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GARD : L’ÉTAT TENTE DE SE MOBILISER POUR L’EMPLOI

Photo © objectifgard.com / MA

Ce jeudi 23 février, le préfet du Gard Hugues Bousiges, a fait la présentation « des nouvelles mesures pour l’emploi issues du sommet social du 18 janvier 2012 ».

Un sommet social commandé par Nicolas Sarkozy, et un rendez-vous en préfecture pour la présentation des nouvelles mesures pour l’emploi, le lendemain de l’intervention télévisé du « candidat Sarkozy »… N’y voyez surtout pas autre chose qu’un hasard du calendrier. En tout état de cause, Hugues Bousiges n’a pas hésité à préciser qu’il ne s’agissait pas de programme politique, et a principalement insisté, à travers les propos des divers intervenants, sur l’importance de « faire connaître aux chefs d’entreprises » les aspects pratiques d’ordre administratif des trois axes de ces nouvelles mesures de mobilisation pour l’emploi dans le Gard. Ces trois mesures pour lesquelles l’État consacre 430 millions d’euros sont :

1 - Favoriser l’embauche des jeunes

2 - Prévenir les suppressions d’emploi

3 - Faciliter la sortie du chômage des demandeurs d’emploi les plus démunis.

Comment répondre à ces objectifs d’après l’État ?

Pour l’embauche des jeunes, le dispositif « zéro-charge » est réactivé pour l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans par les entreprises de moins de 10 salariés. Il est le prolongement de ce qui a été mis en place de décembre 2008 à juin 2010 et avait permis 86.000 embauches en Languedoc Roussillon. L’objectif affiché cette année : aider au recrutement de 6.000 jeunes sous 6 mois dans la région.
Par ailleurs, le dispositif « zéro-charge » pour un jeune supplémentaire en alternance reste actif dans les entreprises de moins de 250 salariés. Et le dispositif du « Bonus – Malus » visant à inciter les entreprises de plus de 250 salariés à occuper 4 % au moins d’alternants, est renforcé. Dans le Gard, d’après Gilles Champenois, directeur régional adjoint de la DIRECCTE Languedoc-Roussillon, on compte 38 entreprises de plus de 250 salariés. Mais « on n’a pas les sources capables de savoir combien sont pénalisées ».

On sent l’influence du « modèle allemand » très à la mode ces temps-ci dans les discours politiques, puisque, dans le cadre de ces mesures qui nous ont été présentées, pour « prévenir les suppressions d’emploi », il est question du recours à l’activité partielle. L’idée serait de permettre à une entreprise de ne pas licencier quand elle connaît une baisse temporaire de son activité.

Photo © objectifgard.com / MA

A noter que dans le Gard, en 2011, 1.377 salariés ont été indemnisés au titre du chômage partiel et 128 entreprises ont déposés des demandes pour 259.015 heures potentiellement indemnisables, et représentant 944.800 euros de fonds publics.

Dans le département, pour l’activité partielle de longue durée, 112 salariés ont été indemnisés et 9 dossiers ont été déposés par les entreprises représentant 17.213 heures potentiellement indemnisables et représentant 57.000 euros de fonds publics.

Pour promouvoir ce dispositif de chômage partiel, toute une gamme de mesures est mise en place :

- Simplification du CERFA renseigné par les entreprises sur le site www.emploi.gouv.fr (l’autorisation préalable de l’administration sera supprimée très prochainement).

- Réduction des délais : l’administration s’engage à prendre sa décision dans un délai de 8 jours à compter de la demande. L’organisme payeur (ASP) doit rembourser les entreprises au plus tard 8 jours après réception des demandes.

- Les partenaires sociaux négocient une simplification du dispositif de l’Activité Partielle de Longue Durée

- Promouvoir le dispositif « Former plutôt que licencier ». Sur ce point qui permettrait de « prévenir les suppressions d’emploi » (deuxième axe de mesures), un des moyens serait de : faciliter l’articulation des périodes d’activité partielle et des périodes de formation ; cofinancer des actions de formation, bilans de compétences, V.A.E. dans les entreprises se restructurant (par le FNE - Fonds national de l’Emploi - qui verra ses moyens multipliés par cinq en 2012 ; et de développer la Gestion Prévisionnelle des Emplois.

En ce qui concerne le troisième volet de ces mesures, qui consiste à « favoriser le retour à l’emploi des publics les plus démunis ».

