Après bien des "vicissitudes" que le sénateur-maire de Nîmes a converti en autant de "recours abusifs déposés par une poignée d'opposants à un projet pourtant d'intérêt général", le vaste chantier d'aménagement du Carrefour du Paratonnerre, à hauteur du bois des Espeisses sur la RN. 106, a été lancé ce vendredi en tout début d'après-midi. Motivés en tout premier lieu par la dangerosité de l'actuelle intersection entre la route nationale conduisant de Nîmes à Alès et les chemins de la Cigale et du Paratonnerre, qui s'étirent de part et d'autre (27 personnes accidentées dont une, hélas, décédée entre 2001 et 2011), ces travaux inscrits dans le contrat de plan Etat-Region 2000-2006, vont durer vingt-cinq mois. Soit une mise en service prévue pour l'été 2015. "C'est là le résultat de la pugnacité des élus locaux, mais aussi de la patience des riverains et pour certains d'entre eux de leur ardent soutien", a commenté Jean-Paul Fournier, pas franchement mécontent d'être (enfin) parvenu au bout "d'un chemin semé d'embûches"pour utiliser sa propre expression.
Avec une déclaration d'utilité publique prononcée en mars 2008, ce dossier d'aménagement routier prioritaire est allé de tribunal administratif en cour d'appel, avant que n'intervienne, en janvier 2011, la validation définitive. D'un coût de 9,5 M€ pris en charge par la commune de Nîmes pour environ 5,2 M€, par l'Etat pour quelque 3,2 M€ et, enfin, par le conseil régional LR à hauteur de 1,1 M€, ce chantier routier qui se déploiera pendant plus de deux ans sans interruption de la circulation automobile (environ 30 000 véhicules/jour) se déroulera en trois grandes phases : les travaux d'aménagement de part et d'autre de la RN. 106, prévus pour durer 9 mois (intégration paysagère, création de pistes cyclables et de larges trottoirs, plantation d'essences des Garrigues, amélioration des accès au Bois des Espeisses, création de places de parkings supplémentaires...); basculement de la circulation sur les voies latérales et construction de l'ouvrage d'art central (8 mois) et, enfin, nouveau basculement du trafic sur les voies centrales (8 mois) pour les travaux de finition de l'ensemble. L'ouvrage d'art qui enjambera la RN. 106 fera 22 mètres de longueur et 5,20 mètres de hauteur, autorisant ainsi le passage des 4 à 5 convois exceptionnels qui empruntent annuellement cette route nationale.
A noter le soin apporté à l'intégration paysagère de cette "Porte nord" de la ville de Nîmes, qui offrira pour les usagers empruntant le futur pont, une vue exceptionnelle sur la Tour Magne.