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PÔLE EMPLOI : LE POINT DANS LA RÉGION, APRÈS LE SOMMET SOCIAL

Après un sommet social que le Président Nicolas Sarkozy a convoqué mercredi 18 janvier, pour mettre sur la table le « lourd dossier » de la lutte contre le chômage, nous avons souhaité faire le point sur la situation dans la région et le Gard en particulier, avec Christine Mérolli-Moure, déléguée syndicale CGT Pôle Emploi-Languedoc-Roussillon.

Même si les chiffres officiels de la direction nationale présentent une situation compliquée, suite à la fusion (en 2008) de l’ANPE et de l’Unedic, avec en moyenne, 115 demandeurs d’emploi à « gérer » par conseiller, dans le Languedoc-Roussillon et notre département, d’après Mme Mérolli-Moure, « cela peut atteindre 420 demandeurs d’emploi par portefeuille, selon l’agence, et le secteur d’activité ».

La convention tripartite signée en janvier 2012… Un nouvel espoir ?

Une convention tripartite (Etat, Pôle Emploi, Unedic) signée le 11 janvier 2012 a établi l’apport de 1000 CDD pour renforcer les effectifs. Mais d’après Mme Mérolli-Moure, « on ne sait pas aujourd’hui s’il s’agit de contrats de travail de 3 mois, d’un an ou autres ». Elle s’inquiète même que l’on fasse appel à des contrats courts : « le problème des CDD, c’est que l’on emploie des précaires, qui, eux, ne sont pas sûr de leur poste, pour s’occuper d’autre précaires ». En bref, on emploierait des ex-futurs-chômeurs pour s’occuper de chômeurs, alors que ces derniers auraient besoin d’être accompagnés de manière continue.

Dans le cadre de cette convention tripartite, il a été décidé de la mise en place du nouvel « E.I.D. » (comprenez Entretien Inscription Diagnostic). Le nouveau fonctionnement a une conséquence concrète : l’agent de Pôle Emploi devra être capable de réaliser les opérations d’indemnisation et d’inscription. Au cours d’un entretien de 50 minutes pour l’inscription du demandeur d’emploi, l’agent devra aussi donner les premières pistes de recherche du demandeur d’emploi. La mise en œuvre de ce nouvel « E.I.D. » se réalise en ce moment dans la région. La représentante syndicale régionale précise que « l’on commence à former du personnel à Nîmes » […]. « On assiste à une modulation de la saisie mensuelle personnalisée. Chacun des agents identifiera, à l’avenir, les besoins au cas par cas, ce qui permettra de suivre plus ou moins fréquemment les demandeurs d’emploi, selon leurs besoins, difficultés, ou secteur d’activité ». Pour Mme Mérolli-Moure, ce procédé en cours de déploiement dans le département a été rendu nécessaire au vu du manque d’effectifs et de moyens.

Autant dire que le nouveau directeur  du Pôle-Emploi Languedoc-Roussillon (arrivée en septembre 2011) a du pain sur la planche. Déjà 21 des 63 postes en CDI dévolus pour les 3 prochaines années sont arrivés, et sont en cours de formation, suite à des revendications du personnel en avril 2011.

Rappelons que sur la région, cela représente en moyenne, un agent supplémentaire par agence. « Ce n’est pas cela qui va changer la phase du monde », comme nous l’indique Christine Mérolli-Moure, même si elle reconnait la réactivité du nouveau directeur (Pascal Blain), qui a souhaité l’arrivée des 21 postes d’un seul coup, là où il était préconisé une arrivée par palier au cours de l’année.

D’après la représentante syndicale : « on est largement [au niveau des effectifs] en-dessous de ce qu’il faudrait par rapport aux besoins. Il nous faudrait 200 postes permanents en plus en CDI, ce qui nous ramènerait à la situation de septembre  2010 ». Mais d’après elle, « depuis 2007, la direction nationale nous dit que si le chômage baisse, on risque de se retrouver avec trop de postes en CDI à rémunérer ».

Même si, dans les jours à venir, aucun mouvement de grève n’est prévu dans les rangs des agents du Pôle Emploi de la région, dans cette période pré-électorale, il y aurait toujours « un malaise » au sein des effectifs. En cause, un sentiment d’inachevé : « au départ on voulait accorder du temps aux gens, et on se rend compte que ce n’est pas possible pour des raisons structurelles. On a trop de portefeuilles à gérer. Cela crée des tensions d’un côté comme de l’autre [agents Pôle Emploi – demandeur d’emploi], quels que soient les statistiques qui peuvent sortir sur la satisfaction des usagers », précise-t-elle.

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Un phénomène de crise peu favorable au marché de l’emploi

Les derniers chiffres produits par la préfecture régionale et la direction régionale de Pôle Emploi dressent un constat sans appel sur la situation du chômage. Il s’agit de la période qui s’étend de novembre 2010 à novembre 2011.

D’après ces chiffres :

- Le Languedoc-Roussillon compte, sur la période, 153.673 demandeur d’emploi inscrits en « catégorie A » (sans emploi, à la recherche d’un emploi à plein temps), soit une progression de 8,3 % sur un an, quand en France Métropolitaine, cette même progression n’est « que » de 5,2 %.

- Pour le Gard, sur un an, le nombre des demandeurs d’emploi de « catégorie A » a augmenté de 6,4 %, pour atteindre, en novembre 2011 : 40.349 personnes (et 57.282 pour les catégories A, B, C). A titre de comparaison, ils y avaient 37.921 inscrits comme demandeurs d’emplois  en novembre 2010, classés en catégorie A, et 53.537 en novembre 2010 pour l’ensemble des catégories (A, B, C).

Les 50 ans et plus sont les plus touchés (avec les jeunes) On compte 17,5 % de femmes et 13,6 % d’hommes d’après les chiffres de novembre 2011, inscrits en Languedoc-Roussillon en catégorie A.

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