La solution présentée par l’Etat et déclinée aussi dans le Gard : « Une mobilisation accrue des contrats aidés » (Contrat d’Accompagnement à l’Emploi – CAE – et Contrat Initiative Emploi - CIE).

Au 1er semestre 2012 :

- 3.056 CAE peuvent être mobilisés pour les associations, collectivités territoriales, établissement publics au premier semestre 2012; 870 contrats sont conclus à ce jour, soit 28,4% de l’objectif.

- 340 CIE sont disponibles pour les entreprises ; 177 contrats sont conclus à ce jour, soit 52 % de l’objectif.

Photo © objectifgard.com / MA

Pôle Emploi va recevoir tous les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus de deux ans pour leur proposer une solution : contrat aidé, formation, prestation, offre d’emploi. Gilles Gaillard, directeur territorial adjoint pour Pôle Emploi Gard-Lozère a rappelé au cours de ce rendez-vous que « 3185 demandeurs d’emploi sont susceptibles de répondre à ce type de contrat, dont 1184 ont déjà été entretenus ». Les 3.000 seront tous passé en entretien individualisé d’ici à la fin du mois de mars 2012, ce qui représente 15 % des demandeurs d’emploi du département.

Le mot d’ordre désormais pour le Pôle Emploi, c’est « individualiser » son approche en direction des demandeurs d’emploi. L’organisme dispose de moyens supplémentaires : 93 CDD en Languedoc Roussillon dont 24 pour le Gard.

Mais, on peut se demander comment faire se rencontrer une offre et une demande sur un marché du travail, mouvant et en pleine mutation, même si des constantes demeurent localement avec des secteurs plus ou moins pérennes comme le BTP, l’hôtellerie, la restauration ?

Là, les intervenants n’ont pas réellement de réponses. La formation, oui, mais laquelle ? « Nous n’avons pas de secteurs prédéfinis », nous indique M. Gaillard. Pour les 450 formations débloquées en 2012 par le Pôle Emploi, « nous agirons au cas par cas », ajoute-t-il. Un doute subsiste sur les moyens d’individualiser, alors que les ressources humaines semblaient déjà très insuffisantes d’après les syndicats, avant l’arrivée de 24 nouveaux agents dans le cadre de la mise en place de ces mesures, qui réclameront sans doute plus de travail pour le Pôle Emploi. Rappelons qu’en décembre 2011, le Gard comptait 40.362 demandeurs d’emploi de catégorie A, dont 3.341 entrées et 2.747 sorties, d'après les chiffres transmis la la DIRECCTE.

Photo © objectifgard.com / MA

Concernant les plus démunis face à l’emploi, les 870 CAE et 177 CIE déjà conclus pour le premier semestre 2012, soit le « meilleur score de la région » serait-il le signe d’une précarisation du marché de l’emploi dans le Gard, ou le fait que ces outils fonctionnent bien ? Le préfet lui-même a posé ouvertement la question, sans que l’on ait de véritable réponse aujourd’hui. Mais, les associations seraient en demandent de ces contrats qui avaient une temps « disparu », ou n’étaient pas renouvelés. Aujourd’hui l’Etat fait machine arrière et ces contrat sont même renouvelé jusqu’à 24 mois, alors qu’ils étaient péniblement renouvelés 6 mois il y a peu. On rappelle qu’il s’agit de contrat de 20 heures par semaine.

Rappels chiffrés :

En 2011, le taux de chômage dans le Gard (12,6 %) restait de 3,3 points supérieur au taux national, mais demeurait le moins touché par la hausse des demandeurs d'emploi dans la région.

L'engagement budgétaire de l’État pour les mesures d’urgence pour l’emploi et la formation : 430 millions d’euros, dont 230 millions pour la formation et 200 millions pour l’emploi.

Au 3ème trimestre 2011, le taux de chômage était de 12,6% dans le Gard, contre 12,9% en Languedoc Roussillon. Sur les 12 mois de l'année, il était quasi-stable avec +0,1 % (+0,3% dans la région).

Le chômage des jeunes a progressé : + 4,2% entre décembre 2010 et décembre 2011 (L.R : +5,3% ; France : + 2,8%).

Le chômage des seniors atteignait, fin décembre, 8.791 demandeurs, soit une augmentation de 16,6 % sur 12 mois (France : + 16 %).

Info Plus :

Pour avoir plus d’information sur le dispositif « zéro charges », rendez-vous sur le site spécifique du dispositif www.emploi.gouv.fr/zerocharges, le site de Pôle Emploi www.pole-emploi.fr, ou appeler le 39 95.

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