Publié il y a 1 h - Mise à jour le 25.05.2026 - Boris De la Cruz - 4 min  - vu 1182 fois

NÎMES 1 million en liquide saisi dans son bar-tabac : le patron venait d'être condamné pour fraude fiscale

Info Objectif Gard. Le patron du" Cygne" à Nîmes est en détention provisoire depuis la fin de semaine dernière pour trafic de drogue et blanchiment... Les gendarmes ont retrouvé plus d'1 million d'euros en liquide dans son bar, une affaire qui a défrayé la chronique. Un gérant qui venait d'être condamné pour fraude fiscale. Explications...

Le patron du bar tabac le "Cygne" dans le centre-ville de Nîmes est en détention provisoire depuis jeudi dernier, comme son épouse co-gérante de l'établissement. Une incarcération liée à un récent dossier de trafic de drogue et de blanchiment qui fait l'objet d'une instruction judiciaire... En début de semaine dernière les gendarmes qui enquêtaient depuis des mois sur ce réseau ont découvert plus de 1 million d'euros en liquide dans le bar-tabac, une affaire qui a défrayé la chronique dans la capitale gardoise. Mais si ce dossier ne fait que commercer, avec des investigations qui vont être longues, nous sommes en mesure de vous révéler de nouveaux éléments concernant cet établissement connu de tous les nîmois. 

Le patron du bar-tabac a saisi la Justice il y a quelques mois pour contester un redressement fiscal qui débute en 2020 et qui concerne la période de début 2017 à fin 2019. Le commerçant dénonçait aux juges la méthode employée par le Fisc et reprochait notamment aux Impôts de ne pas être venus effectuer le contrôle dans son établissement. Il rejetait la méthode de reconstitution du chiffre d'affaire du bar. La Justice par un jugement récent rendu le 24 avril 2026, il y a un mois à peine, a rejeté la demande du couple de gérants du Cygne et a ordonné au Ministère de l'économie et des finances ou aux huissiers requis de procéder à la mis en application de cette décision. Le patron du Cygne a donc été sanctionné malgré le recours qu'il avait effectué. Il a bien sur la possibilité de faire appel. Et la décision de première instance donne le tournis sur la manière de gérer ou "de frauder" de ces buralistes. 

La caisse enregistreuse éteinte pendant deux ans !

Dans le détail, il était reproché aux commerçants d'avoir très largement minoré l'argent qui était entré dans les caisses du bar. De plus pour la période incriminée c'est à dire de début 2017 à fin 2018, il n'y a aucune comptabilité ! "Il est impossible d'identifier les produits vendus, la quantité vendue et le prix pratiqué", relève la décison de Justice en notre possession. Au moment du contrôle fiscal la caisse enregistreuse était éteinte et il a été indiqué par les commerçants qu'elle n'avait jamais fonctionnée sur les deux à trois ans qui font l'objet du contrôle fiscal !  " Aucun enregistrement de recettes n'avait été effectué pour la période vérifiée, c'est à dire deux années complètes". "La société ne procède à aucun inventaire physique, ne comptabilise et ne valorise aucun stock à la clôture de chacun des exercices vérifiés", complète le jugement du 24 avril 2026. 

Les impôts ont été obligés de reconstituer le chiffre d'affaire en fonction des prix indiqués sur la carte du bar et avec les factures qui ont été notamment demandées et récupérées auprès des fournisseurs... Car les commerçants concernés n'avaient aucun inventaire bien que la réserve soit constituée d'un stock important, il est noté dans la procédure 600 bouteilles de Wisky et 400 de Téquila au moment d'une vérification des impôts. Et là aussi de grosses anomalies sont constatées par le service fiscal, des irrégularités que le fisc sanctionne en redressant les gérants sur la TVA, mais aussi sur des "minorations de chiffre d'affaire" et sur "l'impôt sur le revenu et les contributions sociales". 

Des employés de café très gros consommateurs de bières

Pour sa défense le cafetier a mis en avant dans sa procédure devant la justice "un taux de 15% de pertes et d'offerts", "correspondant à la prétendue consommation de bières et alcools par le personnel", souligne le tribunal.

Un autre argument bien curieux a été soulevé devant la Justice. En effet en défense le buraliste indique qu'entre 2017 et 2019 les prix ont fondu concernant la vente d'alcool. Dans son établissement la baisse des prix payés par les consommateurs auraient chuté entre 50% à 70% pour les alcools. Les clients devaient être contents mais les impôts ne croient absolument pas à cette baisse colossale appliquée au comptoir ! " Des variations tarifaires à la baisse aussi importantes soint irréalistes et non justifiées par la société", certifie le fisc suivi dans sa logique par le tribunal. 

Un autre argument est soulevé par le patron du "Cygne". Il reproche au service des impôts de ne pas avoir réalisé de contrôle dans son établissement de l'avenue Victor Hugo mais d'avoir du se rendre à l'administration, une méthode qui serait illégale selon lui. Là aussi le tribunal renvoie le buraliste dans les cordes en indiquant sur justificatif des Impôts que 5 contrôles avaient été réalisés au sein même du siège social de l'entreprise. Des propos qui font échos à la descente réalisée par les gendarmes il y une semaine. Il n'est pas certains que le buraliste soit aujourd'hui content de la présence et du contrôle des gendarmes dans son bar-tabac... Les militaires ont saisi plus d'un million d'euros en liquide caché dans des cartons d'alcool et de sirops et des sacs de course. 

En résumé, en plus de la saisir record dans son bar-tabac et de l'enquête judiciaire en cours, le commerçant doit en plus de grosses sommes aux impôts dans le cadre de précédente cette fraude fiscale datant d'il y a quelques années et sanctionnée par la Justice il y a un mois.

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