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CRUVIERS-LASCOURS : Nutritis veut devenir leader du sucre de fruit et le montre !

Photo © objectifgard.com / MA

Suite à un premier rendez-vous au mois d’avril dernier, les dirigeants et membres de la société Nutritis ont organisé leur « Grand Opening » ce mercredi 30 mai, en présence de nombreux clients, fournisseurs et partenaires privilégiés pour l’ouverture du site gardois de Cruviers-Lascours (situé entre Nîmes et Alès). Cet évènement qui se tenait jusqu’au soir, a consisté dans un premier temps, en une présentation à la presse des installations et du projet de l’entreprise agro-alimentaire qui ambitionne de devenir le leader européen du sucre de fruit. Ensuite, en fin de journée, une inauguration devait se dérouler de manière officielle, avec plusieurs dizaines d’invités.

Pierre Lapoujade, fondateur et président du directoire de l’entreprise née en 2006, et dont le siège social est à Moissac (Tarn-et-Garonne), a rappelé que l’investissement sur le site, où se situe également les installations de Grap’Sud (leader européen des sucres de raisin), partenaire depuis juillet 2009, se monte déjà à « 9 millions d’euros, dont 6 millions d’équipement neuf : ce qui n’est pas négligeable à l’heure de la volonté de ré-industrialisation ». L’ambitieux chef d’entreprise souligne également que « le chantier mécanique a duré 9 mois ». La capacité de stockage des concentrés de jus de fruit provenant des sites du Minervois et d’Espagne est égale à 10.000 tonnes par an, « extensible à 20.000 tonnes ».

Au niveau de la stratégie commerciale, l’entreprise basée à Cruviers-Lascours a pour objectif de ravir un marché de « niche » et alimenter des clients qui visent eux-mêmes à proposer des produits naturels, de qualité, de faible teneur en sucre, et de faible teneur en calories, mais avec un fort pouvoir sucrant.

Photo © objectifgard.com / MA

C’est ce qui nous a été présenté à travers les résultats d’une récente étude de l’INSERM, qui aurait conclu à une teneur en glycémie « moitié moins forte » avec le procédé d’extraction de fructose de Nutritis « par rapport à un procédé synthétique », ou à partir de betterave [l’étude est basée sur des tests réalisés sur des souris, puis sur une douzaine de personnes].

Le secret de fabrication de Nutritis, qui ne nous a pas entièrement été révélé et qui propose 3 gammes de sucres « 100 % fruits » (dont la répartition en fructose, saccharose, glucose est différente) , nous a été en partie explicité par M. Lapoujade, mais aussi par Michel Cotillon, de Novacep Process, s’appuyant sur le principe de « chromatographie », utilisé en laboratoire, et ici à grande échelle. Il s’agit se séparer le glucose et la fructose au cours d’un procédé continu de raffinage. Pour cela, une seule énergie nécessaire : la vapeur d’eau, qui permet au cours de l’acheminement du jus de fruits « déclassés », rendu impropre à la vente (du fait d’une maturité et d’un calibrage non standars notamment), mais toujours consommables, à travers les six cellules de l’usine gardoise, qui produit 25 à 30 tonnes de produit fini par jour.

L’innovation réside aussi dans la capacité à proposer « de manière stable », un produit contenant plus de 95 % de concentration en sucre, avec une répartition, selon les usages (confitures, glaces…), de 65% de fructose et de35 % de glucose par exemple.

Photo © objectifgard.com / MA

Par ailleurs, au cours du procédé d’extraction, un élément notable est mis en avant par Michel Cotillon et Pierre Lapoujade : l’action d’un « thermo compresseur », qui permet « de travailler à basse température (70°), pour ne pas détériorer le produit ». Ce système offrirait également des moyens d’économiser de l’énergie, ne nécessitant que « 350 g de vapeur d’eau pour obtenir 1 kg d’eau » à la sortie pour la suite du traitement. Une succession « d’effets » suivent différentes « évaporations » à travers un circuit d’extraction complexe.

Un futur employeur pour le bassin alésien…

Une entreprise innovante qui pourrait mobiliser des futurs emplois. Il semble que la direction souhaite recruter exclusivement local. Carlos Martin, directeur de production sur le site Nutritis de Cruviers-Lascours, nous explique que l’usine qui a pour but de « déminéraliser les jus de fruits pour récupérer la fructose » tourne actuellement avec  « trois personnes en 3/8 ». Il précise : « mais d’ici un an, on devrait recruter cinq nouveaux conducteurs d’installation, ce qui porterait le total à dix conducteur d’installation ». L’usine passerait alors à un roulement de 5/8, soit cinq équipes de deux personnes, auxquelles s’ajouteraient « deux personnes à la journée. Le site de Cruviers-Lascours passerait de neuf actuellement, à une quinzaine d’employés » en l’espace d’un an, d’après les prévisions de la direction, tandis que sur l’ensemble des trois sites du groupe Nutritis, le nombre de salariés passerait de 28 à 35.

S’agissant du périmètre du bassin d’emploi concerné, M. Martin parle d’une « vingtaine de kilomètres » lorsqu’il s’agit des futurs jeunes diplômés susceptibles d’être recrutés prochainement. Une explication sur le potentiel local : « on a un potentiel avec Axens, Rodia etc., et la formation CAIL [conducteur d’engin industriel chimique] proposé sur Alès. Un Bac Pro ou BEP rarement proposé en France », conclut-il.

Info Plus :

7,5 millions d’euros : c’est le montant des prévisions du Chiffre d’affaires 2012 pour Nutritis

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