Après avoir écarté l'offre de reprise de Matthieu Pigasse en début de semaine, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé, ce mercredi, la liquidation de l'usine Fibre Excellence Provence à Tarascon. Le site, qui emploie 270 salariés et génère près de 5 000 emplois indirects, ne présentait plus, selon les juges, de perspective de redressement, avec un passif de près de 105 millions d'euros.
Malgré ce "second coup de massue", des salariés restent mobilisés et poursuivent l'occupation de l'usine à l'arrêt depuis la fin du mois d'avril. L’ensemble des accès a été bloqué. "On ne veut pas que l'on vienne nous prendre les machines, les produits chimiques, on est prêts à aller jusqu'au bout", explique Frédéric Sanchez, délégué syndical CFDT.
Une poignée de salariés est autorisée à pénétrer dans l'usine, classée Seveso, pour assurer les missions de maintenance, de sécurité, de sûreté ainsi que le bon fonctionnement de la station d'épuration. À l'extérieur, le combat se poursuit. Pour l'intersyndicale, la priorité reste "de trouver un repreneur, tout en continuant à alerter l'État et défendre ceux qui souhaiteraient quitter l'entreprise", précise Frédéric Sanchez. Notamment en négociant des primes supralégales.
En ce qui concerne l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, pour laquelle un industriel s'est récemment manifesté, le tribunal de commerce de Toulouse n'a pour l'heure pas rendu sa décision.
La réaction du ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin
"Mes premières pensées vont aux salariés qui ont travaillé pendant des années sur ce site et qui vivent aujourd’hui un moment d’une grande incertitude, tout comme leurs familles. Notre priorité est désormais d’être aux côtés des salariés concernés et de les accompagner concrètement dans cette période difficile. Une prestation « grands licenciements » sera mise en place afin de proposer à chaque salarié un accompagnement renforcé et un suivi individualisé pour faciliter son retour à l’emploi et sa reconversion. L’Etat va aussi collaborer étroitement avec les élus locaux et les acteurs du territoire pour préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités industrielles."