Les résultats des élections municipales à Arles sont tombés hier à 21h32 sur l’écran géant installée dans la salle des pas perdus de la mairie. Quatre listes sont qualifiées pour le second tour. En tête "Arles au coeur", conduite par le maire sortant Patrick de Carolis obtient 34,09 % des suffrages exprimés. En seconde position, "L’Union pour Arles" menée par le leader de la gauche Nicolas Koukas, fait 25,38 %. Arrivé troisième, avec 16,37 %, le nouveau leader local du RN Rémy Benson conduisait la liste "Fiers d’être Arlésiens". Il se place juste devant Jean-Michel Jalabert (DVD) qui obtient 13,69 % des suffrages exprimés en faveur de la liste "Plus proche d’Arles". Jecilla Regard, loupe de quelque voix la qualification pour le second tour. Sa liste "Arles populaire, digne et solidaire" (LFI et Changeons d'avenir) obtient 9,81 %. Enfin, la dernière liste "Lutte ouvrière", conduite par Anne Testut, fait figuration avec 0,65 %. C’est donc une quadrangulaire qui aura lieu dimanche prochain à Arles pour le second tour, aucun candidat n’ayant l’intention de se désister. D’ailleurs, Nicolas Koukas, comme Patrick de Carolis avaient déclaré, lors de leur meeting de fin de campagne, que leur liste du premier tour serait identique au second, ce qui ne laissait pas trop de place aux compromis.
Patrick de Carolis demande à Jean-Michel Jalabert de se retirer
Les résultats définitifs sont tombés en mairie à 21h30. Un quart d'heure plus tard, Patrick de Carolis, entouré de ses colistiers, prenait la parole en salle d'honneur, face aux journalistes et à ses soutiens. Après avoir remercié les électeurs qui l'ont placé "en première position dans 29 bureaux de vote sur 35", le maire sortant a rapidement redirigé son discours sur la prochaine échéance. "À l’issue de ce premier tour, une évidence s’impose : une très large majorité d’Arlésiens refuse le retour des communistes à la tête de la Ville, a-t-il déclaré. Seul l’éparpillement des voix au 2e tour pourrait le provoquer."
Et le maire sortant de pointer du doigt son ex-premier adjoint. Qualifiant la quatrième position de Jean-Michel Jalabert d'"échec cuisant dans son ambition de devenir maire". Et appelant son ancien allié "à faire preuve de responsabilité en retirant sa liste afin de ne pas servir de tremplin au candidat communiste. Il y a 6 ans, Cyril Juglaret et David Grzyb ont su prendre cette décision dans l’intérêt supérieur d’Arles."
Nicolas Koukas : "Ce soir, Patrick de Carolis n'a plus aucune réserve de voix"
Une demande jugée "surprenante" par Nicolas Koukas. Le candidat de "L'Union pour Arles", comme il l'avait fait lors de son meeting la semaine dernière, a de son côté exclut toute fusion de listes pour le second tour. "Il faut rester logique et continuer à combattre le système de Carolis. Les Arlésiens ont clairement exprimé leur volonté de tourner cette page", a-t-il affirmé. Pour lui, le maire sortant n’a plus aucune marge de manœuvre : "Ce soir, Patrick de Carolis ne dispose plus d'une réserve de voix. Nous oui. Si l’on additionne aujourd’hui les voix de toute la gauche à Arles, nous sommes en tête."
Pour Nicolas Koukas, deux enjeux majeurs se dessinent cette semaine : mobiliser les abstentionnistes (avec un taux de participation de seulement 56 %) et rassembler "le peuple de gauche, mais aussi tous les Arlésiens qui rejettent ce système en place". Tout en saluant les scores de Jean-Michel Jalabert -- "bien au-dessus des 7% du sondage" -- et de Jecilla Regad, Nicolas Koukas a taclé les annonces trop optimistes selon lui de Patrick de Carolis, qui visait "au moins 40 % des suffrages. Le score final est bien en deçà." Et le candidat d'insister : "Une élection se joue jusqu’au bout. Nous avons une semaine pour convaincre, notamment ceux qui ne se sont pas encore exprimés. Contrairement à De Carolis, nous avons encore des réserves de voix."
Jecilla Regad de son côté, en prenant connaissance des résultats définitifs, n'a pas donné de consigne de vote. Elle s'est dite fière "du mouvement impulsé". "Nous, nous n’avons pas fait des promesses aux gens pour avoir une place à la mairie. Nous n’avons pas à baisser la tête, et je vous assure la gauche reviendra dans cette ville", a-t-elle déclaré.
Le RN double son score de 2020
Rémy Benson, agriculteur et candidat tout neuf du Rassemblement National, était plus connu pour son engagement syndical à la FDSEA puis plus récemment à la Coordination rurale que pour son étiquette politique à l’extrême droite de l’échiquier. Avec plus de 16 % des voix, il double presque le score du précédent candidat RN de 2020, Jean-Louis Limonta. C’est d’ailleurs sur les terres de Mas-Thibert, où résidait Jean-Louis Limonta, qu’il passait la soirée électorale entre amis et pouvait se réjouir du bon score de ce premier tour. Une performance d’autant plus remarquable que c’est le dernier à être parti en campagne. "Nous serons là très probablement au second tour. Cela se décidera avec les instances nationales, mais nous voulons localement continuer à défendre les gens qui nous ont fait confiance et qui veulent une rupture avec la politique actuelle. Avec les moyens qu’il a mis, comparés aux nôtres, monsieur de Carolis aurait largement dû être élu dès ce dimanche soir".
Jean-Michel Jalabert : "On nous donnait à 7%"
Un avis en partie partagé par Jean-Michel Jalabert, ex-premier adjoint démissionnaire, qui a réunit ses colistiers à son QG pour élaborer déjà la stratégie d’entre deux tours. "Nous n’avons pas à rougir du score obtenu. Il y a trois mois on donnait notre liste à 7 %, et nous faisons le double, ce qui démontre la qualité de notre liste et de notre projet". Pas question de se retirer donc, comme le demandait Patrick de Carolis pour "faire barrage à l’extrême gauche", dixit le maire.
Jean-Michel Jalabert trouve que "le score du maire candidat démontre qu’une grande partie de la population ne le soutient pas, et je pense qu’il nous faut capitaliser là-dessus. D’autant qu’il y a deux plaintes en cours en douze jours, avec des propos tenus par ses colistiers qui montrent bien ce que ces derniers pensent de lui et de leur équipe. Comment les Arlésiens peuvent-ils vivre avec ce système ? C’est la désunion… C’est pour cela que je suis parti. Les électeurs dimanche prochain feront, je le pense, le choix de porter une véritable équipe qui travaille ensemble et qui soit responsable." Et le candidat de donner d'ores et déjà rendez-vous à son meeting mardi soir à 18h30, à la salle des fêtes.