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Publié il y a 6 ans - Mise à jour le 03.02.2016 - anthony-maurin - 4 min  - vu 660 fois

NÎMES Les vacataires de la Mairie délaissés et désabusés

"Tout va s'envenimer parce qu'on parle à un mur, on va droit au clash" avouent les vacataires en colère. (Photo : Objectif Gard)

Dans les Services éducatifs des musées et à la Direction des Affaires culturelles de la Mairie de Nîmes, la situation est préoccupante. La consternation s'est abattue sur les agents en situation de précarité qui sont liés à ces services quand ils ont appris que 100 équivalents temps plein allaient être remerciés.

"Cela fait 20 ans que je suis en CDD de 3 mois... C'est normal?" évoque une vacataire de la Mairie de Nîmes. "Moi, ça fait 15 ans..." affirme une autre voix. Et moi, et moi, et moi! Assez improbable mais pourtant véridique à en croire les dires des personnes réunies autour de la table.

Car les soucis sont nombreux. "Nous avons appris le 21 décembre dernier, de manière orale, que nos engagements ne seraient pas renouvelés. En période de fête, c'est très dur d'attendre une lettre de rupture... Finalement, la lettre n'est jamais arrivée mais elle nous a gâchés la fin de l'année et tous les jours depuis ce 21 décembre. Nous sommes actuellement dans l'illégalité de travailler et pourtant, nous travaillons. Nous n'avons aucun cadre officiel" brosse un vacataire.

Antagonisme politique

Même si le nombre d'heures travaillées a lourdement chuté depuis le début de l'année (certains vacataires sont passés de 42h travaillées en janvier 2015 à 9h en janvier 2016), les musées de la Ville de Nîmes collaborent entre autre avec l’Éducation Nationale pour une accessibilité à la culture digne des labels de Ville d'art et d'Histoire et de Musées de France que met pourtant en valeur la cité des Antonin.

"La politique est claire et les Directions sont au courant, on doit économiser. Pour cela, nous enlevons 30% sur le temps des vacataires, sur les heures supplémentaires, sur les récupérations... On doit se mettre en ordre de marche. Les contrats devaient s'arrêter au 31 décembre 2015 mais le 29 décembre 2015, l’État a sorti un nouveau décret qui refonde la politique des agents non titulaires alors, nous sommes en train de l'étudier" évoque la Mairie de Nîmes.

La culture pour tous grâce à des actions éducatives et citoyennes, voilà un axe politique prôné par la Ville de Nîmes qui devrait s'amenuiser dans les mois à venir. "La Mairie ne veut rien entendre, elle ne nous écoute pas. Seules deux personnes, le Directeur de Cabinet et le Directeur Général des Services, gouvernent la Ville... Les élus en charge de ces dossiers ne savent même plus quoi nous dire mais ils comprennent notre désarroi!" avouent les vacataires oubliés.

"Si nous continuons le travail malgré ces conditions, c'est que nous aimons ce que nous faisons, nous sommes compétents et nous avons une conscience professionnelle mais nous ne sommes pas interchangeables car nous avons chacun des spécificités liées à nos postes respectifs" assure une énième voix lassée par ce manque d'humanisme.

"Tous les agents sont sous contrat depuis le 11 janvier dernier mais les lettres ne sont peut-être pas encore arrivées! Leur Direction s'est certainement mal exprimée mais il n'y aura pas de réponse globale de la Mairie sur le sujet. Il faut tout étudier au cas par cas. Les contrats et leurs historiques sont très différents..." répond la municipalité. Avec environ 2800 agents, le but est de faire baisser la masse salariale et donc, de probablement supprimer quelques postes de vacataires, de ne pas remplacer les départs à la retraite..."Mais pour l'instant, il ne faut pas s'inquiéter de ce qui n'est pas encore réorganisé!" poursuit la Ville de Nîmes.

"A l'heure de la présentation du dossier de la ville à l'UNESCO, il faut bien comprendre que la politique culturelle est à un tournant de sa vie. On ne comprend plus les choix culturels et éducatifs qui sont appliqués" poursuit l'intersyndicale surprise par le nombre important de personnes. Hier soir, Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes, était d'ailleurs à Albi dans le cadre du dossier UNESCO.

Le musée de la Romanité, cause du problème?

"Est-ce à cause du coût du musée de la Romanité? Peut-être car il est en train de sucer toutes les finances... On se demande si la suppression du personnel ne va pas dans le sens d'une privatisation de la culture à Nîmes! En tout cas, si ces situations se déroulaient dans le privé, la direction de l'entreprise serait mal! Nos droits sont bafoués". Si personne n'est encore délogé de ces postes de médiateurs et d'animateurs, c'est peut-être en rapport avec ce nouveau décret, ou avec les choix de la Direction des Ressources Humaines. "D'ailleurs, le nouveau bâtiment de la Place de la Salamandre, que vient d'acquérir la Mairie, a dû coûter cher... La DRH y est installée et nous, on nous dit qu'il faut faire des économies..." lâche un membre de l'intersyndicale qui évoque le silence de la DRH depuis plus d'un mois.

"En effet, le  bâtiment a bien été racheté par la Mairie. Par contre, ce qu'il faut comprendre, c'est que la DRH était auparavant au Colisée (Nîmes Métropole) mais il nos faut démutualiser quelques services. Pour acheter cet immeuble, l'ancien bâtiment de la rue Dorée a été vendu et ce nouvel achat aura dans ses murs la DRH mais aussi d'autres services de la commune!" conclut la Mairie de Nîmes.

"Nous perdons 50% de notre capacité d'accueil, ça fait beaucoup de prestations en moins... Nous devrions faire pareil avec deux fois moins de moyens? Impossible!" concluent les vacataires en colère.

Anthony Maurin

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