Publié il y a 3 ans - Mise à jour le 06.12.2020 - tony-duret - 2 min  - vu 8867 fois

AU PALAIS La juge à un dealer : « Prenez un stand sur un marché si vous aimez tant vendre »

Photo d'illustration de La Placette à Nîmes. Photo Anthony Maurin

Le 16 novembre, Mounir et Jérémy ont été arrêtés par des policiers de la brigade anticriminalité (Bac) alors qu’ils vendaient de la drogue dans le quartier de la Placette à Nîmes.

« Oui, j’étais bien présent à la Placette, mais j’ai pas vendu de stups », assure à la barre Jérémy, un nîmois de 24 ans au casier judiciaire vierge. Pourtant, les policiers sont formels et l’ont vu faire de nombreux allers-retours suspects entre la rue et une habitation. Pour ne rien arranger, un consommateur de drogue le décrit comme celui qui lui a vendu sa dose… Si Jérémy nie toute implication dans cette affaire, Mounir, lui, assume tout et disculpe son copain : « Moi, je ne l’ai pas vu vendre ».

Avec onze condamnations sur son casier judiciaire, toutes liées à des affaires de stupéfiants, Mounir, 37 ans, a fait de la drogue un véritable business. « Mais pour un professionnel du stup comme vous, la Placette c’est bof. C’est connu comme endroit », souligne la présidente de l’audience, Marie-Lucie Godard. Elle poursuit : « Et vous en faisiez quoi de cet argent ? ». « Je mangeais avec », répond Mounir. « Vous mangiez bien alors ! », ironise la juge qui a sous les yeux une copie du cahier des comptes que Mounir tenait scrupuleusement. En trois mois, il aurait récolté 11 000€ ! « Et prenez un stand sur un marché si vous aimez tant vendre. Vous avez l’âme du commerce, changez de produit ! », suggère Marie-Lucie Godard. Une reconversion qui pourrait tenter Mounir à en juger par sa nostalgie quand il évoque ses débuts dans le milieu de la drogue : « ça a bien changé par rapport à mon époque dans les années 2000. Aujourd’hui, on n’est pas à l’abri de tomber sur une balle perdue. C’est la société qui veut ça ».

En attendant, la société - représentée par le procureur Adrien Roux - veut surtout que les deux prévenus cessent leur activité. Ce dernier requiert un an de prison entièrement assorti du sursis contre Jérémy et 18 mois ferme contre le plus expérimenté Mounir. Le tribunal tranche : 6 mois avec sursis pour Jérémy et 18 mois avec maintien en détention pour le commerçant de l’année.

Tony Duret

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