècle.
Elsa Zylberstein sublime, qui incarne l’héroïne, raconte son approche du rôle. « À la lecture, je me suis dit que c’était tellement bien écrit ! Ce portrait de femme appartient à son époque, aux années 50, avec une sorte de frustration, de choses pas accomplies. Elle rêve qu’il lui arrive quelque chose qui ferait basculer sa vie. » Cette bascule, c’est à la fois l’arrivée de la machine à laver et le saut temporel en 2025. Au départ effrayé, son personnage finit par s’épanouir. « Elle devient la femme qu’elle doit devenir » résume l’actrice.
Manifeste ?
Mais le film n’est pas un manifeste. « Je ne voulais pas faire un film féministe parce que ce terme est galvaudé. À partir du moment où on est femme, on est féministe. Mais évidemment, en 1958, une femme n’avait ni carte bancaire, ni carnet de chèques, ni même le permis de conduire. Quand elle arrive en 2025, elle découvre une liberté folle » souligne Vinciane Millereau.
L’intérêt du scénario repose aussi et surtout sur le couple. « Ce n’est pas qu’un film sur la femme, c’est un vrai duo » insiste l’équipe. Michel, le mari, se retrouve lui aussi bousculé. « Les personnages ont chacun un chemin. On a tous des soucis avec nos enfants. Quand on entend notre fille nous annoncer son mariage, ça nous oblige à évoluer » raconte Didier Bourdon.
Pourquoi 1958 ? « J’adore cette période, les costumes, l’architecture, la coiffure. C’était aussi un moment charnière juste avant la Ve République » confie Vinciane. Mais loin d’idéaliser le passé, le film assume son titre paradoxal. « Ce n’était pas mieux avant. Il y avait des choses très bien, et des choses pas bien. C’est la force du film, il n’y a pas de jugement », insiste la réalisatrice.
Au final, C’était mieux demain parle d’amour, de transmission et de transformation. « Ce couple, ce sont deux naïfs, des gens simples et gentils. Ils découvrent 2025, ils se découvrent eux-mêmes, et ils reviennent dans leur époque riches de tout cela. Ils seront avant-gardistes » conclut la réalisatrice.
Un film qui promet d’animer les soirées en famille.