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ONF : 14 postes d’agents menacés de disparaître pour le secteur Gard-Hérault

C’était une première, hier (mardi 19 juin 2012), à l’appel de l’ensemble des syndicats représentés au sein des agents de l’ONF (Office National des Forêts), quatre ville de France ont été le théâtre de manifestations rassemblant des agents en colère, suite aux coupes franches dans les effectifs qui se succèdent au rythme des divers contrats de plan, le dernier en date pour 2012-2016, qui supprimerait 700 postes environs sur les 6.700 actuels. Pour la seule agence départementale Hérault – Gard, de sources syndicales, 14 suppressions de postes sur les 90 actuels sont programmés.

Une situation qu’Irène Lebeau, responsable syndicale régionale pour la CGT au sein du personnel de l’ONF, ne peut accepter. Elle demande « l’arrêt des suppression de postes liés à la RGPP, et au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux » qui mettrait en péril la gestion des forêts. C’est ce qui l’a poussé à répondre à l’appel de l’intersyndicale, et à se rendre dès 10h00, hier matin, au siège de la direction territoriale de l’ONF des Midi-Pyrénées, à Toulouse, avec une vingtaine d’agents du Languedoc-Roussillon. Au total une centaine de manifestants se sont mobilisés (des régions Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon). Vers 14h00, une délégation a pu déposer en préfecture de Toulouse, « une lettre ouverte » rappelant les revendication des agents et le fait qu’il n’y aurait « plus d’écoute de la part de la direction », déclare Mme Lebeau.

Alors que, dès le printemps de cette année, un mouvement de grogne avait déjà été initié à Nîmes contre « les différents contrats de plans successifs » (dixit la représentante syndicale CGT régionale), cette fois-ci, il s’agissait de « sensibiliser le nouveau Gouvernement » et « demander une grande réflexion sur la forêt et les moyens d’avoir un service forestier avec un financement plus stable ». En effet, d’après Irène Lebeau, la principale source de financement serait « issue de la vente du bois, donc lié au marché internationale, d’où une logique productiviste qui n’ait pas en rapport avec les missions de l’ONF », explique-t-elle. Ce que les agents craignent : moins de moyens pour des missions de plus en plus importantes : gestion des forêts, protection, accueil du public (de plus en plus nombreux), rôle lié à une évolution du climat, protection de la biodiversité, cycle de l’eau, protection des sols, besoins sociaux auxquels il faut répondre… Des missions qui seraient de moins en moins financées.

Demeurent tout de même deux missions essentielles, toujours financées par l’Etat : La Restauration des Terrains en Montagne (l’ONF veillant à la stabilité des sols contre les menaces pour la population) et la prévention contre les incendies.

Par ailleurs, une problématique a été soulevée par l’intersyndicale à propos du financement des pensions-retraites des personnels de l’ONF. De sources syndicales, ce qu’on appelle les « cash pensions » seraient à la charge de l’ONF, et non à l’Etat, comme cela est le cas habituellement pour les fonctionnaires, ce qui grèverait le budget de l’organisme, à hauteur de 20 millions d’euros par an.

Sur le secteur Gard-Hérault, un problème demeurerait, comme ailleurs, une superficie de plus en plus importante à couvrir par les agents. « Sur l’Aigoual, concernant la forêt domaniale, les trois personnels de terrain sont partis, et ne devraient pas être remplacés, même si la décision n’est pas encore officielle », d’après Mme Lebeau. La superficie moyenne à gérer (« triage ») doublerait. Lorsqu’un contingent couvrait de 1.500 à 2.000 ha, il devra couvrir 3.000 à 3.500 en moyenne. Une situation qui menacerait même le respect des missions de l’ONF dans le secteur Gard-Hérault : « la surveillance est de plus en plus difficile pour le risque feu de forêt. On est moins disponible pour l’accueil du public et la gestion des forêts », insiste la représentante syndicale.

Un mouvement de grogne qui ne fait que commencer donc. Le 5 juillet prochain, les représentants syndicaux nationaux devraient être reçus par les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement sur ce dossier.

Mickaël Attiach
mickael.attiach@objectifgard.com

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