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NÎMES : L’ATRIA BIEN REMPLI POUR LES VŒUX INTER-RELIGIEUX

Photo © objectifgard.com

Dimanche 1er janvier, à 18h, les Communautés religieuses, juives, chrétiennes et musulmanes de Nîmes se sont rassemblés devant quelques centaines de personnes (entre 200 et 300) pour la présentation de leurs vœux dans la convivialité et une forme de partage, au point même de travailler sur un discours commun plein de tolérance. Sur l’estrade positionnée pour l’occasion, les protagonistes se sont pris la main. Se trouvaient notamment présents : Marie-Hélène Bonijoly (présidente du conseil presbytéral de l’Eglise réformée de Nîmes), Paul Benguigui (président de la communauté juive de Nîmes et du Gard), Driss El Moudni (président du conseil régional du culte musulman pour le Languedoc-Roussillon), Abdalah Zékri (notamment président de la Fédération Régionale Sud-Ouest de la Grande Mosquée de Paris, chargé de mission au Conseil Français du Culte Musulman), et Jean-Marie Pesenti, prêtre diocésain (Nîmes et ses alentours) chargé du dialogue inter-religieux.

Déclaration de voeux, prononcée le 1er janvier 2012 (au format PDF).

Abdallah Zékri : « Ce rendez-vous est maintenant inscrit dans un agenda, après cette deuxième édition, je pense que cela va se faire tous les ans, et montre que ce soit entre juifs, catholiques, protestants et musulmans, il y a tout de même des rencontres entre les différents responsables. Et même s’il reste à les améliorer pour les maintenir vivaces, alors que des évènements surviennent » [Cf. la trentaine de tombes d'anciens combattants musulmans dégradées au cimetière de Carcassonne lundi 26 décembre 2011. Des inscriptions antisémites s’y trouvaient également]. Il poursuit : « 2011, une année riche en évènements négatifs, avec +145 actes islamophobes (profanations, insultes etc.), alors espérons pour 2012, la paix dans le cœur de chacun, et plus de sérénité pour tout le monde et que les gens comprennent qu’on est ici pour vivre ensemble, pour essayer de s’unir et non pas pour se déchirer, à l’orée d’une présidentielle où tous les coups vont être permis, et où la communauté musulmane risque d’être montrée du doigt ».

Antoine Candela (79 ans, 50 ans de vie Nîmoise, originaire d’Oran en Algérie, représentant la communauté « pieds noirs », il est de confession catholique, initiateur et cofondateur du pèlerinage de Santa Cruz à Nîmes) : Pour l’anecdote, « J’ai un virus qui s’appelle l’Algérianite aigüe, et je salue cette initiative. J’espère qu’il y aura un suivi, car il y a énormément de choses à faire dans cet esprit qui nous réunit aujourd’hui. Je suis d’ailleurs un ami de longue date de M. Zékri ».

Paul Benguigui : « Nous avions déjà essayé de mettre en place quelque chose avec le mouvement Plurali (qui a sombré pour diverses raisons). Et depuis trois ans, nous avons eu la possibilité, notamment avec le pasteur Poujol, Mme Bonijoly, M. El Moudni […] de revenir sur le métier, et de dire qu’il fallait que notre communauté puisse avancer dans un domaine inter-religieux, et l’an dernier nous avions simplement présenté les vœux. Cette année nous avons mis en place un appel aux dons du sang qui a été très bien suivie [en collaboration avec l’ Établissement Français du sang, pour un rendez-vous qui avait lieu à l’Imperator à Nîmes cette année], avec les vœux ce soir. Et pour 2012, on va essayer de mettre en place une opération trimestrielle ». M. Benguigui ajoute : « 2011 a été tellement riches en évènements… Pour moi, le meilleur des souhait pour 2012, c’est que le monde puisse acquérir un peu de paix et de sérénité ».

Marie-Hélène Bonijoli : « C’est de nouveau un succès car j’ai l’impression qu’il y a davantage de monde par rapport à l’année dernière. Le principe c’est que les différentes communautés religieuses aient un message fort à diffuser au moment du début d’année. La nouveauté c’est qu’on s’est mis d’accord sur un texte commun. On s’est entendu sur les mots, sur les idées, le fond, cela n’a pas été facile, mais pour moi c’est une immense joie que l’on ait pu arriver à faire cela. Le message principal, c’était s’ouvrir à l’autre, ne pas avoir peur des autres, se connaître, et travailler ensemble. Et chacune des communautés a pris des engagements justement pour travailler tout au long de l’année [par exemple dans des services d’action social]. Mme Bonijoly, nous rappelle l’initiative réalisée lors de la dernière opération de dons de sang auprès des fidèles, « le sang c’est le même pour tous et le sang, c’est la vie ». On fera d’autre actes symbolique, comme au printemps lorsque l’on plantera des arbres sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Driss El Moudni : [sur le fait de l’importance du rendez-vous et de ce symbole] « déjà se rencontrer c’est symbolique. Se connaître, c’est mieux, parce que lorsque l’on ne se connaît pas, l’amitié rentre et s’installe. Et après, c’est la fraternité, et le vivre ensemble qui se met en place ». Il ajoute : « Beaucoup de choses concrètes sont mis en place. Les quatre commutés se connaissent très bien maintenant dans le Gard. Et le vivre ensemble est réel ». [Vœux] « Pour tous les Français et Françaises, pour 2012, je souhaite qu’ils vivent dans la paix ».

Yvan Lachaud [Premier adjoint au maire de Nîmes, député du Gard] : « Le fait que toutes les confessions souhaitent la bonne année de façon œcuménique à l’ensemble des forces de cette ville, qu’elles soient politiques, économiques et associatives me semble être une démarche laïques et sympathique. Après chacun y verra ce qu’il veut y voir. Mais c’est important dans une ville qui a connu d’importantes guerres de religions, de mettre du lien ». Il ajoute : « je crois qu’il n’y pas beaucoup d’autres exemples en France, pour en avoir discuté avec mes collègues élus dans d’autres villes. Mais, cela ne m’étonne pas du fait de signes forts qui ont toujours été donné dans cette ville autour d’un travail œcuménique » [avec une communauté israélite très ancienne, et le dialogue entre protestants et catholiques ne serait-ce que par le culte de la cité depuis une vingtaine d’année, un dimanche de décembre].

Jean-Marie Pesenti : [A propos de ce qui peut ne sembler qu’un simple symbole] « Le mot symbolique prend son plein sens. C’est un moment fort qui rassemble en lui-même une multitude de valeurs, de rencontres, de connaissance, d’entrée en dialogue. Pour apprendre à se connaitre et à vivre ensemble. Le fait que ce soit au niveau religieux témoigne de la profondeur de la foi par laquelle nous adhérons et qui nous fait croire que Dieu est père et que ses enfants sont appelés à devenir frères et sœurs ». Il ajoute que ce moment a réclamé « plusieurs rencontres au cours de l’année ». Le prêtre également relevé un des engagements concrets prononcés pendant le discours commun : « Nous nous engageons à nous pardonner le mal qu’on aurait pu se faire, nos erreurs, les préjugés que l’on a les uns et sur les autres ».

Le type d’engagements que la population nîmoise et gardoise espèrera sans doute suivi de faits bien entendu pour cette année 2012.

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