Finalement à Nîmes, les voix se répartissent ainsi : Sanchez (30,39 % pour 14 414 voix), Bouget (30,05 % pour 14 251 voix), Proust (19,55 % pour 9 270 voix), Plantier (15,55 % pour 7 376 voix) et Dupretz (4,46 % pour 2114 voix). Retour en arrière sur un scrutin atypique qui n’a réuni que 51,05 % des électeurs nîmois.
La journée a été longuette. Candidats et équipes sont encore dans le flux des rêves et des déceptions. Un travail de longue haleine qui va s'arrêter net. Trop net. « C’est dur… On s’investit beaucoup et du jour au lendemain une aventure humaine s’arrête pour de raison que l’on ne connaît pas toujours » glisse un soutien de Julien Plantier et Valérie Rouverand.
Le couperet est tombé. Certains se doutaient de ces chiffres, d’autres tombent des nues. « Je pensais que nous allions faire plus de 15 % alors là… je suis très déçue ! » lâche une sympathisante de la liste LFI menée par Pascal Dupretz. « On a dû rater quelque chose dans notre programme ou dans la manière de présenter nos idées. »
Première centaine en Mairie de Nîmes et premiers frémissements dans la solennité de l'exercice. Autour de la table, le silence règne quand le dépouillement de la première urne commence. Les regards sont incertains, tout comme les résultats à venir.
La liste de Vincent Bouget prend 38 voix, celle de Julien Sanchez 25, celle de Franck Proust 19, celle du duo Plantier-Rouverand 13 et Pascal Dupretz 5. « C’est juste une première centaine ! On ne s’emballe pas ! Dans d’autres bureaux, le RN doit être devant… »
Une autre centaine rebat les cartes et l’intérêt du dépouillement du scrutin. Plantier passe à 25, Duprez à 10, Sanchez à 21, Proust à 13, Bouget à 29 et un nul et un blanc s’ajoutent à la liste. Mais ce n’est qu’une centaine parmi des milliers !
Dans d'autres secteurs comme sur le canton un, fief historique du maire Jean-Paul Fournier et réserve des voix de la droite et du centre, les premières déceptions arrivent notamment pour le clan Proust. Les centaines défilent mais la tendance ne bouge pas. Lorsque Fournier fleurtait avec les 50% il y a six ans sur les deux bureaux de vote de l'école Jaurès par exemple, son poulain Proust peine à dépasser les 20%, au coude à coude avec l'autre candidat de la droite et du centre. La soirée s'annonce difficile pour les proches de Proust dont le résultat sur la totalité de la soirée et des bureaux de vote stagnent à 19,55% alors que Jean Paul Fournier réalisait lors des dernières municipales plus de 34% au premier tour. La division des deux listes de droite et du centre meurtrière fait penser aux élections de 1995. Reste à savoir comment va se dérouler l'entre deux tours de ces élections 2026.
Pour une curieuse qui vient aux nouvelles, la surprise vient d’ailleurs. Pas des bons scores des uns ou des mauvais d’autres, non. « Moi ? Je suis étonnée de voir peu de votes blancs ou nuls. En y regardant bien, ça veut dire quoi ? Les cinq listes étaient représentatives ? Mais alors pourquoi aussi peu de participation ? Je ne comprends vraiment plus la politique et les électeurs ! »
Au premier étage, dans la salle du Conseil municipal, les journalistes sont déjà là, les yeux rivés sur les écrans. D’anciens politiques ou des proches d’actuels viennent assurer le service après-vente. Ils viennent aussi pour s’aérer mais pas toujours pour rigoler.
Ces chiffres donnent le sourire à la Gauche et confirment une bonne campagne. « J’ai pris une sacrée baffe ! La Mairie va redevenir communiste ? J’ai honte ! » Derrière, ça blague, ça chambre gentiment. « Je me demande pourquoi ils ont peur ! Vincent est communiste, c’est vrai, mais il mène une liste qui a su réunir la Gauche en écartant LFI dont moi-même je me méfie. »
D’autres questions viennent. « Les quartiers ont voté quoi ? Et sur les zones géographiques de la ville, on sait qui a voté quoi ? » Pas facile d’affiner. En tout cas à chaud. « Ok, on se maintient mais se maintient aussi ? »
20h, les premiers vrais résultats tombent et vont dans le sens de la liste de Vincent Bouget qui arrive en tête. Un demi-surprise. Au Prolé, « siège » de la liste Nîmes en commun de Vincent Bouget et Amal Couvreur, à chaque résultat non consolidé la joie s’anime et le soulagement est clair. Moins fébrile qu’ailleurs. Plus serein. Mais la tête encore sur les épaules. « Il va y avoir le second tour et là… On verra ! On en saura plus mardi, je me demande bien qui s’alliera avec qui. Honnêtement, je ne sais pas si j’irai voter si on me refait le coup de 2014 ! »
En attendant le dépôt des listes mardi, les discussions s’animent. La surprise de voir le RN arriver en tête à Nîmes est un choc pour bon nombre de Nîmois qui n’avaient pas vu venir la balle pourtant traçante. « La nuit ne va être agréable pour personne… Comment se réjouir d’être qualifié si on arrive deuxième derrière le RN et avec une Droite éclatée qui va reporter ses voix sur Julien Sanchez ? On va en faire des cauchemars ! »