Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.08.2026 - AS - 3 min  - vu 47 fois

ARLES Végétalisation : l’opposition dénonce un plan tardif et trop limité

Arles
@gettysignature

La municipalité veut planter 300 arbres par an et réaménager plusieurs espaces publics pour mieux adapter Arles aux fortes chaleurs. L’Union pour Arles et Jean-Michel Jalabert reconnaissent la nécessité d’agir, mais reprochent au maire Patrick de Carolis de ne pas présenter une véritable stratégie climatique.

L’annonce d’un grand plan de végétalisation par Patrick de Carolis n’a pas convaincu ses opposants. La municipalité prévoit de planter 300 arbres chaque année, avec une enveloppe annuelle de 100 000 euros, en donnant la priorité au centre-ville et à la création de nouveaux espaces ombragés.

L’esplanade Charles-de-Gaulle doit notamment être entièrement réaménagée. Une fontaine, des arbres et des arbustes doivent remplacer l’actuel bâtiment préfabriqué de l’office de tourisme. Une réflexion est également engagée autour de la place de la République, sous réserve de l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France.

La Ville entend par ailleurs développer le permis de végétaliser, qui permet aux habitants d’installer des plantations dans certains espaces publics. Plusieurs instances locales doivent être consultées pour préciser les lieux et les modalités d’application du plan.

« Il était temps », répond L’Union pour Arles

Pour les élus de L’Union pour Arles, ces annonces montrent que la majorité municipale commence à prendre la mesure du changement climatique. Le groupe considère néanmoins que cette prise de conscience intervient tardivement, après un premier mandat durant lequel une politique d’adaptation plus ambitieuse aurait déjà dû être engagée.

L’opposition juge que la plantation d’arbres et la création de zones d’ombre, bien que nécessaires, ne peuvent résumer à elles seules la réponse climatique de la commune. Elle réclame une stratégie assortie d’objectifs précis, d’un calendrier, de priorités clairement établies et de moyens financiers durables.

Le logement constitue l’une de ses principales préoccupations. L’Union pour Arles demande un programme consacré à la rénovation thermique, à l’accompagnement des copropriétés, à la lutte contre les passoires énergétiques et à l’adaptation des logements sociaux. Le groupe défend également la désimperméabilisation des sols, la multiplication des îlots de fraîcheur, l’installation de points d’eau et la végétalisation des écoles.

Les élus critiquent aussi une concertation qu’ils estiment trop centrée sur le cœur historique. Ils souhaitent que les quartiers populaires, les villages, les hameaux et la Camargue soient pleinement associés à la réflexion. Selon eux, chaque partie de la commune est confrontée à des difficultés particulières, de la précarité énergétique au risque d’incendie, en passant par la pression sur les ressources en eau et la salinisation des terres.

Jean-Michel Jalabert dénonce une opération de communication

Jean-Michel Jalabert se montre tout aussi sévère. Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, il accuse la municipalité de présenter comme nouvelles plusieurs actions déjà existantes. Il cite les plantations engagées auparavant, le permis de végétaliser mis en place depuis plusieurs années et les instances de concertation déjà constituées.

Il reproche surtout au plan municipal de ne pas reposer sur un diagnostic détaillé ni sur une programmation pluriannuelle. Si la Ville annonce 100 000 euros par an pour planter de nouveaux arbres, Jean-Michel Jalabert estime qu’aucune vision financière globale n’est présentée pour l’entretien, l’adaptation des bâtiments ou les autres aménagements nécessaires.

Il propose de commencer par mieux isoler les écoles, les gymnases et les bâtiments administratifs afin de réduire leurs dépenses énergétiques. Il demande également davantage de moyens humains et matériels pour les services chargés des espaces verts, considérant que les plantations existantes doivent pouvoir être correctement entretenues avant d’en multiplier de nouvelles.

Parmi ses autres priorités figurent la végétalisation des cours d’école, la création de nouvelles zones d’ombre, le développement des pistes cyclables et la récupération des eaux de pluie pour l’arrosage. Il défend notamment l’idée de planter un arbre devant chaque école.

Derrière des propositions différentes, les deux réactions convergent sur un point : l’opposition ne conteste pas la nécessité de végétaliser Arles, mais considère que le plan annoncé reste trop partiel. Elle demande à la majorité de dépasser les mesures ponctuelles pour présenter une politique climatique couvrant l’habitat, les équipements publics, l’eau, les mobilités et l’ensemble du territoire communal.

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Abdel Samari

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