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GARD. Le préfet s’en va mais laisse des souvenirs !

Le préfet du Gard Hugues Bousiges. D.R/T.D
Le préfet du Gard Hugues Bousiges. D.R/T.D

Après 40 années passées au service de l'Etat, c'est dans le Gard, sa terre natale dont il garde de nombreux souvenirs d'enfance, qu'il mettra un terme à sa carrière le 1er décembre 2013. "Cette fois c'est vrai !" s'est-il exclamé lors d'une conférence donnée à la presse ce mardi 19 novembre en préfecture du Gard. Car la rumeur courait depuis plusieurs mois sans jamais être officialisée. C'est désormais chose faite. Et à une dizaine de jours de plier bagages pour laisser la place à un nouveau préfet à qui il transmettra le dossier sur les Roms, la sécurité civile ou encore le contournement Nîmes-Montpellier, Hugues Bousiges dresse le bilan sur ses quatre années d'exercice à la tête de la préfecture du Gard. Dès son arrivée sur nos terres, après avoir occupé le poste de Directeur de cabinet de la Ministre de l’écologie et du développement durable, Nelly Olin (2005-2007), puis de préfet des Pyrénées-Orientales, entre autres -- le CV est aussi long que prestigieux -- Hugues Bousiges avait promis que son action serait menée selon trois mots d'ordre : Proximité, impartialité, efficacité. "Pour la proximité, j'ai sillonné le département dans tous les sens avec la volonté d'aller à la rencontre de ses habitants dont les identités sont si différentes. J'ai été par exemple à Saint-Ambroix où on m'a confié qu'aucun préfet n'avait été depuis 1953, c'est pourtant un chef-lieu de canton. Je suis aussi allé à Causse-Begon (près du Mont-Aigoual) une commune de 20 habitants. J'étais curieux de savoir comment vivaient les habitants !"

L'intercommunalité

Pendant quatre années, le préfet du Gard, a mené plusieurs dossiers de front dont l'installation des ZSP Saint-Gilles/Vauvert et Nîmes, la création des Emplois d'avenir et contrats de génération, le développement des 135 PPRI etc. Le schéma départemental de coopération intercommunal fait partie des dossiers majeurs. Depuis le 1er janvier 2013 et ce malgré quelques débats houleux (lire ici) le Gard compte 19 intercommunalités, contre 31 auparavant, 16 communautés de communes au lieu de 29 et trois communautés d'agglomération contre deux. "La plus grande réussite de l'intercommunalité, c'est la naissance d'Alès Agglomération ainsi que celle du pôle métropolitain entre Nîmes et Alès qui crée une colonne vertébrale dans le Gard. Maintenant, il faudra se rapprocher de Bagnols pour en créer une seconde."

La Semaine de la fraternité

"Je suis encore très ému de voir le mouvement que la Semaine de la fraternité a suscité." Préoccupé par la montée des actes racistes sur le territoire gardois — on se souvient notamment de la fusillade à Aigues-Mortes ou encore de l’affaire du Cailar de l'été 2012 — le préfet du Gard avait alors pris l'initiative de lancer une Semaine de la fraternité créée pour lutter contre les discriminations dont le racisme fait partie, et animée de plusieurs événements partout dans le Gard. "Le Gard était alors stigmatisé, et même nommé le département de la honte. Alors certains se sont demandés ce que le préfet venait faire là dedans. La réponse est simple, quand les valeurs de la République sont attaquées, le représentant de l’État est bien placé pour prendre sa défense sans qu'il n'y ait pour autant d'ambition politique. La société est traversée par des vents mauvais, il est important que les serviteurs de l’État s'impliquent dans ce combat."

Manifestations anticorrida

Dans son bilan, le préfet du Gard n'a pu passer à côté des manifestations anticorrida. Hugues Bousiges a dû faire face à la fougue outrancière du Comité radicalement anticorrida mené par Jean-Pierre Garrigues à l'occasion du Festival taurin de Rodilhan en octobre dernier. "Je constate que certains citoyens ou certaines associations manifestent non pas pour "manifester" mais pour casser et agresser en se disant "ma cause est juste donc ma violence est justifiée." C'est le cas pour les anticorrida mais aussi pour la CGT d'Alès lors de l'épisode sur le gaz de schiste."

Il s'en va, puis il revient !

Au mois de mai 2012, lors du dernier Conseil des ministres sous l'ère Sarkozy, Hugues Bousiges avait été affecté à l’Agence des titres sécurisés de Charleville-Mézières, comme ça, du jour au lendemain, sans que rien ne justifie cette décision, en tout cas sur un point de vue professionnel. "Intéressant, non ?!" Était alors nommé à sa place, l'ancien directeur de cabinet adjoint du ministre de l'Intérieur Claude Guéant, Georges-François Leclerc. "Je l'ai vécu assez mal, mais sans jamais me décourager parce que cette nomination était unique, on n'avait jamais vu ça." Mais comment expliquer cette décision. "C'est une question d'amitié, le directeur de cabinet adjoint avait jeté son dévolu sur le Gard" tente le préfet. Bref la suite on la connaît, avant même d'être parti, le préfet a été renommé au même poste sur proposition du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Une rue à son nom

Le 1er décembre, Hugues Bousiges quittera donc la préfecture du Gard pour aller s'installer en Haute-Loire. Mais il devra interrompre ses séances de rangement de journaux (qu'il a collecté depuis son arrivée dans le Gard) pour venir inaugurer une rue à son nom. En effet, le 12 septembre, lors du conseil municipal à Saint-Florent d'Auzonnet, les élus ont voulu mettre le préfet du Gard à l'honneur. Ainsi, la rue principale de la commune, sera nommée Hugues Bousigues, préfet du Gard. "C'est très émouvant, d'autant que je l'apprends de mon vivant" s'amuse-t-il.

Les petites manies du préfet !

Derrière le préfet, se cache un homme. Objectifgard.com a voulu connaître l'homme en se rapprochant de ses plus proches collaborateurs (nous ne les nommerons pas car comme aime à dire Hugues Bousiges, "je reste préfet jusqu'à la dernière seconde, de la dernière minute, de la dernière heure de mon mandat"). Ainsi, nous avons appris que le préfet avait un certain penchant pour les bonbons à la renommée internationale pour les grands et les petits, produits non loin de Nîmes, à Uzès. Monsieur le préfet à horreur de l'expression "je pense" parce que paraît-il lorsqu'on pense, on doute. Il n'aime pas non plus les boules à neige, trop kitch. Un rien maniaque et perfectionniste, il ne supporte pas que l'on se trompe de sens des cahiers agrafés. A côté de ça, "c'est un homme exceptionnel, très reconnaissant et plein d'humour, on va le regretter."

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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