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PONT-DES-CHARETTES : TOUJOURS DE L’ESPOIR MAIS…

La petite école à classe unique d’un quartier d’Uzès (Pont-des-Charrettes) demeure sur la sellette avec les coupes franches qu’opère en ce moment l’Education nationale dans le cadre de la carte scolaire pour 2012-2013, sur le département.

Après le mouvement de résistance lancé depuis le début de la semaine par la vingtaine de parents d’élèves de Pont-des-Charrettes, contre l’éventuelle, mais probable fermeture de l’école, la réunion d’aujourd’hui (27 janvier), à l’inspection académique de Nîmes, a quelque peu altéré le moral de Virginie Boissière, cheffe de file du mouvement des parents. A la sortie de l’entrevue avec M. Dijon (inspecteur adjoint d’académie) et Mme Texier (l’inspectrice de circonscription), la présidente de l’association des parents d’élèves nous assurait qu’elle gardait finalement espoir, et que les actions se poursuivaient au sein de l’école, où les parents se relaient pour occuper l’établissement, au sein duquel, chaque jour, une assemblée générale se tiendra désormais pour assurer la suite des action de mobilisation.

Cette énergie cache aussi un sentiment d’impuissance face à une réalité que M. Dijon aurait relayé : « le contexte est défavorable parce que beaucoup de classes devraient fermer dans le département », indique Mme Boissière. Alors bien sûr, la délégation de cinq parents d’élèves, accompagnés du directeur-instituteur (Jean-Claude Pellicone), et d’un représentant du syndicat SUIPP-FSU, Philippe Viannay, ont développé les mêmes arguments qu’en mairie le 25 janvier dernier : « qualité de l’enseignement dans une école de quartier à classe unique, une petite structure qui peut accueillir et faire s’épanouir des enfants en difficulté »… Mais la réponse ne tombera pas avant le 2 février prochain, en même temps que l’établissement de l’ensemble de la carte scolaire pour le Gard.

Virginie Boissière « espère que M. Dijon pourra nous [l’]entendre. En tout cas, il [nous] a écouté », dit-elle, après une réunion qui a tout de même duré deux heures.

Photo © objectifgard.com / MA

Un « couac » au niveau des chiffres

D’après Mme Boissière, et sous réserve de confirmation du côté de l’inspection académique, durant la réunion, deux séries de chiffres contradictoires ont été apportés : l’une par Mme Texier (inspectrice de circonscription), et l’autre infirmée par l’école et les parents. Les chiffres donnés par l’inspectrice aurait été relayés par la municipalité d’Uzès, et « avérés faux par M. Dijon, lui-même surpris que les chiffres de sa collègue ne correspondent pas au fichier référence : Base élèves ».

Ces chiffres concernent la fréquentation de l’école de Pont-des-Charrette. « Des élèves auraient disparu du fichier, dont deux de CM 1, des enfants du quartier en plus » dit Mme Boissière pour faire état de la réunion d’aujourd’hui. « On a de quoi se poser des questions » poursuit-elle. Et, de là à imaginer une manipulation de la part de la municipalité… Il n’y a qu’un pas, que la représentante des parents d’élèves suppute presque. Elle avance que l’inspectrice de circonscription table sur 13 élèves pour la rentrée prochaine, ce qui condamne l’avenir de la classe, donc de l’école, « sachant que cette année, l’école comporte 20 élèves en réalité, dont 4 vont passer en 6e (et partir ailleurs), ce qui fait déjà 16 élèves (trois de plus que le nombre annoncé par l’inspectrice), sans compter les entrants potentiels » (pour 2012-2013), des entrants qui sont susceptibles de venir du quartier, comme « une voisine de l’école, qui travaille dans le quartier, qui serait tout à fait disposée à intégrer son enfant l’année prochaine, mais dont la mairie aurait conseillé d’aller au groupe scolaire Jean Macé, sous prétexte que Pont-des-Charrettes allait fermer ».

Autre chiffre contradictoire, Mme Texier n’aurait compté "que trois élèves du quartier inscrits actuellement à Pont-des-Charrettes, alors qu’il y en a actuellement neuf". « Je vous avoue que M. Dijon est apparu surpris que sa collègue soit arrivée avec des chiffres faux », dixit la présidente de l’association des parents d’élèves.

Juliette : un symbole pour la petite école uzétienne

Nathalie Noémie dit Bertrand a mis sa petite fille Juliette en CP en 2011 à Pont-de-Charrette sur conseil de l’école maternelle du Parc d’Uzès. La mère de l’enfant atteinte « de problèmes de psychomotricité fine », a signalé que depuis la rentrée "elle [sa fille] a fait énormément de progrès. En maternelle, on ne donnait pas cher de son avenir, avant sa venue à Pont-des-Charrettes". Cet enfant qui avait contracté la maladie de Lyme bénéficie d’une AVS (auxiliaire de vie scolaire) à son école actuelle, à raison de 12 heures par semaine. D’ailleurs, M. Pellicone (le directeur de l’école à classe unique) explique qu’un « bilan d’intégration a été réalisé » comme cela se fait pour ce type d’élèves par des personnels extérieurs à l’école (psychologues etc.) dans le cadre d’un suivi particulier. Celui-ci serait très positif : « on a de la chance d’avoir Pont-des-Charrettes, sa structure et son suivi », témoigne la mère de Juliette.

Ce « porte drapeau » d’une bataille qui pourrait se résumer à une lutte entre le pot de terre et le pot de fer aura-t-il un impact suffisant ? Réponse dans une semaine.

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