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Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 17.10.2022 - boris-de-la-cruz - 2 min  - vu 494 fois

NÎMES Policiers, magistrats, avocats, experts judiciaires : ensemble... contre la réforme

Ce lundi 17 octobre au pied des arènes. Policiers, magistrats et avocats, main dans la main contre la réforme (Photo B.DLC/ Objectif Gard.)

"Sauvons l'investigation", sauvons les enquêtes complexes... C'est ainsi qu'on pourrait résumer la démarche des policiers qui battaient le pavé ce lundi pour obtenir gain de cause, avec le soutien des magistrats et des auxiliaires de justice.

"Partout où elle a été mise en place, elle ne fonctionne pas", se lamente un policier, farouche opposant de la réforme de la police judiciaire voulue par le Gouvernement. Sur le terrain par contre les premiers concernés les "pjistes" ne veulent pas avaler la pilule amère de ce qu'ils appellent la disparition de leur unité d'élite.

"Ce qui est triste dans ce pays c'est que l'on casse les structures qui fonctionnent uniquement pour faire plaisir aux hommes politiques, indique un magistrat qui n'était pas au pied des arènes ce lundi, mais qui soutient totalement le mouvement d'ampleur qui circule dans la police depuis plus de deux mois. Car la réforme, elle est avant tout politique. Les grands élus veulent s'immiscer dans leurs dossiers, et leurs dossiers sont gérés justement par qui ? les policiers de la PJ ! Demain lorsque l'ensemble de la police rendra des comptes aux préfets, dans les cinq minutes les ministères seront au courant du moindre détail contenu dans le dossier d'instruction. C'est la destruction d'une unité qui a largement fait ses preuves au bénéfice de quelques élus qui veulent tout contrôler."

Une manifestation d'ampleur nationale

Une Association nationale de police judiciaire regroupe près de 2 500 policiers de la PJ partout en France. Ce lundi, entre 12h et 14h, des rassemblements ont été organisés dans une vingtaine de villes de l'Hexagone. C'était le cas à Nîmes au pied des arènes où la mise à mort programmée de la PJ ne passe pas, y compris dans la magistrature et auprès des avocats du barreau.

"Le préfet c'est l'exécutif. Ce n'est pas à un préfet à contrôler les enquêtes mais uniquement à l'autorité judiciaire, estime maître Khadidja Aoudia, la future bâtonnier en janvier 2023, présente elle en robe noire, ce midi sur le parvis des arènes. Je suis attachée à la séparation des pouvoirs et à l'État de droit, et pour moi on grignote progressivement les libertés individuelles et on porte atteinte à la séparation des pouvoirs."

"C'est très grave ce qui se présente et peu de gens en ont conscience, ajoute un magistrat expérimenté. On ne pourra plus mettre des enquêteurs pendant des mois sur une même affaire de banditisme, par exemple. Les policiers de la PJ, noyés dans le quotidien de la délinquance avec un directeur départemental, seront utilisés pour les affaires courantes et rapides. Ils pourront faire du chiffre, mais ne seront plus utilisés pour les grandes enquêtes qui demandent du temps."

"La police judiciaire a fait ses preuves dans les affaires financières sensibles et dans les dossiers criminels d'envergure. On ne peut pas pas diluer cette unité dans un service car ils vont perdre en efficacité", poursuit l'expert judiciaire et patron de l'unité de médecine légale au CHU de Nîmes, le docteur Mounir Benslima, lui aussi présent autour des policiers de la PJ et des anciens du service venus soutenir leurs ex-collègues.

Boris De la Cruz

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