L'exercice des vœux, traditionnel s'il en est, est corseté en cette année électorale, dont la période de réserve interdit de parler projets et cantonne localement au bilan de l’année écoulée. Alors Jean-Christian Rey a commencé par un mot sur le contexte international, « un monde déstabilisé » marqué par le retour des guerres, et national, avec « l’absence de budget qui rend difficile l'adoption de nos propres budgets », alors que l’Agglomération « investit 40 millions d’euros chaque année, pour l'immense majorité dans l’économie locale, nous avons donc besoin de stabilité ».
Puis, embrayant sur 2025, le président affirmera que l’année écoulée « démontre une fois encore que l’Agglomération est bel et bien, en même temps, une Agglomération de projets et de services ». L’appel à projets sur le site Clé en main de l’Ardoise, la frise Arcelor-Mittal, revient comme un temps fort de 2025, « le lauréat sera annoncé dans quelques jours, le projet respecte l’environnement et apportera des emplois en nombre », affirme-t-il. Sur l’économie toujours, Jean-Christian Rey évoquera aussi « le dossier de séduction » envoyé aux start-up travaillant sur les projets de SMR, les petits réacteurs modulaires, qui a engendré « des échanges fructueux ».
Plus globalement, le président rappellera sa démarche « de recherche permanente d’attractivité », renforcée par « le consensus politique, social, économique » du Gard rhodanien. Et l’élu de citer les « 111 prospects » accompagnés en 2025 par l’Office des entreprises, la réussite du 3ᵉ salon POP, porté par les chefs d’entreprises du Collectif, pour faire l’éloge de l’union : « Parler d’une même voix sur le territoire, c’est ainsi que nous gagnons, dans tous les domaines. »
Le musée dans l’ancien internat du lycée ?
Le président évoquera ensuite les crèches, notamment l’inauguration des « Petits pas » à Bagnols et le choix de l’architecte pour celle de Tavel, la rénovation des centres aérés de Tavel et Saint-Geniès-de-Comolas, le lancement du concours d’architectes pour le mémorial Harki, et « l’aval » de la Région obtenu dernièrement concernant l’ancien internat du lycée Einstein. Ancien internat, l’immeuble de cinq étages derrière l’ancien site Blum du lycée, qui doit accueillir le futur musée Albert-André, nous a-t-on confirmé à l’issue du discours présidentiel. Un bâtiment muni de deux ascenseurs, à la surface permettant d’y installer le musée, une éventualité jusqu’alors jamais évoquée dans le dossier au (très) long cours du déménagement du musée Albert-André du deuxième étage de l’hôtel de ville.
Jean-Christian Rey évoquera ensuite, dans une liste de chiffres, les « 3 600 enfants transportés quotidiennement de chez eux à leurs établissements scolaires », « les 260 000 repas dont un tiers de bio servis par la cuisine centrale », « les 2 800 personnes visitées par l’Agglo mobile », « les 45 personnes employées sur les chantiers d’utilité sociale » ou encore « les 66 projets menés dans le cadre de la Politique de la ville » sur 2025.
Sur la santé, Jean-Christian Rey évoquera la Maison des internes, qui permet de loger gratuitement des internes en médecine, car « ils s’installent aussi là où ils ont fait leurs études. » La première maison, avec 7 places, est complète, et « nous cherchons une deuxième maison pour en loger d’autres, affirme-t-il. Nous avons les premières demandes d’internes pour revenir, ça fonctionne. »
Sur le tourisme, le président évoquera les « 2,2 millions de nuitées » cette année et les pistes VTT ouvertes en 2025. Sur l’agriculture, il reviendra sur le travail mené « avec la Chambre d’agriculture, le Département et la Région pour la création d’un point de vente de circuits courts » et sur un projet concernant l’irrigation avec les collectivités voisines du Pont du Gard et du Pays d’Uzès.
« Des améliorations sont nécessaires » sur la redevance incitative
Sur l’eau et l’assainissement, Jean-Christian Rey évoquera les travaux menés cette année, dont la digue de Pont-Saint-Esprit par ABCèze et « les 9 millions d’euros pour la nouvelle station d’épuration de Pont-Saint-Esprit, pour remplacer celle qui était répertoriée comme une des pires au niveau européen ». Un investissement porté par l’Agglo qui, s’il avait été porté par la seule ville de Pont, aurait « décuplé » la facture d’eau des Spiripontains, affirme-t-il. « L’Agglomération, c’est bon pour l’environnement et pour le pouvoir d’achat », en déduit-il.
Sur la redevance incitative, sujet sensible s’il en est et au cœur des campagnes municipales notamment à Bagnols et à Pont, le président reconnaît que « des améliorations sont nécessaires, nous y travaillons tous les jours. » Cependant, « grâce à la RI, nous avons gardé des coûts identiques à ceux de 2023, alors que la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères aurait bondi de 30 % », affirme-t-il, précisant que le territoire est passé « de 25 000 tonnes à 10 000 tonnes par an » d’ordures ménagères.
Au rayon des gros dossiers de 2025, Jean-Christian Rey abordera la révision générale du Schéma de cohérence territoriale (SCoT) « que nous venons de lancer, avec des enjeux essentiels pour sacraliser des terres agricoles pour l’installation de jeunes agriculteurs, mais aussi le foncier industriel de demain, la préservation des milieux et des ressources naturelles, l’organisation des logements, des mobilités ».
« Montrons-nous à la hauteur des enjeux »
Puis le président a parlé finances, rappelant que l’Agglo ne fait « pas recours à une pression fiscale excessive et présente un endettement inférieur à trois ans de remboursement. Nous avons une bonne santé financière avérée ». Réponse sans doute aux doutes émis par le Parti communiste local en fin d'année dernière.
Pour finir, Jean-Christian Rey s’est lancé dans un plaidoyer pour le collectif et l’esprit communautaire, alors que l’assistance était largement composée d’élus locaux : « Faire gagner l’Agglomération, c’est faire gagner tout le territoire », mais aussi « montrons-nous à la hauteur des enjeux, ensemble nous pouvons réaliser des choses qui seraient impossibles seuls. » Jean-Christian Rey a continué en estimant que « nous avons tout ce qu’il faut pour réussir, mais trop encore ne s’en rendent pas compte. Il ne s’agit pas de dire que tout est formidable, mais il faut changer d’état d’esprit. » Et le président de rappeler que « construire prend du temps ».
Après avoir rappelé qu’il avait « toujours tourné son action vers l’Autre avec un grand a » et convoqué Eugène Ionesco et son « Rhinocéros » pour alerter sur les dangers qui guettent notre époque, Jean-Christian Rey terminera par un mot en groenlandais, c’est de saison : « qujanaq », qui signifie « merci ».