"Nous refusons de quitter les lieux." Le ton est donné dès les premières minutes de la conférence de presse organisée, lundi 20 juillet, dans les locaux de la Bourse du Travail d'Arles. Une bâtisse de 400 m² convoîtée par le maire Patrick de Carolis. Il souhaite y installer l'Office de tourisme dans le cadre du programme "Action Coeur de Ville". Raison pour laquelle en septembre 2023, il avait décidé de ne pas reconduire la convention d'occupation. Un mauvais prétexte selon l'Union locale CGT qui occupe cet espace depuis 1900, "puisque l'actuel est classé depuis de nombreuses années en catégorie 1, correspondant à l'excellence en termes d'accueil de la clientèle touristique et qu'un office de tourisme ne peut décemment pas intégrer une salle fermée", argumente Nicolas Bourcy, secrétaire général de l'UL CGT d'Arles. "On veut nous invisibiliser, nous affaiblir", accuse-t-il.
Autour de la table ce lundi, les représentants de l'UL CGT d'Arles, de l'Union départementale des Bouches-du-Rhône et du comité régional réaffirment leur position malgré la décision rendue le 9 juillet par le tribunal administratif de Marseille. Le jugement valide la légalité du non-renouvellement de la convention d'occupation et ordonne à l'organisation syndicale de libérer les locaux communaux, sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour applicable deux mois après la notification du jugement. Soit dès le 13 septembre.
"Nous avons décidé de faire appel, indique Nicolas Bourcy. Depuis 1900, c'est une délibération municipale qui nous a donnés ces locaux, elle est toujours valable. Donc au vu de cette délibération, au vu qu'une convention d'occupation est une possibilité et non une obligation, nous ne sommes pas des occupants sans droits ni titres comme il [Patrick de Carolis, NDLR ] l'affirme." L'appel n'étant pas suspensif, l'astreinte pourra toutefois s'appliquer. "La CGT est prête à l'assumer financièrement", assure le secrétaire général de l'UL d'Arles. Et Pascal Galéoté, secrétaire départemental d'ajouter : "Nous [les organisations locale, départementale, régionale et nationale, NDLR] allons organiser la résistance à la fois syndicale, politique. Nous allons activer l'ensemble des leviers qui sont à notre disposition. Aujourd'hui, il y a des projets notamment sur le territoire de Fos mais aussi sur le territoire arlésien et un enjeu aussi en termes de développement d'activité donc l'UL d'Arles doit pouvoir jouer son rôle dans le cadre de l'accompagnement des travailleurs."
"Il n'y aura pas de trêve estivale, on va continuer à se battre"
La proposition de relogement faite par la municipalité, dans l'aile sud du bâtiment, "avec deux bureaux de 11 m²", est jugée insuffisante. "Ça fait 126 ans qu'on a 400 m². Passer de ça à deux bureaux, c'est une provocation et c'est matériellement impossible pour fonctionner, affirme le syndicat. C'est un lieu de rencontre pour les travailleurs qui sont dans le besoin." Et Marc Petrosino, secrétaire départemental de la CGT des Bouches-du-Rhône de poursuivre : "C'est un dossier prioritaire. Il n'y aura pas de trêve estivale, on va continuer à se battre pour que la CGT et cet outil restent à la disposition des travailleurs." Une rencontre avec le préfet des Bouches-du-Rhône est prévue à la fin du mois. "On ne perd pas espoir de pouvoir rester dans ces locaux, abonde Natacha Malet du comité régional CGT. Le seul moment où la CGT a été expulsée [de ses locaux à Arles, NDLR], c'est sous Pétain, c'est sous l'époque fasciste."
En parallèle, la confédération CGT a saisi le ministre du Travail pour demander un moratoire, le temps que la mission ministérielle lancée le 13 juillet sur l'avenir des Bourses du Travail rende ses conclusions. Cette mission fait suite notamment à la situation de Carcassonne, où une autre Bourse du Travail est menacée d'expulsion par le maire Rassemblement national, Christophe Barthès. "Plusieurs dizaines d'Unions locales sont aujourd'hui concernées par des situations similaires, donc le combat est local mais il est aussi national", défend Pascal Galéoté.