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ALÈS, CONDAMNATION DE DEUX POMPIERS GRÉVISTES POUR DÉGRADATIONS

Photo © objectifgard.com / MA

Au cours du mouvement de grève lancé par les pompiers de la caserne d’Alès au début de l’année 2012, dans le cadre de revendications liées à leurs « conditions de vie » à la caserne (prise de repas essentiellement), deux pompiers s’étaient rendus coupables de dégradations, alors qu’il n’étaient pas en service. Une cuisinière avait été mise hors de la cuisine, tuyau de gaz sectionné, ainsi qu’une table, de la vaisselle et quatre micro-ondes, des actes que les pompiers avaient reconnu en partie et regretté, lorsqu’ils s’étaient rendus d’eux même à la police d’Alès, puis de nouveau ce vendredi 9 mars, lors de leur audience devant le tribunal correctionnel d’Alès. A noter que les pompiers avaient d’eux même remplacé le matériel disparu (les fours micro-ondes) à la suite des évènements.

Les deux alésiens ont finalement été condamnés à 1.000 euros d’amande avec sursis chacun (sans inscription au casier judiciaire), auxquels s’ajoute 200 euros de frais de justice et 250 euros de dommages et intérêts pour le Sdis (plaignant), soit un total de 900 euros pour les deux auteurs.

Cependant, ce que déplore tout de même le syndicat des Autonomes, par l’intermédiaire de Laurent Doudoux (président du FASPP 30), « c’est que ce pourquoi les deux collègues ont été convoqué – destruction de matériel - est passé très vite au cours de la plaidoirie de l’avocat du Sdis, pour se focaliser sur l’atteinte à l’image des sapeurs-pompiers, ce pourquoi ils n’étaient pas jugé en l’espèce ».

Il s’agirait d’une peine « disproportionnée pour Laurent Doudoux », au point de se demander si « faire du syndicalisme dans le Gard, cela ne va pas coûter cher ». Il surenchérit : « on est jugé comme des criminels, lorsque l’on voit que l’on passe dans des conditions de droit commun, juste après une affaire de trafic de stupéfiant ! »

Autre élément que le syndicaliste soulève concernant la disproportion des sanctions : le fait qu’en parallèle, les deux sapeurs-pompiers sont sous le coup d’une « suspension conservatoire depuis le 20 janvier 2012 », qui a été suivie d’un conseil de discipline le 23 janvier, instance qui a prononcé « une sanction d’un mois de mise à pied ». Une sanction prononcée par un magistrat qui siégeait dans ce conseil de discipline, et qui n’a pas suivi, la demande de l’administration qui était de 12 mois, soit une peine « encore plus sévère », d’après M. Doudoux.

Ce lundi 12 mars, les deux pompiers condamnés par le tribunal vendredi seront reçus par le directeur départemental du Sdis pour « arrêter la suspension conservatoire et signer les sanctions administratives ». Pour le président du FASPP 30, au total, si l’on compte la mesure conservatoire entamée le 20 janvier, la perte sèche pour chacun des pompiers pour ces actes de dégradations représentent environ 3.500 euros de salaires (sans compter la non cotisation pour la retraite et l’avancement) en plus des sanctions pénales (900 euros pour les deux) et le remplacement du matériel dégradé (environ 200 euros). Des conséquences qui font réagir le représentant syndical : « la peine administrative est plus lourde que la sanction pénale », ce qui le fait se demander une nouvelle fois : « Est-ce qu’on a le droit de revendiquer en France ? »

Messieurs les pompiers, malgré le capital sympathie souligné durant l’audience, il ne pourra sans doute pas vous offrir un total blanc-seing sur toute vos actions vous répondront les plaignants. Alors, les pompiers paieraient-ils la médiatisation de leurs actions auprès de leur administration ?

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