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ALÈS : « LE TORCHON BRÛLE » ENTRE UNE PARTIE DES POLICIERS ET LA JUSTICE

Deux affaires provoquent actuellement la grogne d’une partie des policiers du commissariat d’Alès, au premier chef duquel, Jean-Marc Rouvière, délégué syndical de l’Unité SGP-Police.

En cause, comme ce fut déjà le cas à la suite d’une relaxe en février dernier, pour des présumés auteurs d’incendie de poubelles pris en flagrant délit : « le manque de suivi de la justice et le fait de relâcher trop facilement certains délinquants interpellés quelques heures auparavant».

Pour la première affaire, plusieurs policiers auraient été blessés lors d’une interpellation dans le quartier des Prés Saint-Jean, vendredi 23 mars, dans la soirée. Les fonctionnaires sur les lieux recherchaient un individu pour des faits de violences en réunion notamment, un individu connu des services de police. Dans le cadre de cette recherche s’appliquait l’article 78 du code de procédure pénale comme nous l’indique M. Rouvière, qui permet « l’usage de la force ». Justement, l’individu en question, repéré par les policiers refuse d’obtempérer, et projette une chaise sur l’un d’eux, la famille du jeune homme serait intervenu également en compagnie du demi-frère du premier, ce qui provoquerait un « véritable pugilat », d’après M. Rouvière. S’en suit une poursuite dans une cage d’escalier, un policier se serait fait mordre un doigt. Finalement deux individus ont été placés en garde à vue, et deux autres devraient être interpellés dans le cadre de cette affaire prochainement.

Toutefois, dès 23h30, les deux hommes ont été remis en liberté, d’après le fonctionnaire de police délégué syndical, qui précise, que l’un d’eux, mineur, s’est vu remettre une convocation pour être jugé à Nîmes ultérieurement. L’autre aurait précisé qu’il « ne reviendrait pas », malgré l’obligation qui lui est faite de se présenter mardi 27 mars au commissariat d’Alès. Pour le policier alésien, « c’est inadmissible de voir repartir des délinquants après avoir commis des actes répréhensibles et blessé quatre policiers ! » S’exclame-t-il. « Le problème c’est qu’il faudrait arrêter son travail à l’heure le vendredi soir, parce que l’on n'arrive pas à joindre le JLD [juge des libertés] quand il le faut », ajoute M. Rouvière. Ce que le policier regrette, c’est le travail investi en vain. Il évoque aussi le sentiment d’impunité ressenti par les victimes.

Il témoigne : « les conditions sont de plus en plus dures. Nous sommes de moins en moins respectés par les délinquants à cause du manque d’application de la justice », visant en l’espèce l’un des substituts du parquet d’Alès pour le premier cas.

Dans une seconde affaire qui s’est déroulé samedi après-midi, dans un parc pour enfants du centre-ville d’Alès (entre la rue Mandajors et la rue du 14 juillet), alors qu’une mère est intervenue pour empêcher qu’un homme, apparemment sans domicile fixe, ne s’approche de son enfant, alors seul dans sa poussette. L’individu a affirmé qu’il avait seulement tendu les bras. Les parents, de leur côté, avaient donné son signalement aux policiers qui ont localisé l’individu en question grâce à la police municipale qui gère le système de vidéosurveillance de la ville. « Faute d’éléments suffisants », l’homme (qui possédait une « grosse lame de cutter ») a été relâché aussitôt d’après Jean-Marc Rouvière, qui comprend l’inquiétude et la colère des parents, puisque dans ce cas précis : « il était connu de nos services et avait déjà été interpellé le 20 octobre 2011, alors qu’il s’était introduit dans un service de pédiatrie de l’hôpital d’Alès. Il aurait visité plusieurs chambres dont une, dans laquelle il aurait tenté d’embrasser sur la joue un enfant de 5 ans. A cette époque. Les parents étaient intervenus également. Nous l’avions interpellé. Et le parquet avait déclaré qu’il n’y aurait pas de poursuites, parce que les faits n’étaient pas suffisamment établis ».

Même si le délégué syndical du commissariat d’Alès reconnaît qu’il ne « veut pas faire le métier d’un autre », il regrette, « en tant que policier, syndicaliste et père de famille, le laxisme de la justice ». Il ajoute, tentant un lointain parallèle avec les faits beaucoup plus graves de Toulouse et Montauban : « quand il n’y a pas de suivi, le plus grave est à craindre ».

D’après le policier, pour cette deuxième affaire, ce type d’individus connus, pourraient, légalement « être placées en hospitalisation d’office, représentant un danger pour la société et pour lui-même ». M. Rouvière explique que les experts et psychiatres ont, dans ce cas, 72 heures pour statuer, avant que le maire ne prenne un arrêté, et que la police nationale n’intervienne.

Le délégué syndical de l’Unité SGP-Police appelle ainsi ses collègues : « A faire désormais le minimum, et à ne plus faire d’initiative, se retrouver ainsi blessé, et que les délinquants soient relâchés ». Il ajoute : « la population en pâtira malheureusement ».

Espérons donc que l’entente entre justice et police sur Alès puisse rapidement se réinstaller pour le bien-être de tous…

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