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BEAUCAIRE-TARASCON : Un commissariat pas comme les autres…

Le commandant Dominique Huart (Chef de circonscription de la sécurité publique (CSP) Beaucaire-Tarascon - Photo © objectifgard.com / MA

Le commissariat de Beaucaire-Tarascon est aujourd’hui « un OVNI » en terme d’organisation des services de la sécurité publique. A tel point qu’en marge de l’entretien que nous a accordé il y a peu, le nouveau directeur départemental de la police nationale (DDSP), « il s’agit d’un commissariat pilote », puisqu’il se situe à la frontière de deux départements, le Gard et les Bouches-du-Rhône. C’est également ce que souligne le commandant Dominique Huart, qui est à la tête de la fusion des deux commissariats Beaucaire-Tarascon depuis 2011, soit un effectif de 108 fonctionnaires.

Le commandant Huart a l’expérience du terrain gardois et des environs de Beaucaire, puisqu’après un passage au commissariat de Villeneuve-lès-Avignon entre 2003 et 2007, à Nîmes, entre 2007 et 2009, il est chef de circonscription de la sécurité publique à l’ancien commissariat de Beaucaire entre 2009 et 2011.

D. Huart évoque la complexité de cette fusion en un « territoire unique bi-départemental ». « Ce n’est pas un problème pour les agents qui passent d’un côté ou de l’autre du Rhône pour aller travailler », commence-t-il par dire. C’est à un autre niveau que cela se complique.

Au niveau administratif, c’est la DDSP 13 qui chapote le commissariat de Beaucaire-Tarascon, même s’il existe « une dichotomie administrative », avec la sous-préfecture d’Arles (Bouches-du-Rhône) et la préfecture du Gard. En parallèle, s’ajoute une « dichotomie judiciaire », puisque les faits commis à Beaucaire sont jugés par le TGI de Nîmes, tandis que les faits commis à Tarascon sont toujours jugés par le TGI de Tarascon. Concernant les gardes à vue, désormais, même lorsqu’il s’agit de faits commis à Beaucaire, le TGI de Tarascon se charge du suivi de celles-ci. A noter que cet artefact policier se trouve à la frontière de deux préfectures de région : le Languedoc-Roussillon et la PACA.

Commissariat de Beaucaire-Tarascon - Photo © objectifgard.com / MA

Concrètement, pour le commandant Huart, cette fusion a demandé « deux fois plus de travail », notamment dans le cadre de partenariats institutionnels : « j’ai maintenant deux réunions quand je n'en avais qu’une auparavant avec les élus municipaux, la préfecture et dans le cadre du Contrat Local de Sécurité et de Prévention contre la Délinquance (CNSPD) ». Le secret ? « Il faut être très organisé et très méthodique », sachant qu’il peut parfois être suppléé par son effectif d’encadrement sur certaines tâches.

Le plus difficile à aborder pour ce nouveau commissariat ? Moins l’appréhension de la délinquance sensiblement similaire d’un côté et de l’autre du Rhône, que la nécessité de lancer une « révolution culturelle entre les effectifs », déclare Dominique Huart, qui développe : « repenser les patrouilles. Il ne s’agissait plus des même binômes. Même s’ils se connaissaient la plupart du temps, il a fallu qu’ils s’apprivoisent, et j’ai dû imposer une grande rigueur dans la gestion des effectifs », précise celui qui est à un an de la retraite. Au final, pour l’expérimenté chef de la police de Beaucaire-Tarascon, cette fusion constituerait une « bonification de l’activité de la police et non pas une économie d’échelle ». D’ailleurs le directeur de la DDSP 13 aurait accordé 6 fonctionnaires de plus dans la cadre de la fusion (il y avait 47 agents à Beaucaire et 55 à Tarascon, soit 102, contre 108 aujourd’hui). Un renouvellement du parc automobile a aussi été accordé. « Cela implique aussi une obligation de résultat », indique-t-il, en termes de sécurité publique.

Pourtant, en 2011, l’adaptation s’est réalisée « dans une urgence extrême » pour que ce que l’on qualifie officiellement de CISP (Circonscription Interdépartementale de Sécurité Publique) Bouches-du-Rhône-Gard puisse voir le jour (Décret du 4 juin 2011).

Une des nouveautés attachées à cette fusion de deux commissariats : la mise en place d’une BAC de nuit, qui traite les faits de cambriolage (qui restent élevés sur le département), les vols, vols de voitures, à la roulotte… dans le cadre de la flagrance.

Pour en arriver là, le commandant Huart souligne qu’il y eu « un plan préparatoire, des entretiens et des concertations à la fin de l’hiver et au printemps derniers ». Pour lui : « une instruction bien expliquée, bien affectée est un gage de réussite. D’ailleurs, 85 à 90 % des demandes des agents ont été satisfaites ».

Au 1er septembre 2012, avec la question des congés intégrés notamment, l’effectif du commissariat de Beaucaire-Tarascon fêtera véritablement sa première année d’existence.

Quelques chiffres (Beaucaire-Tarascon) :

- sur le mois de juin 2012, la délinquance générale a baissé de 2,79 %,

- sur le mois de juin 2012, - 41% de cambriolage (malgré une augmentation générale sur l’année, comme sur l’ensemble du territoire).

Mickaël Attiach
mickael.attiach@objectifgard.com

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5 réactions sur “BEAUCAIRE-TARASCON : Un commissariat pas comme les autres…”

  1. je ne pense pas que vos chiffres soient exacts entre les non interventions de la police et les personnes qui veulent appeler et qu ils ne le font pas puisqu elles savent que la police n intervient pas il faut arreter avec vos  » baisses ».

  2. Il y a belle lurette que la police n’intervient plus sur Tarascon. Les chiffres sont bidonnés…
    La gare SNCF a été saccagé à plusieurs reprises et pourtant elle se trouve à 200 mètres du commissariat, prostitution sur la place de la révolution, dealers devant l’ancien lidl route de Maillane, incivilité et agressions permanentes en centre ville…. A part ça tout va bien !

  3. C’est sur qu’en intervenant au compte goutte les chiffres baissent mécaniquement. Ajoutons la future mosquée sur le fameux ex-LIDL tenu fermement par des bandes et c’est un boulevard qui s’ouvre à Mme Laupies

  4. Cette fusion a sans doute posé problème il y a quelques temps mais l’organisation de ce commissariat semble porter ces fruits aujourd’hui

  5. mal foutue cette organisation des services de ¨Police à Tarascon.
    Mais quels effectifs ! avec ce nombre de fonctionnaires comment
    se fait-il qu’il y ait encore de la délinquance dans cette circonscription ?
    A combien revient la dépense engagée pour ce personnel, le matériel, les locaux etc… et pour quel rendement ?

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