Publié il y a 1 an - Mise à jour le 05.06.2024 - Boris De la Cruz - 3 min  - vu 7306 fois

JUSTICE Le déménageur revient de nuit caresser une adolescente dans sa chambre

L'employé d'une société de déménagement a été condamné à de la prison ferme accompagnée d'un mandat de dépôt à l'audience. 

"Cette affaire est étrange et dérangeante", souligne d'emblée le procureur de la République de Nîmes, Stéphane Bertrand... Et pour cause, le tribunal correctionnel juge pour son dernier dossier ce mardi soir, une "intrusion au domicile d'un particulier" et "corruption de mineur". C'est en écoutant le président de la juridiction, Jérôme Reynes, que l'on comprend pourquoi ce dossier pose autant de questions sur "l'étrange personnalité" d'un homme déjà condamné à plusieurs reprises au pénal. Et d'imaginer aussi la peur effroyable qu'a vécu cette nuit-là une adolescente de 14 ans. 

Nous sommes le 4 décembre 2021 à Bouillargues. Il est 5h45 ce matin-là lorsque les gendarmes sont appelés au domicile d'une famille sans histoire de la commune. Un père de famille explique qu'un homme en fuite vient de passer plus d'une heure dans la chambre de sa fille. Le suspect est parvenu à s'introduire dans cette habitation qu'il connait bien, puisqu'il y a effectué deux mois plus tôt un déménagement. Connaissant les lieux, il s'est introduit sans faire de bruit et s'est dirigé tout droit dans la chambre de l'adolescente.

La jeune fille dort paisiblement lorsqu'elle ressent des caresses sur le bras... Elle pense qu'il s'agit de ses parents, mais rapidement la douceur du cocon familial prend des allures de film d'horreur... Elle constate qu'il y a un homme qu'elle ne reconnaît pas auprès d'elle. "Il lui dit : il ne faut pas avoir peur je suis le déménageur, explique le président Jérôme Reynes en résumant la procédure. Et celà va durer plus d'une heure (...) avec cet homme qui propose de lui faire du bien", "il tient des propos à connotation sexuelle". 

La collégienne entend du bruit dans la maison et en profite pour inventer un stratagème permettant de réveiller, en pleurs, ses parents qui dorment dans une pièce de la villa. Le papa se réveille, prend une matraque et se retrouve nez à nez avec l'individu qui s'enfuit en courant. Avant de fuir, ce curieux personnage a tout de même embarqué la petite culotte de sa victime...

Très rapidement, la thèse du déménageur se confirme. L'intrus est bien celui qui, deux mois plus tôt, a effectué le déménagement de la famille. Le soir des faits, il avait bu avec des collègues, puis avait essayé de joindre un couple qu'il connaît pour un plan sexuel à trois. Son dernier coup de téléphone se situe à 4h, juste avant de se rendre chez l'adolescente. Le couple refuse la proposition sexuelle, alors l'homme se rend chez la collégienne. 

Lorsqu'il sera arrêté, "il aura plusieurs versions et un trou noir sélectif dans cette soirée", estime le président Reynes. "Cette nuit-là, j'ai beaucoup bu, mais je n'ai jamais fait de mal à personne", affirme à la barre du tribunal cet homme de 41 ans. Il comparaît sans avocat et avait été placé sous contrôle judiciaire en décembre 2021 juste après les faits. Concrètement, il n'avait jamais fait une journée de prison depuis ces délits. 

"C'était préparé, ce n'est pas le délire d'une soirée d'ivrogne. Il a un comportement dangereux. Monsieur a un petit look de prédateur sexuel et son expertise psychiatrique se termine par sa dangerosité", estime le procureur qui réclame 3 ans de prison dont une année avec un sursis probatoire. "Savoir que quelqu'un comme monsieur est en liberté, moi ça me fait froid dans le dos", complète le procureur. 

Le prévenu écope bien de trois ans mais la peine est ferme dans sa totalité. De plus, le tribunal ordonne son incarcération immédiate et son inscription au fichier des délinquants sexuel. Avant que la juridiction ne parte délibérer, le mis en cause avait déclaré : "Je m'excuse pour la victime, je suis désolé. Je ne suis pas méchant, mon fils a besoin de moi." Cet ancien déménageur a perdu son emploi et a désormais l'interdiction judiciaire d'avoir une activité bénévole ou professionnelle en contact avec des mineurs. Il est reparti entre trois policiers vers la maison d'arrêt afin de purger sa peine.

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