Voilà, enfin ! La saison des toros en public revient avec les beaux jours et c’est aux arènes de Fourques que l’aficion s’est précipitée en cette fin février. Après une annulation le 1er novembre 2025 (arrêté préfectoral interdisant le transport des bovins) menant à un report de la course à ce début de temporada, c’est chose faite, la saison locale est lancée !
Pour cela, les arènes de Fourques étaient sollicitées par la peña Cayetano Rivera Ordoñez, le cercle taurin Campuzano et la peña Javier Cortés pour la belle organisation d’une journée taurine complète.
Dès 11h, première animation prévue en piste : une tienta d’une vache et d’un novillo de chez Turquay par le maestro Cortés et quelques « pitchounets », avant le traditionnel repas. Un bon moment et des arènes plus que bien remplies pour l’occasion. Non loin de là, des exposants (artisans) complétaient les possibilités de trouver son bonheur.
Mais c’est sans doute pour le mano a mano en version novillada sans picadors que l’aficion était venue en nombre. Il fallait voir Javier Torres « Bombita » et Matias s’affronter en étant opposés à des errales des ganaderias Barcelo, Colombeau, Pages-Mailhan et La Suerte. Un bon moment en perspectives !
En préambule, un hommage pour les 25 ans de la ganaderia Pagès-Mailhan, fer remarquable qui a distillé des émotions en or depuis ses débuts.
Bombita. Ici, on ne le connaît pas, mais il faudra le voir à nouveau. Avec son premier de chez La Suerte, il écoutera le silence de tendidos un peu frais à son égard. Pourtant, son opposant, un bramaïre jabonero, ne lui aura pas laissé beaucoup d’options pour se montrer sous son plus beau jour. À gauche, le becerro passe bien et est même agréable à voir. On dirait que Javier Torres apprécie son embestida. Le jeune fait l’effort et se fait quelques frayeurs. Une épée en place, silence.
Sur son second, un exemplaire charpenté et exigeant marqué du fer de Pagès-Mailhan, le jeune Javier Torres « Bombita » est moins inspiré. Le descendant de l’illustre Bombita du début du siècle précédent, ne parvient pas à trouver la bonne distance et le bon jeu, l’alchimie ne prend pas. Le piéton essaie, la volonté est là, la technique un peu verte mais quelques gestes font plaisir à voir. Les étagères, tardivement, s’en aperçoivent et se laisseront embarquer par les ultimes séries. L’oreille est demandée par une partie du public, elle est acceptée par le palco et permet au jeune de sortir avec un « paiement » juste sur l’ensemble de ses deux duels.
Matias n’est autre que Mathias Sauvaire. Celles et ceux qui suivent un peu le circuit depuis quelques années connaissent son nom et son engagement. L’envie de bien faire ne manque pas chez lui ! Il a même déménagé du côté de Madrid pour intégrer l’école du Yiyo récemment et le voilà de retour dans le Gard pour toucher Alba, un becerro de Colombeau. Le becerro s’est abimé une corne à l’embarquement mais rien de choquant ni de gênant. Matias s’élance en piste, s’avance à dix mètres des portes du toril et met les genoux à terre pour accueillir son adversaire. Le public frémit. Les novilleros se mettent au capote et se partagent les quites, comme lors du premier duel. Matias prend les bâtonnets et banderille son Colombeau après deux petites roustes. Il brinde son combat à son compañero du jour et, avec la muleta, il parvient à enchainer quelques séries plutôt complètes. C’est alors que le becerro se remet constamment en querencia… Il finira par prendre plus violemment le piéton au toreo engagé. Groggy, Matias enlève la chaquetilla et revient en scène, tente une nouvelle série. Pugnace, il poursuit, écoute les conseils et réessaie rapidement avant de prendre l’épée. Salut.
Dernier becerro de la tarde et Matias peut encore espérer. Le jeune va avoir une temporada 2026 chargée et semble s’y préparer vaillamment. Face à son très beau Barcelo, Canero, Matias met toujours du cœur. Sa joie d’être dans le ruedo, sur le sable, est visible et contagieuse. Il ne le reçoit pas face au toril, mais toujours à genoux, aux planches. Hélas, l’apprenti torero est un poil brusque au capote et le becerro s’envole lors d’une vuelta de campana qui lui coûtera cher plus tard dans l’opposition. Même si Matias a tout fait pour le récupérer en toréant par le haut et en lui donnant de l’air, Canero reste marqué par la chute. Bombita prendra quand même son quite. Matias ne prend pas les banderilles et entame sa faena, à mi-distance Voilà une chose bien difficile quand on débute ! Une partie du public n’est pas des plus commodes et veut en finir. Le torero continue à droite comme à gauche et parvient à remater une paire de séries d’intérêt au vu de la situation. Matias se fait prendre une nouvelle fois mais il reprend les armes et retourne au feu. Il finira par tirer une puis deux séries quasi inespérées. Une épée en bonne place mais peu efficace. Vuelta.
Des arènes pleines du matin au soir, une journée des plus agréables, un retour taurin plaisant… Seul bémol ? Ces satanés moustiques qui reviennent déjà. Et voilà les bestioles !