Demain, c'est la rentrée. Pour les écoliers. Que retenir de cet été ? Les canicules hors norme qui ont touché le pays. Les terribles incendies dans le Sud-Ouest aussi, qui ont ravagé paysages et habitations. Il faudra des années pour s'en remettre. Avec cette question : dans dix petits mois, le thermomètre pourrait encore exploser. Mais plus localement, peut-être parce que nous sommes habitués aux fortes chaleurs, à la sécheresse et aux incendies meurtriers, ce que nous avons surtout retenu cet été, ce sont les menaces contre le maire de la deuxième ville du Gard. Des inscriptions sur son domicile personnel. Des balles retrouvées dans sa boîte aux lettres. Comme un avertissement adressé à un représentant de la République qui s'agite pour lutter contre le trafic de drogue qui gangrène sa ville. On savait qu'accepter la mission de maire n'était pas une course tranquille. Mais si maintenant il faut diriger avec un calibre sur la tempe ? En France ! C'est encore plus dramatique de voir certains focaliser leur attention sur l'identité des responsables de ces intimidations. La DZ Mafia ou pas ? Qu'est-ce que cela peut avoir comme espèce d'importance ? Ces attaques, d'où qu'elles proviennent, n'ont pas leur place. La montée du narcotrafic n'est plus seulement une inscription chiffrée dans un tableau Excel à la préfecture du Gard ou au ministère de l'Intérieur. C'est désormais une réalité bien tenace. Une réalité suffisamment puissante pour tenter d'intimider ceux qui la combattent. Christophe Rivenq, maire d'Alès, comme n'importe quel autre maire d'une commune plus petite ou plus grande, ne peut pas exercer son mandat dans une situation aussi incertaine. Même en vivant avec des agents de sécurité devant la mairie ou son domicile. Et depuis ? Nous n'avons, à ce stade, aucune nouvelle de l'enquête. Qui a menacé le maire d'Alès ? Pourquoi ? Sur ordre de qui ? Les investigations se poursuivent certainement, mais rien ne filtre aujourd'hui sur leurs avancées. Pendant ce temps, les interventions policières continuent sur les points de deal de la capitale des Cévennes. La lutte contre le trafic se poursuit sur le terrain. Comme avant les menaces. Comme si rien ne s'était passé. Et c'est peut-être cela, finalement, le plus inquiétant. La rentrée est là. Les enfants vont retrouver le chemin de l'école, les parents celui du travail, les élus leurs bureaux. Chacun va reprendre son train-train quotidien. Mais peut-on vraiment s'habituer à ce qu'un maire soit menacé chez lui parce qu'il lutte contre le trafic de drogue ? Jusqu'aux prochaines menaces ? Jusqu'au prochain avertissement ? Ou, pire encore, jusqu'au passage à l'acte ?
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 31.08.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Un calibre sur la tempe
Après les menaces visant le maire d'Alès cet été, la rentrée ne doit pas faire oublier l'essentiel : le narcotrafic a franchi un cap en s'attaquant directement à un élu de la République.
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Abdel Samari