A la uneActualité générale.Actualités

NÎMES : UN NOUVEAU CHANTIER D’INSERTION À L’ÉCOLE DE POLICE

Photo © objectifgard.com / MA

Ce mardi 7 février, une convention a été signée pour la mise en œuvre officielle d’un chantier d’insertion qui intègre 12 personnes, principalement des jeunes des quartiers pour la réfection d’un bâtiment situé à l’intérieur de l’École Nationale de Police (ENP) de Courbessac (286 avenue Clément Ader). Les signataires n’étaient autres que le préfet du département Hugues Bousiges, Henri Castets, directeur de l'ENP et Délégué Interrégional au recrutement et à la formation Sud, Marylin Zonzon, directrice de l'association Société Protestante des Amis des Pauvres - Maison de la Main et Laurence Charles, directrice territoriale de Pôle emploi.

Une première expérience en 2011

Photo © objectifgard.com / MA

Une première expérience a déjà été menée en 2011. 22 jeunes et adultes avaient bénéficié d’un contrat de 26 heures (CUI – CAE de 6 mois) accompagnés de formations et d’aides à la recherche d’emploi.

D’après la préfecture, sur les 22 bénéficiaires, « 4 d’entre eux ont obtenu un contrat de travail à durée indéterminée, 7 à durée déterminée et 8 une formation ».

Ce nouveau chantier a commencé en janvier de cette année et doit s’achever dans 6 mois, le 15 juin 2012. Et comme nous l’a expliqué Alain Florent, encadrant technique, « il s’agit de restaurer et de transformer la chapelle réformée en dojo pour l’École de Police ». Une tâche conséquente pour des jeunes « qui n’ont jamais touché (pour certains) à ce type de métiers » : « un chantier complet qui comprend tout l’intérieur de l’édifice, avec un travail de placo-plâtre, de peinture et de faux-plafond, ainsi que sur toute la façade extérieure ».

Pour les 12 jeunes issus des ZUP de Nîmes Nord, Sud, et de Chemin Bas d’Avignon (dont deux filles), il s’agit surtout d’une opportunité pour un « retour à l’emploi, de retrouver goût au travail et à la vie en société ». L’animateur et encadrant du chantier, M. Florent, insiste sur l’ambition de l’opération : « le fait d’être dans l’Ecole de police leur montre un cadre structuré qui est différent de leurs habitudes au quotidien. Cela crée des envies, des ambitions », nous confie-t-il.

Alain Florent (au micro) / Photo © objectifgard.com / MA

"J’avais besoin d’un recadrage"

Alain Florent nous précise même que 4 jeunes sont intéressés par l’intégration à l’ENP, même si certains ne l’avouent pas en public (preuve de certains tabous parfois entre eux), sauf Ahamadi (26 ans) qui a malheureusement raté son examen de passage au sein « des cadets de la République » en 2010, mais qui souhaite que ce chantier d’insertion lui ouvre les portes d’une carrière dans la police. Par ailleurs, M. Florent vise à placer « 7 à 8 jeunes au minimum », grâce à cette action qui s’accompagne de formations et d’un suivi pédagogique, au-delà des travaux de réhabilitation. D’ailleurs, certains, comme Ali (19 ans) de la Zup Sud ou Zanbot (21 ans) de la Zup Nord veulent travailler dans le BTP par la suite, à partir « de la découverte du travail sur le placo, ou de la peinture ».

Pour Sabrina (21 ans) du Chemin Bas d’Avignon, « c’est une première à plusieurs titres : premier chantier d’insertion, premier travail, première paie […]. J’avais besoin d’un recadrage », nous dit-elle.

Et si l'on demande à la jeune fille ce que signifie le fait de travailler au sein d’une école de police, si cela l’inquiète, lorsque l’on vient des quartiers où parfois, certains « rejettent » ce qui ressemble de près ou de loin aux forces de l’ordre, Sabrina répond : « Au contraire, c’est lorsque je vois la police que je suis rassurée. En plus, il y a des simulations [exercices au sein de l’école]. Et au moment de ma pause, je peux les regarder. C’est intéressant ».

Ce que les jeunes ont noté au cours de la sélection des candidats réalisée en partie par la mission locale : « Pour une fois, on n’a pas privilégié uniquement ceux qui bénéficiaient des même minimas sociaux (RSA etc.) ». Au moment de la sélection, dix d’entre eux se trouvaient dans le cadre d’un "contrat d'insertion dans la vie sociale" (CIVIS), et deux autres bénéficiaient du RSA d’après Sabrina.

Lors de la signature de la convention sur la période 2012-2013, Hugues Bousiges a remercié l’accueil de cette action par l’établissement, salué l’initiative, et demandé un retour par le biais « d’échanges » sur le sujet, signifiant notamment au jeunes présents : « nous avons besoin de vos réflexions sur ce qui marche, et ce qui ne marche pas [dans le domaine de l’insertion]. C’est nous les vieux. Vous êtes la nouvelle génération ».

Le préfet a rappelé qu’il s’agit du « seul chantier d'insertion porté par un service de l'État », pour un coût total de 575.000 euros, financés pour moitié par l’Etat, pour 39% par l'Europe (223.163 euros du Fonds Social Européen) et enfin, par Nîmes Métropole et le Conseil Général.

Infos Plus :

Les programmes d’égalité des chances au travers des métiers de la police nationale, notamment par le biais du dispositif des Adjoints de Sécurité (ADS) sont nés en 1998. C’est en 2005 que ce premier dispositif a été complété par celui des Cadets de la République.

Etiquette

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité