Du haut de ses vingt-cinq ans, Alès Agglo n'a jamais été aussi forte. Avec ses 71 communes, elle est la 2ᵉ intercommunalité gardoise et 5ᵉ d'Occitanie en termes d’habitants, et ne cesse de grandir par son influence, comme il en a été question ce mercredi 14 janvier lors de la traditionnelle cérémonie des vœux.
Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin
Pour Christophe Rivenq, président d’Alès Agglo depuis 2020, l’agglomération permet avant tout de "mettre en commun des politiques publiques que les communes seules ne sont pas en capacité de porter", comme la politique de la ville ou le développement économique. Ces dernières sont des compétences obligatoires, auxquelles ont été ajoutées, par choix, et entre autres : le tourisme, l'assainissement, l'entretien des sentiers ruraux et de grande randonnée, les ordures ménagères, la création, l'aménagement et l'entretien des voiries, crèches et équipements culturels et sportifs d’intérêt communautaire.
La coopération interne des 72 maires et 111 délégués communautaires permet ainsi de "coconstruire les projets de territoire, quelles que soient les visions politiques, car l’intérêt général prime", insiste le maire d’Alès depuis mars 2025.
Le transfert de compétences "ne coûte pas plus cher, il coûte mieux"
Cette "solidarité" a permis aux communes impliquées de traverser la période Covid, "que nous payons économiquement et socialement encore aujourd’hui", rappelle Christophe Rivenq. Malgré cela, Christian Teissier, maire de Méjannes-lès-Alès, souligne une "suite de mandat plus positive avec des avancées significatives", comme le HUP, les rénovations du Cratère et des Halles de l'Abbaye et le Plan alimentaire territorial.
Surtout, le transfert de compétences ne coûte pas plus cher, "il coûte mieux". Avec un budget de fonctionnement annuel de 110 millions d’euros, dont seulement 3 proviennent de la taxe foncière, son seul 'impôt ménage', Alès Agglo mise sur l’impôt économique des entreprises pour se financer et financer ses projets. Parmi eux, le plan Alès Aggl’Eau 2030, est estimé et prévu à 200 millions d’euros.
« L’importance de défendre » les collectivités locales, ses élus et fonctionnaires
Gérard Baroni, maire de Les Plans, voit ainsi dans l’intercommunalité "un moteur", et non "une machine qui ne fonctionne pas", comme certains le perçoivent depuis l'extérieur. Des petites communes comme Servas et Laval-Pradel, ou d'autres plus importantes comme La Grand'Combe et Saint-Christol-lez-Alès, bénéficient aussi du "professionnalisme" et de l’"accompagnement des services spécialisés". Lionel André, maire de Thoiras-Corbès ne regrette en tout cas pas d'avoir embarqué dans ce "joli train plein de wagons à prendre", un an après son élection, en 2002.
Bien qu'une dizaine de maires de l'Agglo s’arrêtent en mars, l’élan reste intact, car la "fraternité", la "coopération", la "solidarité", la "convivialité" et la "complémentarité" règnent entre maires et conseillers communautaires, tous unis pour "servir la population". Pour l'année à venir et les suivantes, le président du conseil communautaire espère alors "faire du Sud ingénieux une référence nationale".
Un serrage de coudes d'autant plus important devant les défis affrontés, certains locaux, d'autres nationaux. Il y a alors une "importance à défendre les collectivités locales", martèle Christophe Rivenq, s’adressant directement au sénateur Laurent Burgoa et député Pierre Meurin au premier rang. Le maire-président dénonce notamment la loi de finances en discussion, qui prévoit de reprendre 4 à 6 milliards aux collectivités. "Les efforts demandés ne pourront pas durer bien longtemps", alerte-t-il, alors que les collectivités sont trop souvent pointées du doigt par les institutions parisiennes et gouvernementales.
Étaient aussi présents, entre autres :
Pierre Meurin, député de la 4ᵉ circonscription du Gard ; Laurent Burgoa, sénateur du Gard ; Françoise Laurent-Perrigot, présidente du Département, Patrick Malavieille, maire honoraire de La Grand'Combe, vice-président du département et ancien député ; Simon Lanes, président du Tribunal judiciaire d’Alès ; Abdelkrim Grini, procureur de la République d’Alès ; Ludovic Dumas, commandant divisionnaire de la police nationale à Alès et Saint-Christol-lez-Alès ; Sébastien Ferra, président de la DDTM du Gard ; Colonel Mazel, chef de la délégation militaire départementale ; Gabriel Dugas, commandant de la gendarmerie d’Alès ; Nicolas Ventosa, chef du Centre de Secours Principal d’Alès.