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ÉLECTION CCI, E. GIRAUDIER : « DIGNE DE CE QUI SE PASSE EN CORÉE DU NORD »

Photo © objectifgard.com / MA

La dernière élection à la CCI, les 24 et 25 février dernier a donné une victoire écrasante à la liste menée par Henry Douais (président de la CGPME du Gard et ancien adjoint de Jean-Paul Fournier à la mairie de Nîmes). Dès les premiers résultats de l’élection des collèges "Services" et "Industrie", Éric Giraudier, l’ex-président de la CCI (qui a siégé durant un an environ) avait expliqué qu’il avait des suspicions sur les conditions dans lesquelles ces élections consulaires s’étaient tenues.

Ce jeudi 1er mars 2012, Éric Giraudier et une partie de son équipe et de soutiens étaient présents à l’hôtel Atria, à Nîmes, en fin d’après-midi, afin d’exprimer les raisons de son recours en annulation de ces élections auprès du tribunal administratif. Mais M. Giraudier n’a pu être aussi explicite que nous aurions pu l’espérer au vue de l’engagement, en cours, d’une procédure judiciaire. Pourtant, comme nous l’avions déjà annoncé, il a rappelé le caractère « anormal » du taux de participation de ces élections « partielles » : « près de 31 % », ce qui équivaudrait, d’après M. Giraudier, dans le cadre de cantonales partielles, à un taux de participation de 80 %, soit quelque chose « d’incroyable, de jamais vu, pour des chefs d’entreprises qui n’ont, la plupart du temps, pas la possibilité de se rendre en préfecture pour récupérer son matériel de vote, des quatre coins du département, pour une élection qui fait suite à une première annulation ». Dans « un contexte normal », la progression enregistrée dans le collège « Industrie » par la liste menée par M Douais serait « irréalisable » d’après le candidat sortant, soit + 68 %. Il est par ailleurs souligné que les élections de 2010 avaient profité d’une grande campagne nationale appelant à ce que les entrepreneurs participent au vote des chambres consulaires, et pour la CCI de Nîmes, on avait enregistré « que 16 % de participation sur le territoire ». Or la liste Giraudier l’avait emportée. Cette fois, c’est l’inverse qui s’est produit, pourtant, cette dernière a progressé dans les trois collèges tout de même, sans obtenir le moindre siège. Ce qui étonne dans son camp. On compterait environ 1.800 votants à Nîmes cette année, pour 2.200 à 2.300 environ en 2012.

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C’est là que M. Giraudier sort son scoop : « plusieurs milliers de bulletins de vote se sont retrouvés dans la nature », sans nous révéler l’ensemble des détails matériels qui ont été mis à disposition du juge administratif. Le juge, qui « a déclaré comme tout à fait recevable le recours en annulation ». Le tribunal statuera, « au minimum d’ici à quatre semaines », un délai qui pourrait néanmoins s’étendre jusqu’à quatre mois.

Il se trouve que M. Giraudier et son équipe s’appuieraient sur « différents moyens dont nous avons pu fournir des preuves, des témoignages, des anomalies que nous avons identifié et qui reste encore à démontrer ». Il ajoute, comme il l’avait déjà déclaré : « je ne suis pas satisfait du résultat, mais je suis moyennement surpris, car nous avions vu des signes durant la campagne, et avions déjà consigné des éléments relevés durant la précédente campagne, mais pas dans de telles proportions ».

« Le tiers des bulletins envoyés dans les deux derniers jours »

Une interrogation soulevé par l’ancien président de la CCI : « Le tiers des bulletins, soit environ 2000, ont été envoyés dans les deux derniers jours ». Il s’agirait d’une volonté extérieure qui se serait procuré le matériel de vote normalement dévolu aux différents chefs d’entreprise qui devaient exprimer leurs suffrages. A partir de là, qui, quoi, comment ? Nous n’aurons pas la réponse pour le moment, mais d’après les requérants, il ne s’agirait pas des services de la préfecture. Une accusation grave de la part d’Éric Giraudier. Il ne manque d’ailleurs pas de rappeler que « la loi précise que le recueil de matériels de vote est totalement prohibé ». Il s’agirait, d’après le camp Giraudier «d’une manœuvre orchestrée depuis le départ pour qu’il y ait un écart de voix suffisamment important qui rende illégitime tout recours ». Or, si cela venait à être prouvé, « quelle que soit l’ampleur de la fraude [le nombre de bulletins] la procédure en annulation est valable ». En ce qui concerne les éléments matériels, « des attestations » en possession du représentant de la liste Medef montreraient que « des gens qui auraient dû recevoir le matériel de vote ne l’on jamais reçu ». On parlerait de 3.500 bulletins environ « partis dans la nature », provenant pour partie de personnes qui avaient voté en 2010 (aux dernières élections) et qui n’auraient pas reçu de matériel de vote cette fois-ci. Ce matériel de vote n'aurait quant à lui jamais fait son retour en préfecture, comme la loi l’indique, au cas où les services postaux ne trouvent pas l’adresse indiquée. « Une expertise a été demandée auprès du juge pour 1.500 à 1.800 bulletins qui sont sujet à caution », nous précise-t-on et les "6.000 enveloppes on été mises sous séquestre". Un des exemples de situation avancés : « imaginez un chef d’entreprise à qui l’on dit, alors qu’il vient chercher son matériel de vote, eh bien non vous avez déjà voté ! Ou encore une personne basée à l’étranger durant la période où il aurait dû participer au vote ». Un des chefs d’entreprise présents aux côté de M. Giraudier précisant : « c’est comme quand on fait voter les morts ». Sur d’éventuelles collusions politiques : « A Nîmes, je crois que c’est pire qu’une république bananière, c’est la Corée du Nord. Des personnes veulent concentrer le pouvoir », déclare Éric Giraudier, sous-entendant clairement le pouvoir en place sur la ville, et rappelant que « la loi demande à ce que les chefs d’entreprise participent en tant qu’interlocuteurs aux décisions, ce qui veut dire que nous ne sommes pas des bénis oui-oui ».

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Éric Giraudier prétend défendre une démarche « apolitique » et ajoute : « que cela prenne quatre semaines, quatre mois ou quatre ans, les chefs d’entreprise réinvestiront leur maison ».

Et maintenant… ?

Nous devrons attendre la décision du juge administratif d’ici au minimum quatre semaine, et savoir si d’aventure une prochaine élection à la CCI de Nîmes devra se tenir, alors que d’ici peu l’assemblée de la chambre de commerce et d’industrie va être installée par le préfet Hugues Bousiges, ce que regrette M. Giraudier, qui aurait préféré que « le préfet prenne connaissance de cette réclamation (déposé ce jeudi) avant de convoquer cette installation », qui serait alors potentiellement "illégitime".

Enfin, le président sortant précise que sur les centaines de personnes qui composent la liste de M. Douais « peut-être trois, quatre ou cinq personnes connaissaient les manœuvres, mais le discrédit est jeté sur l’ensemble des chefs d’entreprise ». Concernant cette affaire qui pourrait encore subir de multiples rebondissements, Éric Giraudier ne se prononce pas sur d’éventuelles poursuite au pénal, mais lâche un « on réfléchit » évocateur…

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