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QUAND J-M LE PEN LANCE LA CAMPAGNE DE SA FILLE DANS LE GARD

Photo © objectifgard.com / MA

Le désormais président d’honneur du Front National, Jean-Marie Le Pen a fait une halte à Nîmes, dimanche 15 janvier, à l’occasion d’un grand « banquet patriotique » donné au Novotel de l’Atria de Nîmes, 7 ans environ après son dernier passage dans le département, et a lancé officiellement la campagne de Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle de 2012, dans le département du Gard.

D’après Julien Sanchez, conseiller régional Front National qui a organisé (depuis un mois et demi) la venue de l’ancien leader frontiste (avec Gilles Caïtucoli, chargé de mission du FN dans le Gard), environ 350 personnes étaient présentes pour l’occasion (sympathisants ou militants).

Marine Le Pen se rendra par ailleurs dans la région (à Perpignan et à Montpellier) lors d’un de ses 20 meetings déjà programmés. « Elle ne pouvait pas se rendre dans tous les départements » d’après Julien Sanchez, pour cause « d’agenda chargé », mais des cars devraient être affrétés pour les dates prévues à Marseille, Montpellier (mars 2012) et Perpignan (29 janvier 2012). Le Gard devrait pourtant accueillir la candidate à la présidentielle pour un déplacement thématique.

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La campagne au niveau local est déjà lancée avec la présidentielle… M. Sanchez apostrophant les élus en place, notamment à la tribune, lorsqu’il évoque plusieurs « condamnations d’élus », visant Christian Bourquin et Jean-Paul Fournier notamment, au rythme du tous pourris. Ce dernier ayant dû verser 15.000 euros en 2010 d’après l’élu FN à la région. Celui-ci parle « d’absence d’honnêteté », mais aussi d’un problème de « cumul des mandats ». Lui qui prétend abandonner son siège à la région s’il était élu député de la première circonscription en 2012. Julien Sanchez ose même viser haut après la présidentielle et prétend : « je pense que le Front National sera au second tour des élections législatives dans les six circonscriptions gardoises, et qu’il peut gagner dans quatre d’entre elles ».

En conférence de presse en marge du discours de Jean-Marie Le Pen, nous avons relevé quelques éléments et réaction de l’ex-leader du Front National, venu soutenir la candidature de sa fille pour la prochaine élection présidentielle.

« La perte du triple A est un échec cinglant pour le gouvernement, qui, il y a deux ou trois semaines le décrivait comme un trésor national à défendre par tous les moyens », d’après Jean-Marie Le Pen.

La sortie de l’Euros ? Pour M. Le Pen, « il n’y a pas que cela à faire […], il y  a un énorme chantier de reconstruction de notre pays. Mais il est bien évident que ce chantier ne peut pas se faire à l’intérieur de l’Union Européenne qui a fait connaitre ses limites. Nous ne sommes plus maitres de notre destin », le désormais député européen soulignant que « 80 % des lois qui sont appliquées en France ne proviennent pas du Parlement français, mais de Bruxelles », là où pourtant l'ex-leader du parti d'extrême-droite siège désormais (dans le cadre son mandat).

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Les 500 signatures et les parrainages : « une mesure présentée comme administrative au départ » d’après J-M Le Pen, et qui serait devenue « une prise de position politique », dont les maires seraient amené à se justifier. L’ancien président frontiste en exercice poursuit son raisonnement : « Le plus grave, c’est que le phénomène d’intercommunalité fait que les petits maires sont sous la coupe des grandes villes qui sont entre les mains  des gens de la majorité ou de l’opposition parlementaire. Par conséquent, ils n’ont plus la liberté de donner leur signature, et il est paradoxal qu’un candidat qui est donné au-dessus de 20 % dans les sondages ait beaucoup de mal à trouver les 500 signatures sur 38.000 maires, nécessaires à la présentation [à la Présidentielle]. C’est la raison pour laquelle nous avons saisi le Conseil Constitutionnel à travers le Conseil d’Etat, et nous espérons une décision d’annulation de cette disposition de publicité qui permettrait aux maires de retrouver l’entière liberté de leur geste administratif ». Et si échec il y avait pour l’obtention des fameuses signatures pour le parrainage de Marine Le Pen, il s’agirait toujours d’après Jean-Marie Le Pen, d’un « Tsunami politique » ; « automatiquement la défaite de monsieur Sarkozy, s’il est candidat de l’Ump » et également « d’un déni de démocratie », poursuit-il. Un "vieux réflexe" de victimisation que l'on peut probablement lui reconnaître ici.

Le traitement du parti de Marine Le Pen par les médias... Un classique

Un peu toujours la même rengaine pour le parti d'extrême-droite, malgré le lifting signé Marine Le Pen : « Nous n’avons pas dans cette campagne le même traitement que les autres », dixit son mentor, étayant son propos avec différents exemples relevés récemment dans les médias sur la manière dont Marine Le Pen serait considérée par rapport aux autres candidats. Et que l’un des médias télévisuels n’aurait relevé le jour-même que trois candidats à l’élection présidentielle sans relever le nom de Marine Le Pen. Il relève à ce propos que le CSA aurait reconnu qu’en 2009, le FN n’aurait occupé « que 0,63 % du temps d’antenne ».

L’ex-candidat venu pour soutenir le programme proposé par Marine Le Pen

Après s’être attaqué aux intérêts versées aux banques, J-M Le Pen a rappelé les principales mesures du programme de la candidate à la présidentielle touchant l’immigration : « suppression de ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) pour les étrangers, suppression du regroupement familial, réduction du nombre de demandeurs d’asile admis à rester en France, remise en cause des accords de Schengen (et reprise du contrôle des frontières), durée maximale de la carte de séjour à trois ans, suppression du droit du sol et réforme du code de la nationalité, expulsion systématique de tout clandestin, interdiction par la loi de régulariser les clandestins, exécution dans les pays d’origine des peines d’emprisonnement des étrangers, priorité nationale en matière d’emploi à compétences égales, retour des étrangers après un an d’inactivité pour les moins de dix ans de présence, restitution des cotisations retraite pour les partants de moins de dix ans de présence, priorité nationale en matière de logement social,  instauration d’un grand ministère de l’Intérieur, de l’Immigration et de la Laïcité, suppression de l’AME (Aide Médicale de l’État) réservé au migrants clandestins… »

S’agit-il ici d’un véritable programme ? Pour certains, comme Nicolas Cadène (numéro 2 de la fédération socialiste du Gard et membre de l’équipe nationale de campagne de François Hollande), il ne s’agirait là que de moyen d’attirer « un vote de colère ». Dans un communiqué publié vendredi 13 janvier, celui-ci rappelle que « l'extrême-droite se situe dans les sondages à un niveau que nous n’avons jamais connu, y compris en 2002. Tous les ingrédients d’un vote de colère sont là. Nous pensons à la peur face à l'avenir, aux injustices, à la crise de l'euro, nous pensons à la terrible crise sociale et démocratique que traverse notre pays ».

Lorsque le Front National et le PS accusent, en chœur, le Gouvernement actuel, le cadre gardois du PS critique également les quelques expériences locales ou supranationales du FN : « Chaque fois qu'il a été aux responsabilités, notamment ici dans le Gard à Saint-Gilles, il n'a laissé derrière lui que de la désolation. Jean-Marie et Marine Le Pen sont députés européens et conseillers régionaux mais ne mettent jamais les pieds au Parlement européen ou au Conseil régional et votent contre toutes les lois favorables aux travailleurs », dixit Nicolas Cadène.

Des candidats « d’ouverture » ?

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Julien Sanchez, présent à Nîmes ce dimanche 15 janvier explique que « Gilbert Collard fait partie du tiers des candidats issus de l’ouverture voulue par Marine Le Pen », puisque, rappelons-le, l’avocat intervenant régulièrement dans les médias, président du comité de campagne de Marine Le Pen n’a pas sa carte au parti. Et lorsque l’on évoque une « ouverture » qui semble « limitée » si l’on se réfère au passé, entre François Bayrou qui l’a prôné sans avoir les moyens de la mettre en place, et Nicolas Sarkozy, lorsqu’il a appelé des personnalités de gauche notamment aux responsabilités et qui n’ont pas toujours été au bout de leur démarche, Me Collard coupe : « c’est une ouverture dans l’adhésion au corpus d’idées […]. Ce n’est pas Mme Fadela Amara ou M. Hirsch qui, d’un coup, se convertissent au sarkozysme », dit-il. Il s’agirait plutôt de personnes qui auraient leur histoire politique et qui « se mettraient au service des idées de Marine Le Pen ». Il prend l’exemple de Jacques Clostermann, « issu du gaullisme » et rejoignant aussi Marine Le Pen, sans prendre sa carte au parti. Si le fonds ne change pas, il s'agirait donc simplement de changer les têtes.

Jean-Marie Le Pen, nous a précisé qu’il n’avait d’autre rôle que celui de président d’honneur du Front National, pour le soutien de sa fille, et qu’il restait cantonné à son rôle de député européen. Mais son influence demeure. La preuve en est, avec ce nouveau discours prononcé à la tribune lors de ce « banquet patriotique » ce dimanche.

N’y a-t-il pas un décalage avec le FN voulu par sa fille ? Et y aura-t-il toujours uniformité entre les propos du père moins policés et ceux de la fille durant la campagne... ? Possible couacs à venir durant la campagne de com' du parti.

Au moment de son discours, celui qui a mené cinq campagnes présidentielles à la tête du Front National n’a pas changé de style, avec une forme de provocation oratoire, qui laisse parfois libre cours à une interprétation équivoque. Extrait à propos de la présence importante de sympathisants FN dans les régions méditerranéennes : « Il y a une bonne raison […] c’est que vous êtes en première ligne », déclare-t-il (sous les applaudissements et certains sourires), mais en reliant son propos de suite à la perte de l’Algérie française, et à ceux qui se seraient retrouvées « en exil ».

Info Plus :

Une logistique a été mise en place spécialement pour assurer la sécurité à l’occasion de la venue de J-M Le Pen à Nîmes. En plus de l’appui demandé à la préfecture par l’encadrement du mouvement politique, une quarantaine de militants bénévoles étaient mobilisés pour éviter que ne se reproduisent les derniers évènements en région parisienne, relatés notamment par le journal Le Parisien.

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