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PORTRAIT : Nicolas Resseguier, un spécialiste du système bancaire ancré dans le terroir Gardois

Nicolas Resseguier, directeur départemental de la Banque de France - Nîmes - Photo © objectifgard.com / MA

Parmi les personnalités locales qui comptent, Nicolas Resseguier en est une qui manie aussi les comptes et les finances gardoises. Il est en effet le directeur départemental de la Banque de France. Né à Toulon il y a 49 ans, celui qui a pris ses fonctions à Nîmes il y a près de trois ans maintenant, n’est pas totalement étranger à la région, où il renoue avec une partie de ses racines.

Nicolas Resseguier, qui est à la tête d’une équipe de 60 personnes, se livre sur son parcours, en toute simplicité… Entretien vérité.

Objectif Gard : Expliquez-nous brièvement à quoi sert la Banque de France aujourd’hui ?
Nicolas Resseguier 
: « Tout d’abord, à la Banque de France, nous sommes les gendarmes et les pompiers de l’économie locale. Il s’agit notamment de venir en aide aux entreprises en difficulté, qui n’arrivent pas à obtenir des crédits par exemple [dans un rôle de médiateur de crédit]. Nous assurons un service public auprès des ménages et des entreprises, mais nous travaillons aussi avec les banques. On aide 2.500 ménages par an, ce qui représente 200 par mois, dans le Gard. Nous assurons également un rôle auprès des juges sur la question du surendettement des ménages, à travers notre mission du droit au compte. On impose lorsqu’il le faut un compte à une banque au bénéfice d’un particulier ou d’une entreprise qui se verrait refuser ce service ou suite à sa fermeture. On compte deux ouvertures par jour de  compte selon cette procédure, soit une augmentation de 10 à 15 % par rapport à l’an dernier » [contexte de crise oblige].

O.G. : En quoi consiste le métier de directeur de la Banque de France ?
N.R. :
« Mon boulot consiste à la fois dans l’animation d’équipe et la communication externe. J'oriente et conduit un tableau de bord. On a beau assumer un service public, nous avons des objectifs mensuels à remplir répondant à des normes d’efficacité. Pour la partie communication, je suis en relation avec la vingtaine de banques différentes du territoire, ce qui est important comparativement à d’autres départements, mais aussi avec les institutions (préfet…) et les élus, que je rencontre régulièrement. C’est essentiel aujourd’hui de faire mieux connaître notre service public ».

O.G. : Comment on en vient à prendre  cette trajectoire peu connue du grand public ?
N.R. :
« comme je le dis souvent à mes étudiants [il donne des conférences notamment à l’Ecole des Mines d’Alès], quand j’étais à leur place, je ne savais même pas à quoi correspondait ce poste. C’est mon intérêt pour l’économie qui m’y a amené. J’ai d’abord fait des études d’économie et de Sciences politiques. Après avoir fait une préparation à l’ENA, j’ai décroché le concours de la Direction de la Banque de France (en 1985). Beaucoup travaillent dans l’administration centrale ou à des postes industriels. Moi j’ai failli partir deux-trois ans à l’étranger (Moscou ou Singapour). Et puis j’ai d’abord atterri à Lyon, c’est moins exotique. Cela reste un regret, même si j’apprécie mon parcours jusque-là. Mais, c’est pour cela que je tiens à poursuivre l’enseignement et avoir une vue d’ensemble de l’économie. Je reprends à la rentrée à l’Ecole des Mines d’Alès, en octobre pour le congrès des maires du Gard et pour la jeune chambre économique en novembre ».

O.G. : Comment êtes-vous arrivé à Nîmes ?
N.R. :
« Ce fut un vrai choix de venir ici il y a deux an et demi, alors que nous étions une dizaine de postulants. En moyenne, on reste environ cinq ans en poste, mais cela peut aller jusqu'à huit. Je suis passé par Lyon, Annecy, Montpellier, la région parisienne. Précédemment, j’occupais un poste de directeur à Montrouge (Hauts-de-Seine) ».

O.G.: Parlez-nous de votre attachement à cette région...
N.R. :
« Mon arrière-grand-mère, née à Béziers, décédée il y a vingt ans, a été la doyenne du Languedoc. A l’époque, il était plus rare de vivre jusqu’à l’âge de 107 ans. Je reviens donc sur les terres de mes ancêtres où il fait bon vivre. D’ailleurs mes deux garçons, Guilhem et Valentin sont nés à Montpellier. Je me plais beaucoup à Nîmes. J’habite au-dessus de la Banque de France. Mais je n’oublie pas mes racines viticoles héritées de mon arrière-grand-père, qui a été maire de Malagas (Hérault). Je venais souvent, plus jeune, faire les vendanges dans la région. Et je retrouve ici, cette passion, notamment au travers d’initiatives, comme les "JeuDiVin" [dans le cadre des Jeudis de Nîmes]. J’ai d’ailleurs redécouvert certains vins blancs de la région, même s’il n’y a pas que la viticulture dans le Gard… ! »

O.G. :  Justement, pour vous qui êtes au carrefour de l'économie et du social, quels sont les atouts du département ?
N.R.
 : « Je vois trois atouts principaux : une attractivité due à la croissance démographique : on compte environ 8.000 personnes de plus par an, en moyenne. De là découle une économie résidentielle et une attraction touristique importante. Et puis, l’industrie : malgré certaines fermetures, il y a encore des projets industriels intéressants. Et enfin, l’Ecole de Mines d’Alès, source d’incubation d’entreprises ».

O.G. : Alors que l’Europe vit des heures difficiles, quelles incidences peut-on craindre ?
N.R.
 : « Je vois l'Europe comme quelque chose de positif. L’Euro pour nous c’est le résultat de l’association de puissances. En associant les banques centrales, on a gagné en puissance et en efficacité. On se retrouve à gérer un réseau européen d’entreprises. Les succursales différentes comme Hanovre (Allemagne) ou Milan (Italie) échangent leurs expériences et collaborent ».

O.G. : Il faut plus d’Europe encore alors ?
N.R. 
: « C’est inéluctable. Aujourd’hui, la Banque de France fait partie du système européen des banques centrales. Nous sommes une vraie structure fédérale. Je suis convaincu que la solution passe par le fait d’accroitre le pouvoir de l’Europe. L’économie se moque des frontières. Les structures nationales doivent s’additionner sous une direction européenne. Par ailleurs, il faut instaurer un système de garantie de dépôts bancaires, afin d’éviter tout risque de panique, comme ce qui s’est passé en Grèce. On progresse, mais il faut que l’on avance plus vite de manière réaliste et efficace ».

O.G. : Et dans le Gard ? Quel rôle jouez-vous sur cette évolution ?
N.R. : « On y contribue dans une certaine mesure, au niveau local, à ce contrôle européen, par exemple dans des opérations de lutte contre le blanchiment d’argent ou sur la question des prêts toxiques et le contrôle de la commercialisation des produits financiers ».

Mickaël Attiach
mickael.attiach@objectifgard.com

1 commentaire sur “PORTRAIT : Nicolas Resseguier, un spécialiste du système bancaire ancré dans le terroir Gardois”

  1. Question économique de base car en lisant cet article on se perd bien trop en conjoncture …
    Ou est passé le D manquant de BDF en arrière plan ?
    N’est ce pas un malheureux et douloureux présage d’une prochaine raréfaction des moyens – dégagés – pour sauver notre pays ?

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